« Je les ai vus tous à la fois, tantôt, le poing le plus robuste dirigé vers le ciel, comme celui d'un enfant déjà pervers contre sa mère, probablement excités par quelque esprit de l'enfer, les yeux chargés d'un remords cuisant en même temps que haineux, dans un silence glacial, n'oser émettre les méditations vastes et ingrates que recélait leur sein, tant elle étaient pleines d'injustice et d'horreur, et attrister de compassion le Dieu de miséricorde ; tantôt, à chaque moment du jour, depuis le commencement de l'enfance jusqu'à la fin de la vieillesse, en répandant des anathèmes incroyables, qui n'avaient pas le sens commun, contre tout ce qui respire, contre eux-mêmes et contre la Providence, prostituer les femmes et les enfants, et déshonorer ainsi les parties du corps consacrées à la pudeur. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Adolescent, pardonne-moi ; c'est celui qui est devant ta figure noble et sacrée, qui a brisé tes os et déchiré les chairs qui pendent à différents endroits de ton corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Je parerai mon corps de guirlandes embaumées, pour cet holocauste expiatoire ; et nous souffrirons tous les deux, moi, d'être déchiré, toi, de me déchirer... ma bouche collée à ta bouche. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Vieil océan, aux vagues de cristal, tu ressembles proportionnellement à ces marques azurées que l'on voit sur le dos meurtri des mousses ; tu es un immense bleu, appliqué sur le corps de la terre : j'aime cette comparaison. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Si quelqu'un a du génie, on le fait passer pour un idiot ; si quelque autre est beau de corps, c'est un bossu affreux. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Est-ce pour ce motif que vous vous montrez devant moi dans cette prosternation ? ou bien, est-ce parce que vous me voyez parcourir, phénomène nouveau, comme une comète effrayante, l'espace ensanglanté ? (Il me tombe une pluie de sang de mon vaste corps, pareil à un nuage noirâtre que pousse l'ouragan devant soi.) » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Les uns disent que tu arrivais vers moi pour me sucer le peu de sang qui se trouve dans mon corps : pourquoi cette hypothèse n'est-elle pas la réalité ! » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
Voyez, il appuie son corps sur le revers de la chaise, fatigué. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - Il est temps de reposer le corps et l'esprit. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Quoique ton corps s'évapore, quand je veux l'écarter, sache que je ne te crains pas. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Oh ! comme il est sombre !... D'où sors-tu ?... Étranger, permets que je te touche, et que mes mains, qui étreignent rarement celles des vivants, s'imposent sur la noblesse de ton corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - Ô pou vénérable, toi dont le corps est dépourvu d'élytres, un jour, tu me reprochas avec aigreur de ne pas aimer suffisamment ta sublime intelligence, qui ne se laisse pas lire ; peut-être avais-tu raison, puisque je ne sens même pas de la reconnaissance pour celui-ci. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« En fixant ses yeux monstrueux, mon corps tremble ; c'est la première fois, depuis que j'ai sucé les sèches mamelles de ce qu'on appelle une mère. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Malheureux ! qu'as-tu dit depuis le jour de ta naissance ? Ô triste reste d'une intelligence immortelle, que Dieu avait créée avec tant d'amour ! Tu n'as engendré que des malédictions, plus affreuses que la vue de panthères affamées ! Moi, je préférerais avoir les paupières collées, mon corps manquant des jambes et des bras, avoir assassiné un homme, que ne pas être toi ! Parce que je te hais. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Peut-être que c'est à peu près tout le sang que pût contenir son corps, et il est probable qu'il n'y en reste pas beaucoup. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Je pourrais, soulevant ton corps vierge avec un bras de fer, te saisir par les jambes, te faire rouler autour de moi, comme une fronde, concentrer mes forces en décrivant la dernière circonférence, et te lancer contre la muraille. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Sois tranquille, je donnerai à une demi-douzaine de domestiques l'ordre de garder les restes vénérés de ton corps, et de les préserver de la faim des chiens voraces. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Sans doute, le corps est resté plaqué sur la muraille, comme une poire mûre, et n'est pas tombé à terre ; mais, les chiens savent accomplir des bonds élevés, si l'on n'y prend garde. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Lorsque le berger David atteignait au front le géant Goliath d'une pierre lancée par la fronde, est-ce qu'il n'est pas admirable de remarquer que c'est seulement par la ruse que David a vaincu son adversaire, et que si, au contraire, ils s'étaient pris à bras-le-corps, le géant l'aurait écrasé comme une mouche ? Il en est de même pour toi. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« la fièvre a gagné ce corps délicat. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Rien ne paraît naturel en lui, pas même les muscles de son corps, qui se fraient un passage à travers les contours harmonieux de formes féminines. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Quand il voit un homme et une femme qui se promènent dans quelque allée de platanes, il sent son corps se fendre en deux de bas en haut, et chaque partie nouvelle aller étreindre un des promeneurs ; mais, ce n'est qu'une hallucination, et la raison ne tarde pas à reprendre son empire. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Un jour, donc, fatigué de talonner du pied le sentier abrupte du voyage terrestre, et de m'en aller, en chancelant comme un homme ivre, à travers les catacombes obscures de la vie, je soulevai avec lenteur mes yeux spleenétiques, cernés d'un grand cercle bleuâtre, vers la concavité du firmament, et j'osai pénétrer, moi, si jeune, les mystères du ciel ! Ne trouvant pas ce que je cherchais, je soulevai la paupière effarée plus haut, plus haut encore, jusqu'à ce que j'aperçusse un trône, formé d'excréments humains et d'or, sur lequel trônait, avec un orgueil idiot, le corps recouvert d'un linceul fait avec des draps non lavés d'hôpital, celui qui s'intitule lui-même le Créateur ! Il tenait à la main le tronc pourri d'un homme mort, et le portait, alternativement, des yeux au nez et du nez à la bouche ; une fois à la bouche, on devine ce qu'il en faisait. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Pas une fibre de mon corps ne restait immobile ; et je tremblais, comme tremble la lave intérieure d'un volcan. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Soyez certains que, si leur mâchoire était conforme à la mesure de leurs vœux infinis, la cervelle, la rétine des yeux, la colonne vertébrale, tout votre corps y passerait. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Je m'en servis pour dérouter les ruses pernicieuses de mon ennemi mortel, pour l'attaquer, à mon tour, avec adresse, et plonger, dans les viscères de l'homme, un poignard aigu qui restera à jamais enfoncé dans son corps ; car, c'est une blessure dont il ne se relèvera pas. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Une lampe et un ange qui forment un même corps, voilà ce que l'on ne voit pas souvent. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il reconnaît la forme de la lampe ; il reconnaît la forme de l'ange ; mais, il ne peut pas les scinder dans son esprit ; en effet, dans la réalité, elle sont collées l'une dans l'autre, et ne forment qu'un corps indépendant et libre ; mais, lui croit que quelque nuage a voilé ses yeux, et lui a fait perdre un peu de l'excellence de sa vue. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« le mal rongeur s'étend sur toute la figure, et de là, exerce ses furies sur les parties basses ; bientôt, tout le corps n'est qu'une vaste plaie immonde. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Aujourd'hui que les années pèsent sur mon corps, je le dis avec sincérité, comme une vérité suprême et solennelle : je n'étais pas aussi cruel qu'on l'a raconté ensuite, parmi les hommes ; mais, des fois, leur méchanceté exerçait ses ravages persévérants pendant des années entières. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il se prirent à bras-le-corps, deux par deux, trois par trois ; c'était le moyen de ne pas sauver leur vie ; car, leurs mouvements devenaient embarrassés, et ils coulaient bas comme des cruches percées... Quelle est cette armée de monstres marins qui fend les flots avec vitesse ? Ils sont six ; leurs nageoires sont vigoureuses, et s'ouvrent un passage, à travers les vagues soulevées. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Deux cuisses nerveuses se collèrent étroitement à la peau visqueuse du monstre, comme deux sangsues ; et, les bras et les nageoires entrelacés autour du corps de l'objet aimé qu'ils entouraient avec amour, tandis que leurs gorges et leurs poitrines ne faisaient bientôt plus qu'une masse glauque aux exhalaisons de goëmon ; au milieu de la tempête qui continuait de sévir ; à la lueur des éclairs ; ayant pour lit d'hyménée la vague écumeuse, emportés par un courant sous-marin comme dans un berceau, et roulant, sur eux-mêmes, vers les profondeurs inconnues de l'abîme, ils se réunirent dans un accouplement long, chaste et hideux !... Enfin, je venais de trouver quelqu'un qui me ressemblât !... Désormais, je n'étais plus seul dans la vie !... elle avait les mêmes idées que moi !... J'étais en face de mon premier amour ! » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« la Seine entraîne un corps humain. Dans ces circonstances, elle prend des allures solennelles. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Avant de transporter le corps à la Morgue, on le laisse quelque temps sur la berge, pour le ramener à la vie. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« la foule compacte se rassemble autour du corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Aucun n'ose renverser le noyé, pour lui faire rejeter l'eau qui remplit son corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« A la pensée que ce corps inerte pourrait revivre sous sa main, il sent son cœur bondir, sous cette impression excellente, et redouble de courage. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« l'homme se dégageait du moule que son corps avait creusé dans le sable, exprimait l'eau de ses cheveux mouillés, et, reprenait, le front muet et penché, le chemin de la vie. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Des yeux vengeurs, que la science ignorante appelle météores, répandent une flamme livide, passent en roulant sur eux-mêmes, et articulent des paroles de mystère... qu'il comprend ! Alors, son chevet est broyé par les secousses de son corps, accablé sous le poids de l'insomnie, et il entend la sinistre respiration des rumeurs vagues de la nuit. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Quel ne fut pas son étonnement, quand il vit Maldoror, changé en poulpe, avancer contre son corps ses huit pattes monstrueuses, dont chacune, lanière solide, aurait pu embrasser facilement la circonférence d'une planète. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Pris au dépourvu, il se débattit, quelques instants, contre cette étreinte visqueuse, qui se resserrait de plus en plus... je craignais quelque mauvais coup de sa part ; après m'être nourri abondamment des globules de ce sang sacré, je me détachai brusquement de son corps majestueux, et je me cachai dans une caverne, qui, depuis lors, resta ma demeure. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« De même que les vapeurs des fleuves rampent le long des flancs de la colline, et, une fois arrivées au sommet, s'élancent dans l'atmosphère, en formant des nuages ; de même, tes inquiétudes sur mon compte se sont insensiblement accrues, sans motif raisonnable, et forment au-dessus de ton imagination, le corps trompeur d'un mirage désolé. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Oui, je sens que mon âme est cadenacée dans le verroux de mon corps, et qu'elle ne peut se dégager, pour fuir loin des rivages que frappe la mer humaine, et n'être plus témoin du spectacle de la meute livide des malheurs, poursuivant sans relâche, à travers les fondrières et les gouffres de l'abattement immense, les isards humains. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Nos coursiers ralentissent la vitesse de leurs pieds d'airain ; leurs corps tremble, comme le chasseur surpris par un troupeau de peccaris. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Je nourrissais de mon propre lait celle qui était plus que ma vie, et que je voyais grandir rapidement, douée de toutes les qualités de l'âme et du corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Nu comme une pierre, il s'est jeté sur le corps de la jeune fille, et lui a levé la robe pour commettre un attentat à la pudeur... » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« le bouledogue, en colère, s'enfuit dans la campagne, entraînant après lui, pendant un espace de route qui est toujours trop long, pour si court qu'il fût, le corps de la jeune fille suspendue, qui n'a été dégagé que grâce aux mouvements saccadés de la fuite ; mais, il craint d'attaquer son maître, qui ne le reverra plus. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Son corps commence par un buste de tigre, et se termine par une longue queue de serpent. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« On ne lui voit que le corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Engourdi par un assoupissement pesant, broyé contre les cailloux, son corps faisait des efforts inutiles pour se relever. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« la mousse recouvrait ce corps de logis, qui, sans doute, avait été un couvent et servait, à l'heure actuelle, avec le reste du bâtiment, comme demeure de toutes ces femmes qui montraient chaque jour, à ceux qui entraient, l'intérieur de leur vagin, en échange d'un peu d'or. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Quelquefois, la grille d'un guichet s'élevait sur elle-même en grinçant, comme par l'impulsion ascendante d'une main qui violentait la nature du fer : un homme présentait sa tête à l'ouverture dégagée à moitié, avançait ses épaules, sur lesquelles tombait le plâtre écaillé, faisait suivre, dans cette extraction laborieuse, son corps couvert. de toiles d'araignées. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Alors, les coqs et les poules accouraient en foule des divers points du préau, attirés par l'odeur séminale, la renversaient par terre, malgré ses efforts vigoureux, trépignaient la surface de son corps comme un fumier et déchiquetaient, à coups de bec, jusqu'à ce qu'il sortît du sang, les lèvres flasques de son vagin gonflé. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Enfin, il se dirigea vers le guichet, qui se fendit avec pitié jusqu'au nivellement du sol, en présence de ce corps dépourvu d'épiderme. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Ils n'ont pas pu la reconstruire, et mon corps reste nu devant leur innocence ; châtiment mémorable de la vertu abandonnée. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Quand le pied glisse sur une grenouille, l'on sent une sensation de dégoût ; mais, quand on effleure, à peine, le corps humain, avec la main, la peau des doigts se fend, comme les écailles d'un bloc de mica qu'on brise à coups de marteau ; et, de même que le cœur d'un requin, mort depuis une heure, palpite encore, sur le pont, avec une vitalité tenace, ainsi nos entrailles se remuent de fond en comble, longtemps après l'attouchement. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Chacune prit un pinceau et goudronna le corps du pendu... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« En outre, par ses refus perpétuels, il s'était attiré la colère de sa femme, qui s'était bercée de l'espoir d'une récompense, si elle eût pu réussir à engager son mari à ce qu'il prêtât son corps aux passions de la vieille. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Mais comment battrait-il, si la pourriture et les exhalaisons de mon cadavre (je n'ose pas dire corps) ne le nourrissaient abondamment ? Sous mon aisselle gauche, une famille de crapauds a pris résidence, et, quand l'un d'eux remue, il me fait des chatouilles. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« la lame adhère si fortement au corps, que personne, jusqu'ici, n'a pu l'extraire. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Écoute, à moins que tu ne sois la faible condensation d'un brouillard (tu caches ton corps quelque part, et je ne puis le rencontrer) : un matin, que je vis une petite fille qui se penchait sur un lac, pour cueillir un lotus rose, elle affermit ses pas, avec une expérience précoce ; elle se penchait vers les eaux, quand ses yeux rencontrèrent mon regard (il est vrai que, de mon côté, ce n'était pas sans préméditation). » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Cherchons ce corps introuvable, que cependant mes yeux aperçoivent : il mérite, de ma part, les marques les plus nombreuses d'une admiration sincère. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« le fantôme se moque de moi : il m'aide à chercher son propre corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Je rêvais que j'étais entré dans le corps d'un pourceau, qu'il ne m'était pas facile d'en sortir, et que je vautrais mes poils dans les marécages les plus fangeux. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Des blessures cuisantes couvraient mon corps ; je faisais semblant de ne pas m'en apercevoir. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Quelquefois il plongeait, et son corps visqueux reparaissait presque aussitôt, à deux cents mètres de distance. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« l'étiolement progressif, la solitude du corps et de l'âme ne m'avaient pas fait perdre encore toute ma raison, au point de garder du ressentiment contre ceux que je n'avais cessé d'aimer : triple carcan dont j'étais l'esclave. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Mais je n'ignore pas (moi, aussi, je suis savant) qu'un jour, parce qu'il m'avait arrêté la main, au moment où je levais mon poignard pour percer le sein d'une femme, je le saisis par les cheveux avec un bras de fer, et le fis tournoyer dans l'air avec une telle vitesse, que la chevelure me resta dans la main, et que son corps, lancé par la force centrifuge, alla cogner contre le tronc d'un chêne... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« je n'ignore pas qu'un jour j'accomplis un acte infâme, tandis que son corps était lancé par la force centrifuge. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« M'a-t-il donc pardonné ? Son corps alla cogner contre le tronc d'un chêne... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Eh quoi, n'est-on pas parvenu à greffer sur le dos d'un rat vivant la queue détachée du corps d'un autre rat ? Essaie donc pareillement de transporter dans ton imagination les diverses modifications de ma raison cadavérique. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« je le voyais maintenant, l'homme à l'encéphale dépourvu de protubérance annulaire ! je recherchais vaguement, dans les replis de ma mémoire, dans quelle contrée torride ou glacée, j'avais déjà remarqué ce bec très-long, large, convexe, en voûte, à arête marquée, onguiculée, renflée et très crochue à son extrémité ; ces bords dentelés, droits ; cette mandibule inférieure, à branches séparées jusqu'auprès de la pointe ; cet intervalle rempli par une peau membraneuse ; cette large poche, jaune et sacciforme, occupant toute la gorge et pouvant se distendre considérablement ; et ces narines très étroites, longitudinales, presque imperceptibles, creusées dans un sillon bazal ! Si cet être vivant, à respiration pulmonaire et simple, à corps garni de poils, avait été un oiseau entier jusqu'à la plante des pieds, et non plus seulement jusqu'aux épaules, il ne m'aurait pas alors été si difficile de le reconnaître : chose très facile à faire, comme vous allez le voir vous-même. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Tandis que moi, qui suis un homme, en présence d'un drame non moins grand, je ne sais si je conservai assez d'empire sur moi-même, pour que les muscles de ma figure restassent immobiles ! Dès que le scarabée fut arrivé au bas du tertre, l'homme leva son bras vers l'ouest (précisément, dans cette direction, un vautour des agneaux et un grand-duc de Virginie avaient engagé un combat dans les airs), essuya sur son bec une longue larme qui présentait un système de coloration diamantée, et dit au scarabée : "Malheureuse boule ! ne l'as-tu pas fait rouler assez longtemps ? Ta vengeance n'est pas encore assouvie ; et, déjà, cette femme, dont tu avais attaché, avec des colliers de perles, les jambes et les bras, de manière à réaliser un polyèdre amorphe, afin de la traîner, avec tes tarses, à travers les vallées et les chemins, sur les ronces et les pierres (laisse-moi m'approcher pour voir si c'est encore elle !), a vu ses os se creuser de blessures, ses membres se polir par la loi mécanique du frottement rotatoire, se confondre dans l'unité de la coagulation, et son corps présenter, au lieu des linéaments primordiaux et des courbes naturelles, l'apparence monotone d'un seul tout homogène qui ne ressemble que trop, par la confusion de ses divers éléments broyés, à la masse d'une sphère ! Il y a longtemps qu'elle est morte ; laisse ces dépouilles à la terre, et prends garde d'augmenter, dans d'irréparables proportions, la rage qui te consume : ce n'est plus de la justice ; car, l'égoïsme, caché dans les téguments de ton front, soulève lentement, comme un fantôme, la draperie qui le recouvre." » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Mais, sais-tu si, malgré la situation anormale des atomes de cette femme, réduite à pâte de pétrin (il n'est pas maintenant question de savoir si l'on ne croirait pas, à la première investigation, que ce corps ait été augmenté d'une quantité notable de densité plutôt par l'engrenage de deux fortes roues que par les effets de ma passion fougueuse), elle n'existe pas encore ? Tais-toi, et permets que je me venge." » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Ce n'est pas que mon corps nage dans le lac de la douleur ; passe alors. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Lorsque l'aurore apparaît, elle me retrouve dans la même position, le corps appuyé verticalement, et debout contre le plâtre de la muraille froide. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« le corps n'est plus qu'un cadavre qui respire. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« mais qui donc ose, ici, comme un conspirateur, traîner les anneaux de son corps vers ma poitrine noire ? Qui que tu sois, excentrique python, par quel prétexte excuses-tu ta présence ridicule ? est-ce un vaste remords qui te tourmente ? Car, vois-tu, boa, ta sauvage majesté n'a pas, je le suppose, l'exorbitante prétention de se soustraire à la comparaison que j'en fais avec les traits du criminel. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Ces corps de marbre sont irrités contre toi ; évite leurs regards vitreux. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« je baise votre visage, je baise votre poitrine, je baise, avec mes lèvres suaves, les diverses parties de votre corps harmonieux et parfumé. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« le fossoyeur achève le creusement de la fosse ; l'on y dépose le cercueil avec toutes les précautions prises en pareil cas ; quelques pelletées de terre inattendues viennent recouvrir le corps de l'enfant. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« "Oui, ajouta-t-il de nouveau, ma confiance est grande dans cette prochaine rencontre ; alors, on comprendra, mieux qu'auparavant, quel sens il fallait attacher à la séparation temporaire de l'âme et du corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Quand elle s'est assurée que le silence règne aux alentours, elle retire successivement, des profondeurs de son nid, sans le secours de la méditation, les diverses parties de son corps, et s'avance à pas comptés vers ma couche. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Chose remarquable ! moi qui fais reculer le sommeil et les cauchemars, je me sens paralysé dans la totalité de mon corps, quand elle grimpe le long des pieds d'ébène de mon lit de satin. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Hélas ! nous sommes maintenant arrivés dans le réel, quant à ce qui regarde la tarentule, et, quoique l'on pourrait mettre un point d'exclamation à la fin de chaque phrase, ce n'est peut-être pas une raison pour s'en dispenser ! elle s'est assurée que le silence règne aux alentours ; la voilà qui retire successivement des profondeurs de son nid, sans le secours de la méditation, les diverses parties de son corps, et s'avance à pas comptés vers la couche de l'homme solitaire. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Sa chemise seule recouvre son corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Vous avez reconnu le héros imaginaire qui, depuis un long temps, brise par la pression de son individualité ma malheureuse intelligence ! Tantôt Maldoror se rapproche de Mervyn, pour graver dans sa mémoire les traits de cet adolescent ; tantôt, le corps rejeté en arrière, il recule sur lui-même comme le boomérang d'Australie, dans la deuxième période de son trajet, ou plutôt, comme une machine infernale. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Appuyant le poignet sur les bras du fauteuil, il s'éloigne de son siége ordinaire, et s'avance, avec inquiétude, quoique affaibli par les ans, vers le corps immobile de son premier-né. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Dirigez-vous du côté où se trouve le lac des cygnes ; et, je vous dirai plus tard pourquoi il s'en trouve un de complétement noir parmi la troupe, et dont le corps, supportant une enclume, surmontée du cadavre en putréfaction d'un crabe tourteau, inspire à bon droit de la méfiance à ses autres aquatiques camarades. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Aujourd'hui, sous l'impression des blessures que mon corps a reçues dans diverses circonstances, soit par la fatalité de ma naissance, soit par le fait de ma propre faute ; accablé par les conséquences de ma chute morale (quelques-unes ont été accomplies ; qui prévoira les autres ?) ; spectateur impassible des monstruosités acquises ou naturelles, qui décorent les aponévroses et l'intellect de celui qui parle, je jette un long regard de satisfaction sur la dualité qui me compose... » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« "je te couronne roi des intelligences, s'écrie-t-il avec une emphase préméditée ; à ton moindre appel j'accourrai ; puise à pleines mains dans mes coffres ; de corps et d'âme je t'appartiens. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Il pencha son corps en avant, et il retomba sur le carreau. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Il dit, et il retire toutes les parties de son corps du fond de l'ouverture obscure. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Voici ce qu'il fit : il déplia le sac qu'il portait, dégagea l'ouverture, et, saisissant l'adolescent par la tête, il fit passer le corps entier dans l'enveloppe de toile. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Il retira du puits la queue de poisson et lui promit de la rattacher à son corps perdu, si elle annonçait au Créateur l'impuissance de son mandataire à dominer les vagues en fureur de la mer maldororienne. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« la fronde siffle dans l'espace ; le corps de Mervyn la suit partout, toujours éloigné du centre par la force centrifuge, toujours gardant sa position mobile et équidistante, dans une circonférence aérienne, indépendante de la matière. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Dans le parcours de sa parabole, le condamné à mort fend l'atmosphère, jusqu'à la rive gauche, la dépasse en vertu de la force d'impulsion que je suppose infinie, et son corps va frapper le dôme du Panthéon, tandis que la corde étreint, en partie, de ses replis, la paroi supérieure de l'immense coupole. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
Les meilleurs auteurs de romans et de drames dénatureraient à la longue la fameuse idée du bien, si les corps enseignants, conservatoires du juste, ne retenaient les générations jeunes et vieilles dans la voie de l'honnêteté et du travail. » (Poésies I)
« Ne faites pas comme ces explorateurs sans pudeur, magnifiques, à leurs yeux, de mélancolie, qui trouvent des choses inconnues dans leur esprit et dans leur corps !
la mélancolie et la tristesse sont déjà le commencement du doute ; le doute est le commencement du désespoir ; le désespoir est le commencement cruel des différents degrés de la méchanceté. » (Poésies I)
« le corps noirci de brûlures, le laboureur sortait de la maison, engageait avec les pélicans un combat atroce. » (Poésies I)
« Ils respectaient l'enfance, la vieillesse, ce qui respire comme ce qui ne respire pas, rendaient hommage à la femme, consacraient à la pudeur les parties que le corps se réserve de nommer. » (Poésies II)
« l'objet ce ces gens qui jouent à la paume avec tant d'application d'esprit, d'agitation de corps, est celui de se vanter avec leurs amis qu'ils ont mieux joué qu'un autre. » (Poésies II)
« ... Pardon, Monsieur, j'ai une prière à vous faire: si mon père envoyait d'autres fonds avant le 1er septembre, époque à laquelle mon corps fera une apparition devant la porte de votre banque, vous aurez la bonté de me le faire savoir ? » (Lettre III (22/5/1869))