Contextes de " eau "
« Plût au ciel que le lecteur, enhardi et
devenu momentanément féroce comme ce quil lit, trouve,
sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers
les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de
poison ; car, à moins quil napporte dans sa
lecture une logique rigoureuse et une tension desprit
égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce
livre imbiberont son âme comme leau le
sucre. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Le bandage est fini : mon front
étanché a été lavé avec de leau salée, et
jai croisé des bandelettes à travers mon visage. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Tu iras chercher à la fontaine deux
seaux deau. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Dans un moment dégarement, je
pourrais te prendre les bras, les tordre comme un linge lavé
dont on exprime leau, ou les casser avec fracas,
comme deux branches sèches, et te les faire ensuite manger, en
employant la force. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O lecteur, ce dernier détail ne te
fait-il pas venir leau à la bouche ? Nen
mange pas qui veut dune pareille cervelle, si bonne, toute
fraîche, et qui vient dêtre pêchée il ny a
quun quart dheure dans le lac aux poissons. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Comme une goutte deau. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Le roulis de ces masses aqueuses
nétait pas parvenu à rompre les chaînes des
ancres ; mais, leurs secousses avaient entrouvert une
voie deau, sur les flancs du navire. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Brèche énorme ; car, les pompes
ne suffisent pas à rejeter les paquets deau salée
qui viennent, en écumant, sabattre sur le pont, comme des
montagnes. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Chacun se dit quune fois dans
leau, il ne pourra plus respirer ; car,
daussi loin quil fait revenir sa mémoire, il ne se
reconnaît aucun poisson pour ancêtre ; mais, il
sexhorte à retenir son souffle le plus longtemps possible,
afin de prolonger sa vie de deux ou trois secondes ;
cest là lironie vengeresse quil veut adresser
à la mort... Le navire en détresse tire des coups de canon
dalarme ; mais, il sombre avec lenteur... avec
majesté. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il avalait des litres deau,
et senfonçait dans labîme, ballotté comme un
liége. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Alors, dun commun accord, entre
deux eaux, ils glissèrent lun vers lautre, avec une
admiration mutuelle, la femelle de requin écartant leau
de ses nageoires, Maldoror battant londe avec ses
bras ; et retinrent leur souffle, dans une vénération
profonde, chacun désireux de contempler, pour la première fois,
son portrait vivant. » (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« Aucun nose renverser le noyé,
pour lui faire rejeter leau qui remplit son
corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il soulève le jeune homme sans
dégoût, et lui fait rejeter leau avec
abondance. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Lhomme se dégageait du moule que
son corps avait creusé dans le sable, exprimait leau
de ses cheveux mouillés, et, reprenait, le front muet et
penché, le chemin de la vie. » (Les Chants de Maldoror
- Chant II)
« Amour affamé, qui se dévorerait
lui-même, sil ne cherchait sa nourriture dans des fictions
célestes : créant, à la longue, une pyramide de séraphins,
plus nombreux que les insectes qui fourmillent dans une goutte
deau, il les entrelacera dans une ellipse quil
fera tourbillonner autour de lui. » (Les Chants de
Maldoror - Chant III)
« Elle a perdu sa grâce et sa beauté
primitives ; sa démarche est ignoble, et son haleine
respire leau-de-vie. » (Les Chants de
Maldoror - Chant III)
« Courage, beau dragon ; enfonce-lui
tes griffes vigoureuses, et que le sang se mêle au sang, pour
former des ruisseaux où il ny ait pas deau. »
(Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Jétais sur un pont, dont les
piles plongeaient dans leau fangeuse dun
fossé de ceinture. » (Les Chants de Maldoror - Chant
III)
« Mettant ses mains, ainsi quune
couronne, sur les immondices de toutes sortes qui pressaient le
sol de leur poids, tandis quil avait encore la jambe
engagée dans les torsions de la grille, il reprenait ainsi sa
posture naturelle, allait tremper ses mains dans un baquet
boiteux, dont leau savonnée avait vu
sélever, tomber des générations entières, et
séloignait ensuite, le plus vite possible, de ces ruelles
faubouriennes, pour aller respirer lair pur vers le centre
de la ville. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il est utile de boire un verre deau,
avant dentreprendre la suite de mon travail. » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Je ne connais pas leau des
fleuves, ni la rosée des nuages. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« La haine est plus bizarre que tu ne le
penses ; sa conduite est inexplicable, comme
lapparence brisée dun bâton enfoncé dans leau. »
(Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Mes draps sont constamment mouillés,
comme sils avaient été passés dans leau,
et, chaque jour, je les fais changer. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Qui parle ici
dappropriation ? Que lon sache bien que
lhomme, par sa nature multiple et complexe, nignore
pas les moyens den élargir encore les frontières ;
il vit dans leau, comme lhippocampe ; à
travers les couches supérieures de lair, comme
lorfraie ; et sous la terre, comme la taupe, le
cloporte et la sublimité du vermiceau. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Jai vécu, pendant quinze ans,
dans un cachot, avec des larves et de leau fangeuse
pour toute nourriture. » (Les Chants de Maldoror - Chant
IV)
« Mais (chose importante à représenter)
noubliez pas chaque jour de laver la peau de vos parties,
avec de leau chaude, car, sinon, des chancres
vénériens pousseraient infailliblement sur les commissures
fendues de mes lèvres inassouvies. » (Les Chants de
Maldoror - Chant V)
« Mais quel mystère sétait donc
passé sous leau, pour quune longue trace de
sang saperçût à travers les vagues ? Revenus à la
surface, toi, tu continuais de nager, et tu faisais semblant de
ne pas remarquer la faiblesse croissante de ton
compagnon. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Enfants, allez vous amuser dans le parc,
et prenez garde, en admirant la natation des cygnes, de ne pas
tomber dans la pièce deau... » (Les Chants
de Maldoror - Chant VI)
« Plût au ciel que le crabe tourteau
rejoigne à temps la caravane des pèlerins, et leur apprenne en
quelques mots la narration du chiffonnier de Clignancourt
! » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Il va faire un bond sur leau,
pour se diriger à la nage vers le pardonné. » (Les
Chants de Maldoror - Chant VI)
« Le crabe, mortellement atteint, tombe
dans leau. » (Les Chants de Maldoror -
Chant VI)
« Il a mis sur son dos une enclume et un
cadavre ; il sachemine vers une vaste pièce deau,
dont toutes les rives sont couvertes et comme murées par un
inextricable fouillis de grands joncs. » (Les Chants de
Maldoror - Chant VI)
« Et, alors, il circonscrivit ses
plongeons dans une baie écartée, à lextrémité de la
pièce deau, seul parmi les habitants de lair,
comme il létait parmi les hommes ! Cest ainsi
quil préludait à lincroyable événement de la
place Vendôme ! » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« La pluie avait laissé quelques gouttes
deau au fond de cet entonnoir, creusé dans le
sable. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Toute leau de la mer ne
suffirait pas à laver une tache de sang intellectuelle. »
(Poésies I)
« Une goutte deau ne suffit
pas à sa préservation. » (Poésies II)
« Mais, le tout est tombé dans leau. »
(Lettre VII (12/3/1870))
Contextes de " eaux "
« Alors, les mers soulèvent leurs eaux,
engloutissent dans leurs abîmes les planches ; les
ouragans, les tremblements de terre renversent les maisons ;
la peste, les maladies diverses déciment les familles
priantes. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Elle alla retomber dans un lac, dont les
eaux sabaissèrent un instant, tournoyantes, en
creusant un immense cône renversé. » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
Vieil océan, tes eaux sont amères. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Dis-le moi... dis-le moi, océan (à moi
seul, pour ne pas attrister ceux qui nont encore connu que
les illusions), et si le souffle de Satan crée les tempêtes qui
soulèvent tes eaux salées jusquaux nuages. »
(Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - Nest-ce pas, fossoyeur, que tu
voudras causer avec moi ? Un cachalot sélève peu à
peu du fond de la mer, et montre sa tête au-dessus des eaux,
pour voir le navire qui passe dans ces parages
solitaires. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Buenos-Ayres, la reine du Sud, et
Montevideo, la coquette, se tendent une main amie, à travers les
eaux argentines du grand estuaire. » (Les Chants
de Maldoror - Chant I)
« Lapparition de cette comète
enflammée ne reluira plus, comme un triste sujet de curiosité
fanatique, sur la façade de ton observation déçue ; et,
tu penseras souvent, trop souvent, peut-être toujours, à celui
qui ne paraissait pas sinquiéter des maux, ni des biens de
la vie présente, et sen allait au hasard, avec une figure
horriblement morte, les cheveux hérissés, la démarche
chancelante, et les bras nageant aveuglément dans les eaux
ironiques de léther, comme pour y chercher la proie
sanglante de lespoir, ballottée continuellement, à
travers les immenses régions de lespace, par le
chasse-neige implacable de la fatalité. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Ses pieds plongeaient dans une vaste
mare de sang en ébullition, à la surface duquel
sélevaient tout à coup, comme des ténias à travers le
contenu dun pot de chambre, deux ou trois têtes prudentes,
et qui sabaissaient aussitôt, avec la rapidité de la
flèche : un coup de pied, bien appliqué sur los du nez,
était la récompense connue de la révolte au règlement,
occasionnée par le besoin de respirer un autre milieu ;
car, enfin, ces hommes nétaient pas des
poissons ! Amphibies tout au plus, ils nageaient entre deux eaux
dans ce liquide immonde ! ... jusquà ce que, nayant
plus rien dans la main, le Créateur, avec les deux premières
griffes du pied, saisît un autre plongeur par le cou, comme dans
une tenaille, et le soulevât en lair, en dehors de la vase
rougeâtre, sauce exquise ! Pour celui-là, il faisait comme
pour lautre. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O pou, à la prunelle recroquevillée,
tant que les fleuves répandront la pente de leurs eaux
dans les abîmes de la mer ; tant que les astres graviteront
sur le sentier de leur orbite ; tant que le vide muet
naura pas dhorizon ; tant que lhumanité
déchirera ses propres flancs par des guerres funestes ;
tant que la justice divine précipitera ses foudres vengeresses
sur ce globe égoïste ; tant que lhomme méconnaîtra
son créateur, et se narguera de lui, non sans raison, en y
mêlant du mépris, ton règne sera assuré sur lunivers,
et ta dynastie étendra ses anneaux de siècle en
siècle. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Elle tourbillonne, pendant quelques
instants, et senfonce définitivement dans les eaux
bourbeuses. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Elle savance lentement, sur les eaux,
passe sous les arches du pont de la Gare et du pont
dAusterlitz, et continue son sillage silencieux, sur la
Seine, jusquau pont de lAlma. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Il ne sait pas que le vaisseau, en
senfonçant, occasionne une puissante circonvolution des
houles autour delles-mêmes ; que le limon bourbeux
sest mêlé aux eaux troublées, et quune
force qui vient de dessous, contre-coup de la tempête qui exerce
ses ravages en haut, imprime à lélément des mouvements
saccadés et nerveux. » (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« Au moment le plus furieux de la
tempête, je vis, surnageant sur les eaux, avec des
efforts désespérés, une tête énergique, aux cheveux
hérissés. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Le sang se mêle aux eaux, et les
eaux se mêlent au sang. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« Leurs yeux féroces éclairent
suffisamment la scène du carnage... Mais, quel est encore ce
tumulte des eaux, là-bas, à lhorizon ? On
dirait une trombe qui sapproche. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« Alors, dun commun accord, entre
deux eaux, ils glissèrent lun vers lautre,
avec une admiration mutuelle, la femelle de requin écartant
leau de ses nageoires, Maldoror battant londe avec
ses bras ; et retinrent leur souffle, dans une vénération
profonde, chacun désireux de contempler, pour la première fois,
son portrait vivant. » (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« Le cadavre gonflé se soutient sur les eaux ;
il disparaît sous larche dun pont ; mais, plus
loin, on le voit apparaître de nouveau, tournant lentement sur
lui-même, comme une roue de moulin, et senfonçant par
intervalles. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Le Créateur continua, accusé
reparaissant devant son propre tribunal : "Et les hommes,
que penseront-ils de moi, dont ils avaient une opinion si
élevée, quand ils apprendront les errements de ma conduite, la
marche hésitante de ma sandale, dans les labyrinthes boueux de
la matière, et la direction de ma route ténébreuse à travers
les eaux stagnante et les humides joncs de la mare où,
recouvert de brouillards, bleuit et mugit le crime, à la patte
sombre ! ... » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Écoute, à moins que tu ne sois la
faible condensation dun brouillard (tu caches ton corps
quelque part, et je ne puis le rencontrer) : un matin, que je vis
une petite fille qui se penchait sur un lac, pour cueillir un
lotus rose, elle affermit ses pas, avec une expérience
précoce ; elle se penchait vers les eaux, quand ses
yeux rencontrèrent mon regard (il est vrai que, de mon côté,
ce nétait pas sans préméditation). » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Hélas ! je voudrais dérouler mes
raisonnements et mes comparaisons lentement et avec beaucoup de
magnificence (mais qui dispose de son temps ?), pour que chacun
comprenne davantage, sinon mon épouvante, du moins ma
stupéfaction, quand, un soir dété, comme le soleil
semblait sabaisser à lhorizon, je vis nager, sur la
mer, avec de larges pattes de canard à la place des extrémités
des jambes et des bras, porteur dune nageoire dorsale,
proportionnellement aussi longue et aussi effilée que celle des
dauphins, un être humain, aux muscles vigoureux, et que des
bancs nombreux de poissons (je vis, dans ce cortége, entre
autres habitants des eaux, la torpille, lanarnak
groënlandais et le scorpène-horrible) suivaient avec les
marques très-ostensibles de la plus grande admiration. » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Chacun a le bon sens de confesser sans
difficulté (quoique avec un peu de mauvaise grâce) quil
ne saperçoit pas, au premier abord, du rapport, si
lointain quil soit, que je signale entre la beauté du vol
du milan royal, et celle de la figure de lenfant,
sélevant doucement, au-dessus du cercueil découvert,
comme un nénuphar qui perce la surface des eaux ; et
voilà précisément en quoi consiste limpardonnable faute
quentraîne linamovible situation dun manque de
repentir, touchant lignorance volontaire dans laquelle on
croupit. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
Voir la fiche boissons.