« Les intelligences de deuxième ordre, comme Alfred de Musset, peuvent pousser rétivement une ou deux de leurs facultés beaucoup plus loin que les facultés correspondantes des intelligences de premier ordre, Lamartine, Hugo. » (Poésies I)
« Parlez-moi de ces mendiants qui ont un chapeau grandiose, avec des haillons sordides !
Voici un moyen de constater l'infériorité de Musset sous les deux poètes. » (Poésies I)
« Laissez de côté les écrivassiers funestes : Sand, Balzac, Alexandre Dumas, Musset, Du Terrail, Féval, Flaubert, Baudelaire, Leconte et la Grève des Forgerons !
Ne transmettez à ceux qui vous lisent que l'expérience qui se dégage de la douleur, et qui n'est plus la douleur elle-même. » (Poésies I)
« Grâce aux femmelettes, Châteaubriand, le Mohican -Mélancolique ; Sénancourt, l'Homme-en-Jupon ; Jean-Jacques Rousseau, le Socialiste-Grincheur ; Anne Radcliffe, le Spectre-Toqué ; Edgar Poë, le Mameluck-des-Rêves-d'Alcool ; Mathurin, le Compère-des-Ténèbres ; Georges Sand, l'Hermaphrodite-Circoncis ; Théophile Gautier, l'Incomparable-Epicier ; Leconte, le Captif-du-Diable ; Gœthe, le Suicidé-pour-Pleurer ; Sainte-Beuve, le Suicidé-pour-Rire ; Lamartine, la Cigogne-Larmoyante ; Lermontoff, le Tigre-qui-Rugit ; Victor Hugo, le Funèbre-Échalas-Vert ; Misçkiéwicz, l'Imitateur-de-Satan ; Musset, le Gandin-Sans-Chemise-Intellectuelle ; et Byron, l'Hippopotame-des-Jungles-Infernales. » (Poésies I)
« Les notions de la simple raison sont tellement obscurcies à l'heure qu'il est, que, la première chose que font les professeurs de quatrième, quand ils apprennent à faire des vers latins à leurs élèves, jeunes poètes dont la lèvre est humectée du lait maternel, c'est de leur dévoiler par la pratique le nom d'Alfred de Musset. » (Poésies I)
« De la masse soulevée des décombres - cela ne ratait jamais - il voyait sortir son professeur de seconde, tenant d'une main son cœur, de l'autre une feuille de papier où l'on déchiffrait, en traits de soufre, la comparaison du pélican et celle du laboureur, telles que Musset lui-même les a composées. » (Poésies I)
« Ce n'est plus Pétrarque ; c'est Alfred de Musset. » (Poésies II)
« Musset est capable de faire des proverbes. » (Poésies II)
« J'ai chanté le mal, comme ont fait Miçkiéwicz, Byron, Milton, Southey, A. de Musset, Baudelaire, etc. » (Lettre IV (23/10))
« Dans un ouvrage que je porterai à Lacroix aux lers jours de Mars, je prends à part les plus belles poésies de Lamartine, de Victor Hugo, d'Alfred de Musset, de Byron et de Baudelaire, et je les corrige dans le sens de l'espoir; j'indique comment il aurait fallu faire. » (Lettre VI (21/2/1870))
« Lamartine, Hugo, Musset se sont métamorphosés volontairement en
femmelettes. » (Lettre VII (12/3/1870))
Alfred de Musset incarne dans la première partie de son oeuvre le poète romantique et esthète de la souffrance, né de cette jeunesse désabusée qui a rêvé de révolution ou de gloire militaire et n'en a rien vécu. Puis le désenchantement se met à rimer avec alcool, mésaventures amoureuses, maladie, transformant le poète en écrivain célébré, en académicien ne composant plus qu'à la commande.
Lautréamont, bien qu’affilié à cette veine de la
poésie usant de la souffrance, de la mort; ne s'en sert pas comme une
fin mais comme un moyen pour le bien quand Musset ne s'en sert que pour chanter
le mal en
soi. Pour I. Ducasse, Musset est un « sophiste après-coup »,
un « autoparodiste héroïco-burlesque »« capable
de faire des proverbes » bien inférieur à la « tragédie
qui excite la pitié, la terreur, par le devoir. C’est quelque chose.
C’est mauvais. » tragédie qui,bien
qu'etant "une erreur involontaire" au moins « admet la lutte,
le premier pas vers le bien » à la différence du lyrisme
moderne.En effet pour Ducasse ce dernier ne représente que "le pueril
revers des choses",que des « gémissements poétiques
» se lamentant sur "l’ennui, la
mort,les douleurs, les tristesses, les mélancolies, l'ombre, le sombre,
etc". Aussi Ducasse s'oppose-t-il diamétralement à ces pleurnicheries:
"j’ai complètement changé de méthode, pour ne
chanter exclusivement que l’espoir, l’espérance, le CALME,
le bonheur, le DEVOIR.Et c’est ainsi que je renoue avec les Corneille
et les Racine la chaîne du bon sens, et du sang-froid..."(toutes
les citations précédentes sont
extraites de textes de Lautréamont.)
«C'est révoltant ! j'achèterai un briquet et je lirai
seule dans mon lit» dit Rachel après que son père l'ait
arrêtée dans sa lecture…"moi" de trouver alors
que "C'était une chose révoltante, en effet, que de voir
traiter ainsi une pareille créature ! Je me suis levé,
et je suis parti plein d'admiration, de respect et d'attendrissement" (MUSSET,
Un Souper chez Mademoiselle Rachel). On peut donc noter qu'en effet
dans les fictions de Musset le caractère grandiloquent, romantique, se
traduit notamment par une phraséologie sentencieuse mais il serait faux
de croire que la maxime n'a d'utile chez Musset que ce qu'elle a de pathos,
de fictionnel: "il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée"
(titre d'une pièce de Musset).