« Qui te dit que tu nen renifleras pas, baigné dans dinnombrables voluptés, tant que tu voudras, avec tes narines orgueilleuses, larges et maigres, en te renversant de ventre, pareil à un requin, dans lair beau et noir, comme si tu comprenais limportance de cet acte et limportance non moindre de ton appétit légitime, lentement et majestueusement, les rouges émanations ? » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Tout à coup, ils sarrêtent, regardent de tous les côtés avec une inquiétude farouche, lil en feu ; et, de même que les éléphants, avant de mourir, jettent dans le désert un dernier regard au ciel, élevant désespérément leur trompe, laissant leurs oreilles inertes, de même les chiens laissent leurs oreilles inertes, élèvent la tête, gonflent le cou terrible, et se mettent à aboyer, tour à tour, soit comme un enfant qui crie de faim, soit comme un chat blessé au ventre au-dessus dun toit, soit comme une femme qui va enfanter, soit comme un moribond atteint de la peste à lhôpital, soit comme une jeune fille qui chante un air sublime, contre les étoiles au nord, contre les étoiles à lest, contre les étoiles au sud, contre les étoiles à louest ; contre la lune ; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« contre les montagnes, semblables au loin à des roches géantes, gisantes dans lobscurité ; contre lair froid quils aspirent à pleins poumons, qui rend lintérieur de leur narine, rouge, brûlant ; contre le silence de la nuit ; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Voyez comme les aigles, étourdis, tombent du haut des nuages, en roulant sur eux-mêmes, littéralement foudroyés par la colonne dair. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Le créateur de lunivers, je lui ai toujours conservé mon amour ; mais, si, après la mort, nous ne devons plus exister, pourquoi vois-je, la plupart des nuits, chaque tombe souvrir, et leurs habitants soulever doucement les couvercles de plomb, pour aller respirer lair frais.
- Arrête-toi dans ton travail. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Je tabhorre autant que je le peux ; et je préfère voir un serpent, entrelacé autour de mon cou depuis le commencement des siècles, que non pas tes yeux... Comment ! ... cest toi, crapaud ! ... gros crapaud ! ... infortuné crapaud ! ... Pardonne ! ... pardonne ! ... Que viens-tu faire sur cette terre où sont les maudits ? Mais, quas-tu donc fait de tes pustules visqueuses et fétides, pour avoir lair si doux ? Quand tu descendis den haut, par un ordre supérieur, avec la mission de consoler les diverses races dêtres existants, tu tabattis sur la terre, avec la rapidité du milan, les ailes non fatiguées de cette longue, magnifique course ; je te vis ! Pauvre crapaud ! Comme alors je pensais à linfini, en même temps quà ma faiblesse. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Je pourrais, en prenant ta tête entre mes mains, dun air caressant et doux, enfoncer mes doigts avides dans les lobes de ton cerveau innocent, pour en extraire, le sourire aux lèvres, une graisse efficace qui lave mes yeux, endoloris par linsomnie éternelle de la vie. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Ses pieds plongeaient dans une vaste mare de sang en ébullition, à la surface duquel sélevaient tout à coup, comme des ténias à travers le contenu dun pot de chambre, deux ou trois têtes prudentes, et qui sabaissaient aussitôt, avec la rapidité de la flèche : un coup de pied, bien appliqué sur los du nez, était la récompense connue de la révolte au règlement, occasionnée par le besoin de respirer un autre milieu ; car, enfin, ces hommes nétaient pas des poissons ! Amphibies tout au plus, ils nageaient entre deux eaux dans ce liquide immonde ! ... jusquà ce que, nayant plus rien dans la main, le Créateur, avec les deux premières griffes du pied, saisît un autre plongeur par le cou, comme dans une tenaille, et le soulevât en lair, en dehors de la vase rougeâtre, sauce exquise ! Pour celui-là, il faisait comme pour lautre. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« A la fin, ma poitrine oppressée, ne pouvant chasser avec assez de vitesse lair qui donne la vie, les lèvres de ma bouche sentrouvrirent, et je poussai un cri... un cri si déchirant... que je lentendis ! Les entraves de mon oreille se délièrent dune manière brusque, le tympan craqua sous le choc de cette masse dair sonore repoussée loin de moi avec énergie, et il se passa un phénomène nouveau dans lorgane condamné par la nature. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« A la fin, ma poitrine oppressée, ne pouvant chasser avec assez de vitesse lair qui donne la vie, les lèvres de ma bouche sentrouvrirent, et je poussai un cri... un cri si déchirant... que je lentendis ! Les entraves de mon oreille se délièrent dune manière brusque, le tympan craqua sous le choc de cette masse dair sonore repoussée loin de moi avec énergie, et il se passa un phénomène nouveau dans lorgane condamné par la nature. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Aucun changement, aucun air empesté neffleure les rocs escarpés et les vallées immenses de votre identité. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il bat lair de ses bras nerveux et souhaiterait que la lampe se transformât en homme ; il lui ferait passer un mauvais quart dheure, il se le promet. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il le lance en lair avec force... la chaîne est coupée, par le milieu, comme lherbe par la faux, et linstrument du culte tombe à terre, en répandant son huile sur les dalles... Il saisit la lampe pour la porter dehors, mais elle résiste et grandit. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Le tout veut sélever en lair pour prendre son essor ; mais il le retient dune main ferme. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Quelquefois je loublie, et jai remarqué que, ces jours-là, je me sens plus heureux quà lordinaire ; ma poitrine sépanouit, libre de toute contrainte, et je respire, plus à laise, lair embaumé des champs ; tandis que, lorsque jaccomplis le pénible devoir, ordonné par mes parents, de tadresser quotidiennement un cantique de louanges, accompagné de lennui inséparable que me cause sa laborieuse invention, alors, je suis triste et irrité, le reste de la journée, parce quil ne me semble pas logique et naturel de dire ce que je ne pense pas, et je recherche le recul des immenses solitudes. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Les plus vieux pilleurs dépaves fronçaient le sourcil, dun air grave, affirmant que les deux fantômes, dont chacun avait remarqué la vaste envergure des ailes noires, pendant les ouragans, au-dessus des bancs de sable et des écueils, étaient le génie de la terre et le génie de la mer, qui promenaient leur majesté, au milieu des airs, pendant les grandes révolutions de la nature, unis ensemble par une amitié éternelle, dont la rareté et la gloire ont enfanté létonnement du câble indéfini des générations. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« plus quun chêne ! On dirait que ses ailes blanchâtres, nouées par de fortes attaches, ont des nerfs dacier, tant elles fendent lair avec aisance. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Tantôt, il tourne aussi vite que le tigre, et na pas lair de se fatiguer ; tantôt, il se couche sur le dos, avec ses deux fortes pattes en lair, et, avec sang-froid, regarde ironiquement son adversaire. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Tantôt, il tourne aussi vite que le tigre, et na pas lair de se fatiguer ; tantôt, il se couche sur le dos, avec ses deux fortes pattes en lair, et, avec sang-froid, regarde ironiquement son adversaire. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Mettant ses mains, ainsi quune couronne, sur les immondices de toutes sortes qui pressaient le sol de leur poids, tandis quil avait encore la jambe engagée dans les torsions de la grille, il reprenait ainsi sa posture naturelle, allait tremper ses mains dans un baquet boiteux, dont leau savonnée avait vu sélever, tomber des générations entières, et séloignait ensuite, le plus vite possible, de ces ruelles faubouriennes, pour aller respirer lair pur vers le centre de la ville. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Lorsque les deux femelles dorang-outang furent arrivées sous la potence, elles reniflèrent lair pendant quelques secondes ; elles montrèrent, par leurs gestes sangrenus, la quantité vraiment remarquable de stupéfaction qui résulta de leur expérience, quand elles saperçurent que rien nétait changé dans ces lieux : le dénoûment de la mort, conforme à leurs vux, nétait pas survenu. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Qui parle ici dappropriation ? Que lon sache bien que lhomme, par sa nature multiple et complexe, nignore pas les moyens den élargir encore les frontières ; il vit dans leau, comme lhippocampe ; à travers les couches supérieures de lair, comme lorfraie ; et sous la terre, comme la taupe, le cloporte et la sublimité du vermiceau. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Pendant le très-court moment où, le bras tendu en avant reste suspendu dans lair, avant quil senfonce de nouveau, ses doigts écartés, réunis à laide dun repli de la peau, à forme de membrane, semblaient sélancer vers les hauteurs de lespace, et prendre les étoiles. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Mais je nignore pas (moi, aussi, je suis savant) quun jour, parce quil mavait arrêté la main, au moment où je levais mon poignard pour percer le sein dune femme, je le saisis par les cheveux avec un bras de fer, et le fis tournoyer dans lair avec une telle vitesse, que la chevelure me resta dans la main, et que son corps, lancé par la force centrifuge, alla cogner contre le tronc dun chêne... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Il saperçoit, enfin, que la fumée de sa bougie, prenant son essor vers le plafond, occasionne, à travers lair ambiant, les vibrations presque imperceptibles dune feuille de papier accrochée à un clou figé contre la muraille. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Malgré cette singulière manière de tourbillonner, les étourneaux nen fendent pas moins, avec une vitesse rare, lair ambiant, et gagnent sensiblement, à chaque seconde, un terrain précieux pour le terme de leurs fatigues et le but de leur pèlerinage. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Triste compensation, quen dis-tu ? Lorsque tu auras pris lair, reviens me trouver : tes sens seront plus reposés. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Le milan royal a les ailes proportionnellement plus longues que les buses, et le vol bien plus aisé : aussi passe-t-il sa vie dans lair. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Des lois préservatrices nont pas lair dexister dans cette contrée inhospitalière. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Le second faisait les réflexions suivantes ; elles trouvèrent un écho, jusque dans la coupole azurée quelles souillèrent : "Il a lair plein dinexpérience ; je lui réglerai son compte avec promptitude. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Il vient sans doute den haut, envoyé par celui qui craint tant de venir lui-même ! Nous verrons, à uvre, sil est aussi impérieux quil en a lair ; ce nest pas un habitant de labricot terrestre ; il trahit son origine séraphique par ses yeux errants et indécis." » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Cétait plus fort que lui ! Il ny mettait pas de la mauvaise intention ! Il ne voulait certes pas sattirer les reproches du crabe tourteau ! Que defforts ne fit-il pas pour chasser lhilarité ! Que de fois ne serra-t-il point ses lèvres lune contre lautre, afin de ne pas avoir lair doffenser son interlocuteur épaté ! Malheureusement son caractère participait de la nature de lhumanité, et il riait ainsi que font les brebis ! Enfin il sarrêta ! Il était temps ! Il avait failli sétouffer ! Le vent porta cette réponse à larchange de lécueil : "Lorsque ton maître ne menverra plus des escargots et des écrevisses pour régler ses affaires, et quil daignera parlementer personnellement avec moi, lon trouvera, jen suis sûr, le moyen de sarranger, puisque je suis inférieur à celui qui tenvoya, comme tu las dit avec tant de justesse. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Et, alors, il circonscrivit ses plongeons dans une baie écartée, à lextrémité de la pièce deau, seul parmi les habitants de lair, comme il létait parmi les hommes ! Cest ainsi quil préludait à lincroyable événement de la place Vendôme ! » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Ils ne sont pas suspendus en lair, séparés de notre société. » (Poésies II)
« Vous avez mis en vigueur le déplorable système de méfiance prescrit par la bizarrerie de mon père ; mais vous avez deviné que mon mal de tête ne mempêche pas de considérer avec attention la difficile situation où vous a placé jusquici une feuille de papier à lettre venue de lAmérique du Sud, dont le principal défaut était le manque de clarté; car je ne mets pas en ligne de compte la malsonnance de certaines observations mélancoliques quon pardonne aisément à un vieillard, et qui mont paru, à la première lecture, avoir eu lair de vous imposer, à lavenir peut-être, la nécessité de sortir de votre rôle strict de banquier, vis-à-vis dun monsieur qui vient habiter la capitale... » (Lettre III (22/5/1869))
Contextes de " airs "
« Ce nest pas de moi que vient cet ordre suprême." Une vaste lumière couleur de sang, à laspect de laquelle mes mâchoires claquèrent et mes bras tombèrent inertes, se répandit dans les airs jusquà lhorizon. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Rien... si ce ne sont les campagnes qui dansent en tourbillons avec les arbres et avec les longues files doiseaux qui traversent les airs. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Pour couronner enfin la stupide comédie, qui nest pas même intéressante, on voit, au milieu des airs, quelque cigogne, attardée par la fatigue, qui se met à crier, sans arrêter lenvergure de son vol : » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Quand, au matin, le soleil montrera ses rayons resplendissants et que lalouette joyeuse emportera, avec elle, son cri, à perte de vue, dans les airs, tu pourras rester encore au lit, jusquà ce que cela te fatigue. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - Mère, il métrangle... Père, secourez-moi... Je ne puis plus respirer... Votre bénédiction !
Un cri dironie immense sest élevé dans les airs. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Par une suprême convulsion, ils engendrent un tel effort, que la pierre, ne pouvant pas disperser ses principes vivants, sélance delle-même jusquau haut des airs, comme par un effet de la poudre, et retombe, en senfonçant solidement sous le sol. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Quel spectacle ! Moi, avec des ailes dange, immobile dans les airs, pour le contempler. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« "O lampe au bec dargent, mes yeux taperçoivent dans les airs, compagne de la voûte des cathédrales, et cherchent la raison de cette suspension. On dit que tes lueurs éclairent, pendant la nuit, la tourbe de ceux qui viennent adorer le Tout-Puissant et que tu montres aux repentis le chemin qui mène à lautel. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Une fois dehors, il aperçoit dans les airs une forme noirâtre, aux ailes brûlées, qui dirige péniblement son vol vers les régions du ciel. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Les plus vieux pilleurs dépaves fronçaient le sourcil, dun air grave, affirmant que les deux fantômes, dont chacun avait remarqué la vaste envergure des ailes noires, pendant les ouragans, au-dessus des bancs de sable et des écueils, étaient le génie de la terre et le génie de la mer, qui promenaient leur majesté, au milieu des airs, pendant les grandes révolutions de la nature, unis ensemble par une amitié éternelle, dont la rareté et la gloire ont enfanté létonnement du câble indéfini des générations. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« "Les murailles sécartèrent pour le laisser passer ; les nonnes, le voyant prendre son essor, dans les airs, avec des ailes quil avait cachées jusque-là dans sa robe démeraude, se replacèrent en silence dessous le couvercle de la tombe. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Tandis que moi, qui suis un homme, en présence dun drame non moins grand, je ne sais si je conservai assez dempire sur moi-même, pour que les muscles de ma figure restassent immobiles ! Dès que le scarabée fut arrivé au bas du tertre, lhomme leva son bras vers louest (précisément, dans cette direction, un vautour des agneaux et un grand-duc de Virginie avaient engagé un combat dans les airs), essuya sur son bec une longue larme qui présentait un système de coloration diamantée, et dit au scarabée : "Malheureuse boule ! ne las-tu pas fait rouler assez longtemps ? Ta vengeance nest pas encore assouvie ; et, déjà, cette femme, dont tu avais attaché, avec des colliers de perles, les jambes et les bras, de manière à réaliser un polyèdre amorphe, afin de la traîner, avec tes tarses, à travers les vallées et les chemins, sur les ronces et les pierres (laisse-moi mapprocher pour voir si cest encore elle ! ), a vu ses os se creuser de blessures, ses membres se polir par la loi mécanique du frottement rotatoire, se confondre dans lunité de la coagulation, et son corps présenter, au lieu des linéaments primordiaux et des courbes naturelles, lapparence monotone dun seul tout homogène qui ne ressemble que trop, par la confusion de ses divers éléments broyés, à la masse dune sphère ! Il y a longtemps quelle est morte ; laisse ces dépouilles à la terre, et prends garde daugmenter, dans dirréparables proportions, la rage qui te consume : ce nest plus de la justice ; car, légoïsme, caché dans les téguments de ton front, soulève lentement, comme un fantôme, la draperie qui le recouvre." » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Il se réveille comme il lui a été ordonné, et voit deux formes célestes disparaître dans les airs, les bras entrelacés. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Il emporte avec lui, dans les airs, ce qui nétait pas un point fixe. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)