Depuis sa première livraison, en 1979, Mélusine
sest donné pour seul et unique objectif lanalyse
du mouvement surréaliste.
Une telle ambition ne peut se borner à la simple observation
des groupes réunis autour dAndré Breton, elle
se doit de dégager tous les prolongements liés à
leur activité. Cest là une garantie pour percevoir
lampleur réelle du surréalisme, pour comprendre
quil constitue un courant autrement plus fécond quun
simple dilettantisme littéraire.
Mélusine veille à multiplier
ses approches.
À partir de luniversité Paris III, la revue fait bien sûr
appel à des spécialistes de la France entière, mais elle
réserve une place notable à des collaborateurs
venant de tous les centres de recherches sur le surréalisme. Elle réunit ainsi
un nombre important de collaborateurs, chercheurs européens (France, Belgique,
Portugal, Espagne, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, Roumanie...), américains
(Canada, États-Unis), japonais...
Ce caractère international est sensible également dans la volonté
danalyser les répercussions du surréalisme partout où
elles sont observables, tant en Suède quen Égypte, tant
en Yougoslavie quau Pérou...
La même diversité se manifeste évidemment dans les sujets
abordés par les études publiées. Les livraisons
de Mélusine sont attentives à toutes les formes prises par les
pratiques surréalistes (littérature, arts plastiques, photographie,
revues...), à lécho que le surréalisme reçut
parmi dautres groupes davant-garde, dans la presse française
ou plus généralement dans la société française ;
bien sûr, les grands phares du surréalisme ne sont pas non plus
négligés.
Lactivité de Mélusine reste associée
à un esprit de curiosité.
L’étude d’une question fondamentale pour l’approche du mouvement surréaliste
s’ouvre ensuite sur les rubriques Variétés ou Documents, où sont proposés des
textes ou des documents inédits, des informations sur les recherches en cours,
des réflexions à propos de publications récentes ou d’aspects négligés
du surréalisme.
Par ailleurs, quatre des livraisons de Mélusine ont été
consacrées à des actes de colloques.
Cette collection, où sont publiés des thèses et des travaux
importants, constitue un prolongement naturel du travail de prospection que
représentent les livraisons annuelles de Mélusine.
Mélusine, c’est encore la revue numérique
Astu
Située sur le même site, cette revue numérique gratuite,
publiée par le Centre de recherches sur le surréalisme avec les
mêmes critères que pour les ouvrages « papier », accueille
les travaux qui n’entreraient pas dans le cadre des dossiers de Mélusine,
les notes et les documents d’une actualité pressante.
Pour lire Astu : http://www.cavi.univ-paris3.fr/Rech_sur/astu/astu.htm
Pour voir le sommaire du numéro, cliquer
sur l'image correspondante
N° 1 ÉMISSION-RÉCEPTION,
1980, 334 p.
Ce premier volume indique les zones multiples ouvertes
à la réflexion portant sur lélaboration
du discours surréaliste et, à lautre extrémité
de la chaîne communicative, sur ce qui nous parvient et la manière
dont nous le percevons.
N° 2 OCCULTE-OCCULTATION, 1981, 316 p.
"Je demande loccultation profonde, véritable,
du surréalisme". En écho à cette injonction
dAndré Breton, et en jouant sur tous les sens du mot,
Mélusine explore ce territoire de limaginaire dont les
contours tracent une ligne de faille dans le mouvement surréaliste.
N° 3 MARGES NON-FRONTIÈRES, 1982, 302
p.
Cernant la configuration de groupes surréalistes
à létranger, précisant la facture de voisins,
marginaux ou dissidents, hors de tout souci dexhaustivité,
de tout palmarès, de toute polémique, on entend contribuer
dans ce numéro à la détermination des invariants
du surréalisme.
N° 4 LE LIVRE SURRÉALISTE, Actes du colloque
en Sorbonne (juin 1981), 1983, 382 p., ill.
Y a-t-il un livre surréaliste ou seulement un
conglomérat de livres produits par des surréalistes
que, par métonymie, on nomme livres surréalistes (au
pluriel) ? En dautres termes, existe-t-il des critères
permettant de dire demblée ceci est, ceci nest
pas (un livre) surréaliste ? Cest à quoi
les études rassemblées dans cette livraison apportent
réponse.
N° 5 POLITIQUE-POLÉMIQUE, 1984, 370 p.
Il ny a que deux genres : le poème
et le pamphlet » disait Tristan Tzara. Le politique et
le littéraire sont examinés en tant que discours, dès
lors que tous deux se situent dans une stratégie décriture
où le texte sert à défendre des idées,
des propositions, à un moment donné.
N° 6 RAYMOND ROUSSEL EN GLOIRE, Actes du colloque
de Nice (juin 1983), 1984, 350 p., ill.
Fascination, tel est le mot caractérisant la lecture
de luvre du « plus grand magnétiseur
des temps modernes » selon André Breton. Les contributions
réunies cherchent à approfondir les raisons dune
telle émotion, soulignant les caractères dun texte
qui engendra simultanément les deux grandes tendances du roman
de notre temps
N° 7 LÂGE DOR-LÂGE
DHOMME, 1985, 332 p.
Lâge dor renvoie aux origines mythiques
de lhumanité en même temps quà lépoque
privilégiée de lenfance pour lindividu.
Comment le Surréalisme a-t-il pris en charge ce thème,
en le remodelant, non pas dans un futur hypothétique, mais
dans un présent constamment menacé, nommé lâge
dhomme
N° 8 LÂGE INGRAT, 1986, 266 p.
Prolongeant le volume précédent, laccent
se porte non plus sur la dimension mythique et utopique du surréalisme,
mais sur son aspect éthique et politique. Un second volet jette
un coup de projecteur sur lannée 1936, occasion stratégique
pour les surréalistes de mesurer lefficace de leur rêve
dâge dhomme à laune de la vie pratique.
N° 9 ARP POÈTE PLASTICIEN, Actes du colloque
de Strasbourg (septembre 1986), 1987, 300 p., ill.
Une constellations détudes et de témoignages
pour le centenaire de la naissance de lartiste qui a écrit :
« Jamais on ne fera trop de musique, trop de poésie,
trop de peinture et de sculpture. Jamais on ne rêve trop. Lâme
de la musique et celle de la poésie, de la peinture et de la
sculpture se confondent, confluent comme les rêves. »
N° 10 AMOUR-HUMOUR, 1988, 286 p.
Deux concepts-clés du surréalisme. Ils
ont présidé à sa naissance. Constamment, il les
interroge, particulièrement au moment où lhomme
se sent le plus menacé individuellement et collectivement.
Deux moyens daccès à la surréalité.
Que serait la vie, la vraie vie, sans amour et sans humour ?
Au même titre que la poésie, lamour-humour éclaire
lavenir.
N° 11 HISTOIRE-HISTORIOGRAPHIE, 1990, 314 p.
Loriginalité des uvres tenues pour
des interrogation sur les formes et les figures spécifiques
prises, dans le surréalisme, chez les surréalistes,
par les relations entre texte et image, entre lisible et visible ;
il se penche sur la place que ce couple lisible-visible tient dans
le projet surréaliste, indissolublement esthétique et
éthique, et sur la validité de ces « données
fondamentales ».
N° 12 – LISIBLE-VISIBLE
Ce
numéro est une interrogation sur les formes et les figures spécifiques
prises, dans le surréalisme, chez les surréalistes, par les relations
entre texte et image, entre lisible et visible ; il se penche
sur la place que ce couple lisible-visible tient dans le projet
surréaliste, indissolublement esthétique et éthique, et sur la validité
de ces « données fondamentales ».
N° 13 LE SURRÉALISTE ET SON
Ψ, 1992, 330
p.
Une particularité du surréalisme, au cur
des avant-gardes, tient au rapport quil établit entre
la psychanalyse et la « poésie » à
laquelle il assigne une finalité cognitive, celle de lexploration
du moi et de sa relation au monde. Les surréalistes abordent
cependant le champ du psy moins en doctrinaires quen créateurs,
choisissant, transformant certains concepts selon leur propre quête.
N° 14 LEUROPE SURRÉALISTE, Contributions
au colloque de Strasbourg (sept. 1992), 1994, 342 p., ill.
Tout comme il refusait de nêtre quun
mouvement littéraire et/ou artistique parmi dautres,
le surréalisme a gommé les frontières géographiques,
politiques et culturelles pour se manifester à travers lEurope
entière (à lexception significative de la Russie
soviétique). La prise en compte, la mise en acte des valeurs
(ou contre-valeurs) promues ou revivifiées par le surréalisme,
selon, il est vrai parfois, des modalités propres à
tel ou tel pays, amène à dégager les contours
dune Europe surréaliste, qui peut-être existe encore
aujourdhui.
N° 15 OMBRE PORTÉE, LE SURRÉALISME
EN HONGRIE, 1995, 362 p., ill.
Pour sa quinzième apparition, Mélusine
entend explorer les traces du surréalisme en Hongrie, en donnant
la parole à de nombreux chercheurs étrangers. Ce nest
pas à dire que le surréalisme puisse sannexer
une nouvelle province, par où il na fait que transiter.
Mais la figure charismatique de Lajos Kassak a fait de Budapest, dès
avant la naissance du surréalisme, l’une des plaques tournantes des
avant-gardes européennes. André Breton ne sy est pas
rendu ; les Hongrois nont pas formé de groupe surréaliste
structuré. Il nempêche que le surréalisme
a exercé, dans ses multiples aspects, une influence primordiale,
stimulant une production théorique, artistique et littéraire
de premier plan.
Évitant le double danger dun purisme excessif (qui tendrait
à prouver quil ny a jamais eu de surréalisme
en Hongrie sous prétexte que le terme nétait pas
employé) et dun très large cuménisme,
ramenant toutes les explorations davant-garde à cet unique
mouvement, ce volume apporte un regard nouveau, débarrassé
du voile stalinien, et fait surgir des uvres et des textes longtemps
occultés, contriuant ainsi à une véritable « intelligence
de lEurope ».
N° 16 CULTURES-CONTRE-CULTURES, 1996, 432 p.
ill.
Le dossier central de ce volume aborde les rapports du
surréalisme avec la pensée dite « primitive »,
la culture populaire, la tradition ésotérique, le chamanisme,
la culture classique. On y verra comment, se dressant contre les forces
contraignantes du passé, il est parvenu à tracer les
lignes essentielles dune contre-culture, à luvre
dans le présent.
Par ailleurs, la section « Variété »
accueille les études en cours et la présentation de
travaux récents sur Yves Bonnefoy, Léonora Carrington,
Georges Henein, René Char, Georges Ribemont-Dessaignes, Fernando
Arrabal, Benjamin Péret, la méthodologie des recherches
informatisées, etc.
Enfin viennent les « Réflexions critiques »
sur des ouvrages récemment publiés, une documentation
(répertoire des thèses inscrites et soutenues) et une
bibliographie.
N° 17 CHASSÉ-CROISÉ TZARA-BRETON,
Contributions au colloque de Paris (mai 1996), 1997, 347 p.
À loccasion du centenaire de la naissance
de ces deux poètes, fondateurs des deux mouvements littéraires,
artistiques et moraux les plus importants du XX siècle, les
intervenants se sont interrogés sur leurs parcours croisés.
Ils ont tenté de justifier lintitulé du colloque
sur tous les plans : poétique, esthétique, politique,
biographique... Enfin, ils ont montré comment leurs divergences
et leurs convergences, loin dêtre occasionnelles ou passionnelles,
ont, encore aujourdhui, un retentissement sur les théories
de la modernité et de ce qui sen suit.
Les principaux experts, français ou étrangers, du domaine ou des auteurs
envisagés, ont donc confronté leurs méthodes et leurs expériences
(psychocritique, poétique du rythme, histoire des idées
et des intellectuels, analyse de limaginaire, esthéticiens
et historiens dart etc.) sur des uvres complètes
désormais accessibles et, davantage, sur des trajectoires exemplaires.
N° 18 Maxime Alexandre, un surréaliste
sans feu ni lieu. Études réunies par Aimée Bleikasten
avec le concours d'Henri Béhar. 1998, 336 p.
" Sans feu ni lieu ", c'est ainsi que se
définit lui-même Maxime Alexandre dans ses Mémoires
d'un surréaliste. Pour cet éternel vagabond, le surréalisme
ne fut qu'une étape dont ce volume s'attache à montrer
l'importance pour son uvre. Après quoi sont successivement
abordés la longue amitié, riche en péripéties,
qui lia Alexandre et Aragon, le bilinguisme difficile du poète
alsacien, sa quête de Dieu entre judaïsme et catholicisme,
enfin sa relation avec son ami Jean Arp.
N° 19 Mexique, miroir magnétique. Études
réunies par Henri Béhar. 1999, 400 p.
Le Mexique fut un « miroir magnétique
du surréalisme », affirmait Octavio Paz. Entre le
premier contact dAntonin Artaud avec la terre mexicaine en 1936,
bientôt suivi dun séjour dAndré Breton,
et le retour à Paris de Benjamin Péret en 1948, les
surréalistes européens ont trouvé au Mexique
non seulement une terre dexil, de rencontres, de mythes et de
révolutions, mais aussi un espace privilégié
favorisant à la fois des expériences individuelles et
laventure collective.
De Cesar Moro, le Péruvien artisan de la grande exposition
de Mexico, aux grandes figures de la vie culturelle mexicaine Diego
Rivera et Frida Kahlo, de Remedios Varo à Wolfgang Paalen,
de Luis Buñuel à Octavio Paz, de déclarations
en prises de position, de voyages en études, de revues en expositions,
toute lactivité du surréalisme concourt à
faire du Mexique une matière vivante et une étape singulière
dans la construction de son imaginaire.
Cependant, bien des uvres conçues au Mexique nauraient
pas été différentes, semble-t-il, si leurs auteurs
avaient vécu ailleurs. Les mythes originaux du Mexique apparaissent
plus clairement dans les arts plastiques que dans les textes surréalistes.
Et, si de nombreux artistes mexicains se sont déclarés
surréalistes, lappartenance de leurs créations
au mouvement se trouve souvent contestée. Linfluence
qua réellement exercée le Mexique sur la création
surréaliste, autant que lemprise du surréalisme
sur les créateurs mexicains demandent à être mieux
cernés. Une bonne raison pour revisiter le Mexique.
N° 20 Merveilleux et Suréalisme
Le premier Manifeste du surréalisme réhabilite
le merveilleux dans l'espoir de mettre fin au règne du rationalisme
absolu. Pourquoi un mouvementd'avant garde du XXe siècle, porteur
d'un potentiel de rupture, exalte-t-il un vivier de l'imaginaire,
héritage des contes et des mythes? Faut-il interpréter
cette quête de la merveille comme la défense et l'illustration
d'un art magique, dont témoignent certaines influences médiumniques
ou hermétiques ? Cependant, en quoi le sentiment du "merveilleux
moderne", selon l'expression d'Aragon, diffère-t-il du
merveilleux traditionnel. Il appartient en effet aux pratiques expérimentales
et aux théories du groupe de faire intervenir le grand ressort
nouveau de la surprise, l'esprit de révolte, ou encore le hasard
objectif, de sorte que le dépaysement coïncide avec l'intervention
subversive d'un autre rapport au monde.
Ces questions ont conduit le colloque du CERMEIL, qui s'est tenu au
château de Cerisy-la-Salle, du 2 au 12 août 1999, à
analyser les sources culturelles, les références majeures
et un répertoire varié d'activités créatrices,
littéraires ou plastiques, où se manifesterait, dans
sa spécificité relative, le "merveilleux surréaliste".
Les contributions réunies dans le présent volume se
proposent ainsi de déterminer les contenus d'un concept, ses
liens avec d'autres données, et le devenir d'une valeur fondamentale,
dont les divergences entre les surréalistes constituent historiquement
plusieurs versions possibles.
N° 21 " Réalisme-Surréalisme "
Qui ne connaît par cur cette phrase
de Breton dans Nadja : " Pour moi, je continuerai
à habiter ma maison de verre, où lon peut
voir à toute heure qui vient me rendre visite, où
tout ce qui est suspendu aux plafonds et aux murs tient comme
par enchantement, où je repose la nuit sur un lit de verre
aux draps de verre, où qui je suis mapparaîtra
tôt ou tard gravé au diamant. " Ne
faudrait-il pas la rapprocher de ce rêve dune composition
" de lidée si vraie, si nue, quelle
apparût comme transparente à elle-même, et
dune solidité de diamant dans le cristal de la plume "
formulé par Zola (dans une lettre à son ami
Valabrègue, en 1864) ?
Emboîtant trop rapidement le pas aux
surréalistes, la critique sest souvent contentée
de reprendre leurs griefs contre les Écoles précédentes,
sans voir le projet utopiste quelles nourrissaient. Le moment
est venu de dire la part du réel dans le surréel,
du réalisme dans le surréalisme, et réciproquement.
" Dans son sens premier, le surréalisme
est un réalisme qui refuse de sen tenir aux "réalités
sommaires", qui connaît, explore ou projette dexplorer
des contrées du réel dont le réalisme vulgaire
conteste lintérêt ou lexistence. En ce
sens, surréaliste doit sentendre comme ladjectif
"surfins" des boîtes de conserve : les petits
pois "surfins" sont plus fins que les petits pois dits
"fins". Quand un savant et académicien, répondant
à une enquête, ramenait lamour à lacte
sexuel, il faisait preuve de réalisme ; quiconque
croit que lamour existe, au sens que les poètes donnent
au mot, est surréaliste.
" Le surréalisme, en continuité
avec le sens ci-dessus, "combat pour que lhomme atteigne
une connaissance à jamais perfectible de lui-même
et de lunivers" (B. Péret). Il propose aux générations
successives de tenter la résolution des antinomies contre
lesquelles vient butter lesprit : rêve et réalité,
présent et passé, etc. " (Jehan Mayoux,
" André Breton et le surréalisme ",15.12.66)
Sinspirant de ces propos éclairants,
le présent volume explore donc les différents degrés
du réel et du surréel, du réalisme et du
surréalisme, leur contradiction aussi, dans la production
littéraire et artistique du mouvement, comme, par rétroaction,
il montre le surréalisme à létat germinatif
des uvres précédentes. Une révision
décapante et salutaire.
N° 22 "René
Crevel ou l'esprit contre la raison"
C’est un être complexe,
souffrant affreusement dans sa chair, extraordinairement fidèle en amitié,
rudement clairvoyant dans ses admirations, rejetant de toute son âme
le monde tel qu’il est pour ne croire qu’en l’amour, la poésie et la
liberté, se fourvoyant quelquefois dans des liaisons épuisantes, se
perdant toujours dans une même quête d’absolu, qui s’affirme au fil
de ces pages.
N°23 – DEDANS-DEHORS, 2003, 342 p.
« Dedans-Dehors » tente de comprendre
les relations qu’entretint le groupe surréaliste avec des individus
pouvant être à son centre ou à sa périphérie.
Comment comprendre en effet les admonestations lancées de l’intérieur
et de l’extérieur du mouvement ? Pourquoi certains membres ont
quitté le groupe, alors que d’autres ont, au contraire, été
sensibles à sa force d’attraction ? Quelle est la nature même
du mouvement surréaliste et de ses limites ? Ce n’est plus seulement
une question socio-historique qui se pose dans cet ouvrage, mais plus
généralement un problème éthique autant
qu’esthétique, celui de l’adhésion à une morale
surréaliste et aux principes artistiques qui en découlent.
N° 24 – LE CINÉMA DES SURRÉALISTES,
2004, 342 p.
Les surréalistes ont l'âge du cinéma.
Grandissant avec lui, ils sont avant tout des cinéphages. Tout,
dans le cinéma, était fait pour qu'ils s'y accordent avec
joie. Et pourtant, ils ne tardèrent pas à se déclarer
« volés comme dans un bois ». Reprenant ce dossier
sur nouveaux frais, le présent volume s'interroge sur certaines
productions cinématographiques des surréalistes : La Coquille
et le clergyman (Artaud), La Perle (Hugnet), L'Âge d'or (Buñuel
et Dali) ; sur leurs scénarios non tournés ; sur l'esthétique
surréaliste incontestablement à l’œuvre dans d'autres
films produits hors du mouvement, sur leur postérité avouée
ou non.
N° 25 – L’UNIVERSEL REPORTAGE, 2005,
304 p.
Ce dossier a pour objet de faire redécouvrir les trajectoires
dissidentes du surréalisme. Il s’interroge aussi sur le rôle du
journalisme au sein comme en marge du surréalisme. Surréalisme et
journalisme doivent-ils nécessairement être perçus contradictoirement ? Ne
peut-on être surréaliste dans la pratique du journal ? Et réciproquement,
passe-t-il quelque chose de l’article à l’œuvre ? N’en serait-il rien que
l’activité journalistique ne saurait être tenue pour « nulle », dans la
mesure où elle touche à la notion d’engagement, aux liens du rêve et de
l’action, comme à la question du réalisme, aux réseaux de sociabilité hors
le groupe, bref, à la vie réelle des acteurs du mouvement : autant
d’incidences essentielles quand il s’agit de « situer » le surréalisme sur
l’échiquier de la modernité littéraire et médiatique.
Carassou (Michel), Jacques Vaché et le groupe de Nantes,
éd. Jean-Michel Plase, 1986, 256 p.
À travers les revues du groupe de Nantes et de multiples
témoignages se dessine la figure de Jacques Vaché
avant sa rencontre avec Breton.
Mourier-Casile (Pascaline),
De la chimère à
la merveille, Recherche sur limaginaire fin de siècle
et limaginaire surréaliste, 1986, 301 p.
Peu à peu, ce que montra de singulière audace, dans la
pensée etdans les arts, le tournant de lautre
siècle, se découvre à la recherche, à
condition que celle-ci accepte, tout en cultivant la rigueur,
de calquer sa méthode et son écriture sur les méandres
et les détours de londoyante serpentiforme .
Nulle part cette fécondité nest mieux repérable
que dans le surréalisme, dont le caractère éruptif,
lidéologie de table rase ont longtemps occulté
la dette contractée à légard de limaginaire
fin de siècle.
Bridel (Yves), Miroirs du surréalisme,
Essai sur la réception du surréalisme en France et en Suisse française
(1916-1939), 1988, 203 p.
Comment le surréalisme a-t-il été reçu
par ses premiers lecteurs, non seulement à Paris, mais
aussi en province et en Suisse française ? Comment
a-t-il été présenté par les critiques
et les revues ? Quels surréalistes ont été
appréciés et quels autres critiqués ?
Cest à ces questions que sattache cet ouvrage.
Les Pensées dAndré Breton, Guide
alphabétique établi par Henri Béhar avec le
concours de Maryvonne Barbé et Roland Fournier, 1988, 362 p.
Les présentes pensées ont été
prélevées dans la totalité des écrits
de Breton, par une lecture subjective dune part, confrontée
ensuite à un recensement exhaustif des citations du même
auteur fournies par les ouvrages de vulgarisation. Elles sont
proposées dans lordre alphabétique des thèmes
principaux.
André Breton ou le surréalisme même,
Études réunies par Marc Saporta avec le concours
dHenri Béhar, 1988, 200 p.
Présenter tous les aspects de la personnalité
et de luvre de Breton, de façon amène
pour le profane, documentée pour létudiant
et intéressante pour le spécialiste, telle est
lintention ambitieuse de cet ouvrage concis, rédigé
par des auteurs, parmi les plus qualifiés, dont beaucoup
furent des compagnons de Breton et des acteurs de laventure
surréaliste.
Béhar (Henri), Littéruptures,
1988, 255 p.
Contrairement à limage généralement
répandue, lhistoire de la littérature nest
pas une suite continue duvres sengendrant les
unes les autres selon les lois dune harmonieuse logique.
Étudiant les uvres narratives, poétiques,
dramatiques dArtaud, Breton, Cendrars, Reverdy, Tzara,
etc., lauteur montre quelques uns des phénomènes
de rupture qui ont suscité lavant-garde au XXe siècle.
Marcel Jean et Arpad Mezei : Genèse de la pensée
moderne dans la littérature française.
Essai, préface dHenri Béhar. LAge dHomme, Bibliothèque
Mélusine, V + 232 p.
La critique littéraire surréaliste existe. Genèse
de la pensée moderne en est la plus convaincante illustration.
À la très contestable dualité de l'homme
et de l'uvre, Marcel Jean et Arpad Mezei substituent la
dialectique du réel et de son double, l'imagination subjective,
devant aboutir à l'unité de la pensée moderne.
Leur approche est conduite par la sympathie et une érudition
qui s'attache moins à prouver qu'à suggérer,
prolonger et surtout déterminer la constellation des sept
sages : Sade, Lautréamont, Rimbaud, Mallarmé,
Jarry, Apollinaire, Roussel, les sept lumières poétiques
de notre civilisation.
Mélusine moderne et contemporaine, études
réunies par Arlette Bouloumié, avec le concours
dHenri Béhar. LAge dHomme, 2001, 368 p.
" Bibliothèque Mélusine ".
Si le mythe de Mélusine fait lobjet détudes
nombreuses de la part des médiévistes, la multiplicité
de ses avatars jusquà lépoque contemporaine
restait à découvrir.
Mélusine a tour à tour inspiré le romantisme,
le symbolisme, la décadence, le surréalisme :
on retrouve cette figure aussi bien en Allemagne quen Angleterre.
Louvrage se propose de mettre en évidence cette
richesse en étudiant les résurgences de cette figure
énigmatique.
Aubert (Thierry),Le surréaliste et la mort,
éd. l'Age d'Homme,2001,324p
La mort, la relation de l'individu à sa mort connaît
une profonde mutation dans notre société occidentale,
surtout depuis le 19e siècle avec la " mort de Dieu
". La " mort ensauvagée ", comme l'appelle
Philippe Ariès, l'étrangeté angoissante
de cette mort de soi hante évidemment les artistes contemporains.
Le Surréaliste et la mort s'attache à l'étude
des représentations de la mort qui habitent les uvres
surréalistes.
Par son développement important, depuis sa naissance en
1924 jusqu'à sa dissolution en 1969, par ses voix multiples
(Breton, Péret, Desnos, Vitrac, Eluard, Aragon, Crevel,
Tzara, Duprey, Mansour, Le Brun) et par une pratique diversifiée
de l'écriture (narration, poésie, théâtre),
le mouvement constitué autour de Breton dessine les différentes
perspectives qui s'offrent à l'individu athée face
à sa disparition.
Deux figures antagonistes se dégagent. Chez Péret,
l'élan dynamique inscrit la mort dans la continuité
des métamorphoses surréelles, tandis que, chez
Breton, est recherché un équilibre entre l'énigme
de la mort et les lignes de force que sont poésie, amour
et liberté. Entre ces deux pôles, des approches
complémentaires se révèlent et font du surréalisme
un reflet de l'individualité contemporaine, toute d'interrogation
et de quête.
Au terme de ce parcours surgit la question problématique
d'une mythologie spécifique à notre société,
d'un ferment capable de susciter un faisceau merveilleux qui,
en notre quotidien, fasse sens.
Thierry Aubert est docteur en Littérature de la Sorbonne
Nouvelle-Paris III. Il a publié des articles dans uvres
& critique, Organon, L'Esprit Créateur et Mélusine,
et participe au groupe de recherches surréalistes associé
au CNRS, dirigé par Henri Béhar.
Scopelliti (Paolo), L’Influence du surréalisme
sur la psychanalyse, préface de Roger Dadoun, éd. l’Age
d’Homme, 2002, 246 p.
Il est
surprenant de constater que l’on se soit contenté de considérer le mouvement
qui va de la psychanalyse au surréalisme, sans trop se préoccuper de la
manière dont le surréalisme entre dans la psychanalyse.
À l’aide de
références précises et significatives, Scopelliti explore la manière dont la
psychanalyse fut reçue en France, particulièrement dans les milieux
psychiatriques. On notera que c’est à partir d’un socle nosographique plutôt
académique que les surréalistes ont été conduits au plus près de la pensée
freudienne. On voit ainsi réapparaître les noms presque oubliés de Régis et
Hesnard, Georges Dumas, Gustave Le Bon, Babinski (dont Breton fut
l’interne), Pierre Janet, Sérieux et Capgras, R. de Saussure… Ces rappels
historiques ne relèvent pas de la simple érudition, ils suggèrent aussi que
c’est contre – au double sens du terme – une position psychiatrique
déterminée que les surréalistes en viennent à croiser la psychanalyse…
Breton (André) – Éluard (Paul), L’Immaculée
Conception,édition fac-similé du manuscrit du Musée Picasso,
transcription de Paolo Scopelliti, préface d’Henri Béhar, éd. l’Age d’Homme,
2002, 228 p.
Un livre mythique, rare produit de
la conjonction hasardeuse de deux esprits dressés poétiquement. Aussi nous
paraît-il indispensable d’en publier le manuscrit à deux mains, conservé,
de manière inattendue, au Musée Picasso.
Il montre les poètes à l’œuvre,
l’alternance de leurs voix, leurs hésitations, leurs repentirs, leurs
trouvailles aussi. Comment les ratés de l’écriture sont soudain annulés,
dépassés par une autre formule, qui elle-même débouche sur un plan
supérieur. Ainsi les poètes ont-ils laissé leur esprit courir les champs,
battre la campagne. Quant au lecteur, il y trouvera le plus fervent
témoignage qui soit sur les capacités créatrices de l’esprit humain.
Béhar (Henri), Les Enfants perdus, essai sur
l’avant-garde, éd. l’Age d’Homme, 2002, 288 p.
« Enfants
perdus, soldats qui marchent, pour quelque entreprise extraordinaire, à la
tête d'un corps de troupes commandé pour les soutenir ; ainsi nommés parce
que leur service est particulièrement périlleux » dit Littré. Filant la
métaphore on désigne ainsi les francs-tireurs, les poètes aventureux partis
à la suite d’Apollinaire combattre « aux frontières de l’illimité et de
l’avenir ». Ils fondèrent Dada et le surréalisme, et ils entraînèrent à leur
suite des créateurs qui parfois les combattirent, et parvinrent même à les
précéder, tous allant dans le même sens avant d’être rejoints par la masse.
Ferdinand Alquié, Cahiers de jeunesse, présentés
par Paule Plouvier. Ed. l’Age
d’Homme,2002, 228p
Que nous apportent les Cahiers de
jeunesse de Ferdinand Alquié ? Une confession sans fard ; le précieux
témoignage d'une vie au quotidien ; mais ils répondent aussi à cette
énigme : comment le personnage officiel de Ferdinand Alquié pouvait-il
cheminer simultanément avec les surréalistes sans qu'il y ait un peu de
mauvaise foi ?
En effet, les Années folles ont
marqué l'apogée d'une libération des mœurs et une effervescence de
l'esprit. Dans ce climat le surréalisme se déploie, entraînant dans sa
révolte la jeunesse avide de liberté, particulièrement de liberté
sexuelle, face à une éducation et une morale catholiques.
Dans ce contexte s’opère la
révolution intime du jeune Alquié, issu de la bourgeoisie catholique
provinciale du Midi, connu plus tard comme philosophe, spécialiste de
Descartes, professeur à la Sorbonne et Membre de l'Institut. C'est dire
l’hiatus entre l’image sociale et l'amitié liant Ferdinand Alquié aux
surréalistes !
Les Cahiers de jeunesse,rédigés entre 1927 et 1934, montrent combien le surréalisme, la
fréquentation d’écrivains tels Joë Bousquet ou René Nelli, contribuèrent à
libérer et à épanouir la pensée de Ferdinand Alquié.
Obsessions, rêves éveillés, écriture
automatique, analyse des mouvements de l'imaginaire et du désir nous
permettent de saisir l'éveil d'un jeune homme particulier mais, plus
généralement, ce que pouvait être en 1930, l'entrée dans la jeunesse.
Paule Plouvier qui présente ces Cahiers de
jeunesse est professeur émérite à l’Université de Montpellier et
l’auteur de Poétique de l’amour chez André Breton.
Jacques Prévert, frontières effacées,
actes du colloque du centenaire, textes présentés et rassemblés par Carole
Aurouet, Daniel Compère, Danièle Gasiglia-Laster et Arnaud Laster, 2004, 216
p.
Les
articles réunis ici montrent la diversité, l’originalité, la modernité et la
portée d’une écriture à la fois populaire et savante, accessible à tous et
pourtant truffée de références culturelles susceptibles d’étonner les plus
érudits. Les scénarios de film et les collages, loin de constituer un monde
à part, attestent la cohérence de cette œuvre qui tisse des liens d’un genre
à l’autre. Les analyses proposées mais aussi la pluralité des chercheurs qui
ont contribué à ce volume prouvent l’universalité de Prévert.
Adamowicz (Elza), Ceci n’est pas un tableau.
Les écrits surréalistes sur l’art, 2004, 262 p.
Un
manifeste, une préface d’exposition, le texte d’une conférence, un texte
automatique ou un collage verbal : à première vue, il semblerait qu’il n’y
ait pas de catégorie unique de textes que l’on puisse libeller « écrits
surréalistes sur l’art ». Ici, le rapport entre le
texte et l’image étant posé comme essentiellement antinomique, la discussion
sur leur interface se fera en termes de dialogue, de conflit, d’altérité. Le
texte surréaliste répond bien à l’image picturale, mais en la déplaçant, en
la transgressant, en la médiatisant dans un intertexte poétique ou
polémique. Une telle rencontre texte-image entre en convergence avec
l’esthétique surréaliste de la « beauté convulsive » bien davantage qu’avec
le principe analogique qui domine le discours manifeste de Breton et ses
amis. Écrire sur la peinture c’est,
pour les surréalistes, écrire parallèlement à la peinture,contre la peinture, voireau-delà de la peinture, c’est emprunter une trajectoire
textuelle parfois détournée, souvent dévoyée, toujours dévergondée.
Artaud en revues,
études rassemblées par Olivier Penot-Lacassagne, 2005, 208 p.
« Il
n’y a pas assez de revues ou, si l’on veut, toutes les revues sont
inutiles », affirmait Antonin Artaud à ses débuts. Lieux d’expérimentation
et de saisie de sa pensée, La Révolution surréaliste, La N.R.F. ou Les
Cahiers du Sud dans les années vingt et trente, L’Arbalète, L’Heure
nouvelle ou Troisième Convoi dans l’immédiat après-guerre, ont été les
instances de légitimation et les tribunes qu’il espérait. Mais le mythe
d’Artaud ayant, après sa mort en 1948, relayé l’oeuvre, la question de la
réception posthume de ses écrits dans certaines revues poétiques ou
d’avant-garde (K, 84, La Tour de Feu, Change, Tel Quel, TXT), dans la
presse littéraire (Le Monde des Livres, Libération, Le Figaro littéraire)
et dans des publications marginales comme les fanzines rock, méritait
aussi d’être abordée.
Biographie littéraire et cartographie d’une postérité, cette lecture
porte tout à la fois sur la diffusion des écrits d’Artaud dans les revues
contemporaines et posthumes. Les premières rapportent sa revendication
d’un droit à parler, les secondes témoignent de la formation d’un mythe et
de l’exploitation d’une mythologie.