« Souvent, je me suis demandé quelle chose était le plus facile à reconnaître : la profondeur de l’océan ou la profondeur du cœur humain ! Souvent, la main portée au front, debout sur les vaisseaux, tandis que la lune se balançait entre les mâts d’une façon irrégulière, je me suis surpris, faisant abstraction de tout ce qui n’était pas le but que je poursuivais, m’efforçant de résoudre ce difficile problème ! » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Il est difficile de supposer que, touchant les ruses et la méchanceté, ta redoutable résolution soit de surpasser l’enfant de mon imagination. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Lorsque, dans l’âge mûr, il est si difficile de maîtriser les passions, balancé entre le bien et le mal, qu’est-ce dans un esprit, encore plein d’inexpérience ? et quelle somme d’énergie relative ne lui faut-il pas en plus ? L’enfant en sera quitte pour garder le lit trois jours. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O toi, Holzer, qui te croyais si raisonnable et si fort, n’as-tu pas vu, par ton exemple même, comme il est difficile, dans un accès de désespoir, de conserver le sang-froid dont tu te vantes. J’espère que tu ne me causeras plus un pareil chagrin, et moi, de mon côté, je t’ai promis de ne jamais attenter à ma vie. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« La victoire a été difficile ; n’importe, tu l’as remportée : il faut, au moins, dire la vérité... » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Oh ! vous ne saurez jamais comme de tenir constamment les rênes de l’univers devient une chose difficile ! Le sang monte quelquefois à la tête, quand on s’applique à tirer du néant une dernière comète, avec une nouvelle race d’esprits. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Cette guerre terrible jettera la douleur dans les deux partis : deux amis qui cherchent obstinément à se détruire, quel drame ! » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Mes raisonnements se choqueront quelquefois contre les grelots de la folie et l’apparence sérieuse de ce qui n’est en somme que grotesque (quoique, d’après certains philosophes, il soit assez difficile de distinguer le bouffon du mélancolique, la vie elle-même étant un drame comique ou une comédie dramatique) ; cependant, il est permis à chacun de tuer des mouches et même des rhinocéros, afin de se reposer de temps en temps d’un travail trop escarpé. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« C’est très difficile d’apprendre à rire. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Il est entendu, sinon ne me lisez pas, que je ne mets en scène que la timide personnalité de mon opinion : loin de moi, cependant, la pensée de renoncer à des droits qui sont incontestables ! Certes, mon intention n’est pas de combattre cette affirmation, où brille le criterium de la certitude, qu’il est un moyen plus simple de s’entendre ; il consisterait, je le traduis avec quelques mots seulements, mais, qui en valent plus de mille, à ne pas discuter : il est plus difficile à mettre en pratique que ne le veut bien penser généralement le commun des mortels. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Mais, est-ce un front ? Il n’est pas difficile de mettre beaucoup d’hésitation à le croire. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Et que, tel autre jour, pour parler en deuxième et dernier lieu de choses subjectives, son âme présenta au regard investigateur de la psychologie, je ne vais pas jusqu’à dire une aberration de la raison (qui, cependant, n’en serait pas moins curieuse ; au contraire, elle le serait davantage), mais, du moins, pour ne pas faire le difficile auprès de certaines personnes froides, qui ne me pardonneraient jamais les élucubrations flagrantes de mon exagération, un état inaccoutumé, assez souvent très-grave, qui marque que la limite accordée par le bon sens à l’imagination est quelquefois, malgré le pacte éphemère conclu entre ces deux puissances, malheureusement dépassée par la pression énergique de la volonté, mais, la plupart du temps aussi, par l’absence de sa collaboration effective : donnons à l’appui quelques exemples, dont il n’est pas difficile d’apprécier l’opportunité ; si, toutefois, l’on prend pour compagne une attentive modération. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Je le voyais maintenant, l’homme à l’encéphale dépourvu de protubérance annulaire ! Je recherchais vaguement, dans les replis de ma mémoire, dans quelle contrée torride ou glacée, j’avais déjà remarqué ce bec très-long, large, convexe, en voûte, à arête marquée, onguiculée, renflée et très crochue à son extrémité ; ces bords dentelés, droits ; cette mandibule inférieure, à branches séparées jusqu’auprès de la pointe ; cet intervalle rempli par une peau membraneuse ; cette large poche, jaune et sacciforme, occupant toute la gorge et pouvant se distendre considérablement ; et ces narines très étroites, longitudinales, presque imperceptibles, creusées dans un sillon bazal ! Si cet être vivant, à respiration pulmonaire et simple, à corps garni de poils, avait été un oiseau entier jusqu’à la plante des pieds, et non plus seulement jusqu’aux épaules, il ne m’aurait pas alors été si difficile de le reconnaître : chose très facile à faire, comme vous allez le voir vous-même. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« L’appartement a disparu : prosternez-vous, humains, dans la chapelle ardente ! Quelquefois, s’efforçant inutilement de vaincre les imperfections de l’organisme, au milieu du sommeil le plus lourd, le sens magnétisé s’aperçoit avec étonnement qu’il n’est plus qu’un bloc de sépulture, et raisonne admirablement, appuyé sur une subtilité incomparable : "Sortir de cette couche est un problème plus difficile qu’on ne le pense. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Il faut, je le sais, étayer d’un grand nombre de preuves l’argumentation qui se trouve comprise dans mon théorème ; eh bien, ces preuves existent, et vous savez que je n’attaque personne, sans avoir des motifs sérieux ! Je ris à gorge déployée, quand je songe que vous me reprochez de répandre d’amères accusations contre l’humanité, dont je suis un des membres (cette seule remarque me donnerait raison ! ) et contre la Providence : je ne rétracterai pas mes paroles ; mais, racontant ce que j’aurai vu, il ne me sera pas difficile, sans autre ambition que la vérité, de les justifier. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Or, depuis les jours de ma naissance, où je vivais avec les premiers aïeuls de notre race, encore inexpérimenté dans la tension de mes embûches ; depuis les temps reculés, placés, au delà de l’histoire, où, dans de subtiles métamorphoses, je ravageais, à diverses époques, les contrées du globe par les conquêtes et le carnage, et répandais la guerre civile au milieu des citoyens, n’ai-je pas déjà écrasé sous mes talons, membre par membre ou collectivement, des générations entières, dont il ne serait pas difficile de concevoir le chiffre innombrable ? Le passé radieux a fait de brillantes promesses à l’avenir : il les tiendra. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Qui aurait désiré lire dans la pensée de ces deux êtres ? Le premier ne se cachait pas qu’il avait une mission difficile à accomplir : "Et comment réussir, s’écriait-il, pendant que les vagues grossissantes battaient son refuge temporaire, là où mon maître a vu plus d’une fois échouer sa force et son courage ? Moi, je ne suis qu’une substance limitée, tandis que l’autre, personne ne sait d’où il vient et quel est son but final. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« La mission de la poésie est difficile. » (Poésies II)
« Vous avez mis en vigueur le déplorable système de méfiance prescrit par la bizarrerie de mon père ; mais vous avez deviné que mon mal de tête ne m’empêche pas de considérer avec attention la difficile situation où vous a placé jusqu’ici une feuille de papier à lettre venue de l’Amérique du Sud, dont le principal défaut était le manque de clarté; car je ne mets pas en ligne de compte la malsonnance de certaines observations mélancoliques qu’on pardonne aisément à un vieillard, et qui m’ont paru, à la première lecture, avoir eu l’air de vous imposer, à l’avenir peut-être, la nécessité de sortir de votre rôle strict de banquier, vis-à-vis d’un monsieur qui vient habiter la capitale... » (Lettre III (22/5/1869))