« l'aigle, le corbeau, l'immortel pélican, le canard
sauvage, la grue voyageuse, éveillés, grelottant de froid,
me verront passer à la lueur des éclairs, spectre horrible
et content. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« le lendemain, elle s'échappait de nouveau, à travers
les marguerites et les résédas ; parmi les rayons du soleil
et le vol tournoyant des insectes éphémères ; ne connaissant
que la coupe prismatique de la vie, pas encore le fiel ; heureuse d'être
plus grande que la mésange ; se moquant de la fauvette, qui ne chante
pas si bien que le rossignol ; tirant sournoisement la langue au vilain
corbeau, qui la regardait paternellement ; et gracieuse comme un
jeune chat. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Noir comme l'aile d'un corbeau, trois fois il nagea parmi
le groupe de palmipèdes, à la blancheur éclatante
; trois fois, il conserva cette couleur distinctive qui l'assimilait à
un bloc de charbon. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Depuis les pleurnicheries odieuses et spéciales, brevetées
sans garantie d'un point de repère, des Jean-Jacques Rousseau, des
Châteaubriand et des nourrices en pantalon aux poupons Obermann,
à travers les autres poètes qui se sont vautrés dans
le limon impur, jusqu'au songe de Jean-Paul, le suicide de Dolorès
de Veintemilla, le Corbeau d'Allan, la Comédie Infernale
du Polonais, les yeux sanguinaires de Zorilla, et l'immortel cancer, Une
Charogne, que peignit autrefois, avec amour, l'amant morbide de la Vénus
hottentote, les douleurs invraisemblables que ce siècle s'est créées
à lui-même, dans leur voulu monotone et dégoûtant,
l'ont rendu poitrinaire. » (Poésies I)
« Pendant la mort, un quartier de roche auprès de la mer,
un lac quelconque, la forêt de Fontainebleau, l'île d'Ischia,
un cabinet de travail en compagnie d'un corbeau, une chambre ardente
avec un crucifix, un cimetière où surgit, aux rayons d'une
lune qui finit par agacer, l'objet aimé, des stances où un
groupe de filles dont on ne sait pas le nom, viennent balader à
tour de rôle, donner la mesure de l'auteur, font entendre des regrets.
» (Poésies II)
Contextes de " corbeaux "
« contre les corbeaux, qui n'ont pas trouvé de quoi
manger pendant la journée, et qui s'en reviennent au gîte
l'aile fatiguée ; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Quelquefois, dans une nuit d'orage, pendant que des légions
de poulpes ailés, ressemblant de loin à des corbeaux,
planent au-dessus des nuages, en se dirigeant d'une rame raide vers les
cités des humains, avec la mission de les avertir de changer de
conduite, le caillou, à l'œil sombre, voit deux êtres passer
à la lueur de l'éclair, l'un derrière l'autre ; et,
essuyant une furtive larme de compassion, qui coule de sa paupière
glacée, il s'écrie : "Certes, il le mérite ; et ce
n'est que justice." » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
Une
traduction du Corbeau d'Edgar Poe par Mallarmé.