COLLOQUES, SEMINAIRES, CONFERENCES

 

a) Cerisy-la-Salle

 

Une décade consacrée à Antonin Artaud, Antonin Artaud. Questions ouvertes, s'est tenue à Cerisy-la-Salle (France) du 30 juin au 10 juillet 2003. Ce colloque était organisé par Olivier Penot-Lacassagne et le Centre de Recherches sur le Surréalisme de l'université de Paris III-Sorbonne Nouvelle.

 

Ces dernières années, de nombreuses manifestations ont été l'occasion de mesurer l'actualité d'Artaud et d'éclairer les raisons de son influence grandissante. Ce colloque s'est appuyé sur ces recherches pour reprendre des questions anciennes que l'on croit parfois, à tort, avoir épuisées, et pour explorer d'autres champs encore peu fréquentés.

La figure du poète maudit, dont les générations passées ont fait grand usage, ne nous a guère retenus : masquant à grands cris la singularité d'Artaud, elle a nourri trop de discours insipides et a suscité trop de ralliements douteux. Saisir Artaud dans son époque, engagé dans le procès de la modernité européenne et confronté à l'usure de ses propres croyances, est autrement difficile. Les notions de surréalisme, de primitivisme, de spiritualisme ou de théâtralité, celles de corps et d'esprit, de chair et de cruauté, acquièrent dans ce voisinage une épaisseur qu'il convenait d'interroger à nouveau sans plus confondre, comme naguère, approche critique et foire d'empoigne.

L'oeuvre d'Artaud est une oeuvre engagée dans le procès de la "modernité européenne". Ce colloque a été l'occasion d'en repérer les trajets discursifs, poétiques et politiques, d'en répertorier les points de fixation, de rupture ou d'éclatement, d'analyser l'évolution complexe de cette pensée sans en interrompre arbitrairement le mouvement. Le geste critique que cela supposait n'est pas indifférent, toujours menacé de replis frileux ou partisans. Non seulement il exigeait de lire tout  Artaud, récusant de la sorte les découpages abusifs et le morcellement de ses écrits, mais il demandait également la suspension des a  priori critiques et cliniques.

Nous n'avons donc écarté aucune des postures, aucun des parcours qui traversent cette oeuvre. Quelques-uns, largement débattus (le théâtral, le religieux, le mythique, les pratiques d'écriture, l'imagination spéculative), ont été l'occasion d'analyses nouvelles; d'autres, encore peu étudiés, ont été interrogés (nom propre et signature; communauté et secret; détermination chrétienne de la chair et déconstruction du christianisme; souffrance et rémunération; tentation de savoir et reniement; abjection et fécalité; métaphysique, pataphysique et athéisme; écriture et dessin...).

Organisé trente ans après celui conduit par Tel Quel, ce colloque a ainsi offert la possibilité d'une approche globale. Il a également permis de rendre hommage au travail cinématographique de Raymonde Carasco qui, depuis plus de vingt ans, se rend au Mexique dans la Sierra Tarahumara, sur les traces d'Artaud.

 

 

b) Centro Studi Drammaturgici Internazionali Franco Enriquez

 

Le “Centro Studi Drammaturgici Internazionali Franco Enriquez” et la compagnie théâtrale “Drammateatro” ont organisé le samedi 17 mai 2003 à Sirolo (Ancona - riviera del Conero) une journée entière consacrée à Antonin Artaud, à la mémoire de Paule Thévenin.

Le programme s’est ouvert par un séminaire, organisé en deux sessions. Intitulé “Senza eredità - L’ultimo soffio crudele di Antonin Artaud” (Sans héritage - Le dernier souffle cruel d’Antonin Artaud), il était dirigé par Marcello Gallucci (de l’Académie des Beaux-Arts de L’Aquila), Florinda Cambria (de l’Université de Milan), Marco Dotti (critique littéraire) et Claudio Di Scanno (metteur en scène de Drammateatro). Il s’est agi d’un séminaire théorique sur l’œuvre et la figure d’Artaud qui s'adressait en particulier aux acteurs, aux réalisateurs, et aux artistes.

La journée s'est achevée par le spectacle de Drammateatro : Pour en finir...(Evocation), au Théâtre Cortesi. (Giuliana Prucca)

 

 

c) Artaud à l'Institut français de Copenhague , Octobre 2001

 

Pierre-Antoine Villemaine poursuit ses recherches théâtrales. En octobre 2001, il a proposé un séminaire à l'Institut français de Copenhague. Nous en donnons ici le programme.

 

Jeudi 4 Octobre

Une communication

Une lecture

            Textes et poèmes issus des Cahiers de Retour à Paris et de Suppôts et Suppliciations.

 

Un stage (du 3 au 5)

Un lieu pour se perdre

La rencontre avec Artaud, c’est le contact avec des mots qui retentissent, s’impriment en vous, s’y déposent. Artaud nous transmet une expérience : il trouve, invente une langue à ce qui nous traverse et nous échappe. Son écriture s’affronte précisément à cette interruption du sens, elle recueille cette suspension, ce battement, ce spasme. Son pouvoir d’ébranlement réside dans cette syncope. Mettre en scène la parole d’Artaud c’est faire l’épreuve de ce dérobement. Il s’agira de mettre en place un dispositif d’expériences du corps, de partir en quête d’un lieu pour retrouver les points d’origine des gestes, des sons et des paroles, pour tenter de rejoindre le geste créateur d’Artaud, pour refaire poétiquement le trajet qui a abouti à la création du langage.(IV, 106)

 

Mercredi 3 Octobre

Après-midi : 14 h. - 17 h. 30

·        Introduction à l’œuvre d'Artaud, lectures de textes : "Lettres à Jacques Rivière", "Le théâtre et son double", "L'Ombilic des limbes" et "Voyage au pays des Tarahumaras", "Suppôts et Suppliciations")

·      Peinture : Artaud

·      Musique balinaise

·      Mise en place du dispositif spatial

                        Expériences émotionnelles de l’espace

                        L'expérience de la nuit

                        La recherche d'une posture corporelle

Jeudi 4 Octobre

Matin : 9-12 heures

·      Peintures : Masson, Bacon

·      Musique : John Cage

·      Pratique : L'inertie, le mouvement / Le poids du corps / Composition rythmique de l'espace

Après-midi : 14-18 heures

·      Musique : Feldman / Peinture : Rothko

·      L'émergence de la parole dans l'espace

Refaire poétiquement le trajet qui a abouti à la création du langage.(Artaud)

                        Ù une parole issue du corps, textes choisis par les participants

Vendredi 5 Octobre

Matin : 9-12 heures

·      Peinture : Dubuffet, Kandinsky / Musique : Edgar Varèse

·      Travail dans l'espace

Après-midi : 14-18 heures

·      Travail dans l'espace

·      Documents sonores (France-Culture) : Enregistrement d’Artaud Pour en finir avec le jugement de dieu, réalisé pour la radio.

·      Remise d'une bibliographie

Film sur Artaud

 

d) Séminaire interdisciplinaire "Organismes : écriture et représentation du corps interne au XXe siècle".

Ce séminaire est organisé à l'Université de Paris III par Anne Simon et Hugues Marchal. Les conférences iront du "corps sans organes" d'Artaud aux arts biotechnologiques contemporains.

http://www.univ-paris3.fr/recherche/sites/edlfc/fre2332