cadavre

Contextes de " cadavre "

« On ne croirait pas, au premier abord, que Maldoror contînt tant de sang dans ses artères ; car, sur sa figure, ne brillent que les reflets du cadavre. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Devenue subitement pâle comme un cadavre, elle me demanda : "Auriez-vous la bonté de me dire quelle heure est-il ?" Je lui dis que je ne portais pas de montre, et je m'éloignai rapidement. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Sur la terre humide que le fossoyeur remue avec sa pelle sagace, on combine des phrases multicolores sur l'immortalité de l'âme, sur le néant de la vie, sur la volonté inexplicable de la Providence, et le marbre se referme, à jamais, sur cette existence, laborieusement remplie, qui n'est plus qu'un cadavre. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« le cadavre gonflé se soutient sur les eaux ; il disparaît sous l'arche d'un pont ; mais, plus loin, on le voit apparaître de nouveau, tournant lentement sur lui-même, comme une roue de moulin, et s'enfonçant par intervalles. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« le cadavre reste inerte, et se laisse tourner en tous sens. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Voici le miracle : le cadavre reparaissait, le lendemain, sur la surface de l'océan, qui reportait au rivage cette épave de chair. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« le sacrificateur s'aperçoit que la jeune fille, poulet vidé, est morte depuis longtemps ; il cesse la persévérance croissante de ses ravages, et laisse le cadavre redormir à l'ombre du platane. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« Tu agis d'après les règles de la raison, en te dépouillant de la forme d'aigle, pendant que tu t'éloignes du cadavre du dragon. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« Mais comment battrait-il, si la pourriture et les exhalaisons de mon cadavre (je n'ose pas dire corps) ne le nourrissaient abondamment ? Sous mon aisselle gauche, une famille de crapauds a pris résidence, et, quand l'un d'eux remue, il me fait des chatouilles. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« le corps n'est plus qu'un cadavre qui respire. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« O misérable ! as-tu attendu jusqu'à cette heure pour entendre les murmures et les complots qui, s'élevant simultanément de la surface des sphères, viennent raser d'une aile farouche les rebords papillacés de ton destructible tympan ? Il n'est pas loin, le jour, où mon bras te renversera dans la poussière, empoisonnée par ta respiration, et, arrachant de tes entrailles une nuisible vie, laissera sur le chemin ton cadavre, criblé de contorsions, pour apprendre au voyageur consterné, que cette chair palpitante, qui frappe sa vue d'étonnement, et cloue dans son palais sa langue muette, ne doit plus être comparée, si l'on garde son sang-froid, qu'au tronc pourri d'un chêne, qui tomba de vétusté ! Quelle pensée de pitié me retient devant ta présence ? Toi-même, recule plutôt devant moi, te dis-je, et va laver ton incommensurable honte dans le sang d'un enfant qui vient de naître : voilà quelles sont tes habitudes. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« J'ai même assassiné (il n'y a pas longtemps ! ) un pédéraste qui ne se prêtait pas suffisamment à ma passion ; j'ai jeté son cadavre dans un puits abandonné, et l'on n'a pas de preuves décisives contre moi. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Dirigez-vous du côté où se trouve le lac des cygnes ; et, je vous dirai plus tard pourquoi il s'en trouve un de complétement noir parmi la troupe, et dont le corps, supportant une enclume, surmontée du cadavre en putréfaction d'un crabe tourteau, inspire à bon droit de la méfiance à ses autres aquatiques camarades.  » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Eh bien, la marée est venue ; elle l'a bercé de ses chants, et l'a mollement déposé sur la plage : le crabe n'est-il pas content ? Que lui faut-il de plus ? Et Maldoror, penché sur le sable des grèves, reçoit dans ses bras deux amis, inséparablement réunis par les hasards de la lame : le cadavre du crabe tourteau et le bâton homicide ! "je n'ai pas encore perdu mon adresse, s'écrie-t-il ; elle ne demande qu'à s'exercer ; mon bras conserve sa force et mon œil sa justesse." » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Il a mis sur son dos une enclume et un cadavre ; il s'achemine vers une vaste pièce d'eau, dont toutes les rives sont couvertes et comme murées par un inextricable fouillis de grands joncs. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Il voulait d'abord prendre un marteau, mais c'est un instrument trop léger, tandis qu'avec un objet plus lourd, si le cadavre donne signe de vie, il le posera sur le sol et le mettra en poussière à coups d'enclume. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

Contextes de " cadavres "

« Un soir, il se dirigea vers un cimetière, et les adolescents qui trouvent du plaisir à violer les cadavres de belles femmes mortes depuis peu, purent, s'ils le voulurent, entendre la conversation suivante, perdue dans le tableau d'une action qui va se dérouler en même temps. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Que doit être cet assemblage d'êtres bizarres et muets ? Sont-ce des habitants de la lune ? Il y a des moments où on serait tenté de le croire ; mais, ils ressemblent plutôt à des cadavres. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Sans les cadavres et les membres épars que tu aperçois dans la plaine, où s'est opéré sagement le carnage, il n'y aurait pas de guerre, et, sans guerre, il n'y aurait pas de victoire. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Déjà, les émanations des cadavres viennent jusqu'à moi. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Me montrant du doigt un espace de plusieurs lieues recouvert de cadavres, le croissant vaporeux de cet astre m'ordonne de prendre un instant, comme le sujet de méditatives réflexions, les conséquences funestes qu'entraîne, après lui, l'inexplicable talisman enchanteur que la Providence m'accorda. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)