abrupt

« Dont la pente est très accentuée. Un sentier abrupt » (Le Robert). Chez Lautréamont, l’adjectif est toujours utilisé au sens propre, appliqué aux sentiers ou aux montagnes. On notera la coquille « sentier abrupte ».
Discotext1 : « Sur le talus de gauche serpentait un sentier abrupt que des mules n’auraient pu franchir. » (Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, 1868, I, 102).

« Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Nul n’a encore vu les rides vertes de mon front ; ni les os en saillie de ma figure maigre, pareils aux arêtes de quelque grand poisson, ou aux rochers couvrant les rivages de la mer, ou aux abruptes montagnes alpestres, que je parcourus souvent, quand j’avais sur ma tête des cheveux d’une autre couleur. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Un jour, donc, fatigué de talonner du pied le sentier abrupte du voyage terrestre, et de m’en aller, en chancelant comme un homme ivre, à travers les catacombes obscures de la vie, je soulevai avec lenteur mes yeux spleenétiques, cernés d’un grand cercle bleuâtre, vers la concavité du firmament, et j’osai pénétrer, moi, si jeune, les mystères du ciel !  » (Les Chants de Maldoror - Chant II)