Contextes de " farouche "
« Tout à coup, ils sarrêtent,
regardent de tous les côtés avec une inquiétude farouche,
lil en feu ; et, de même que les éléphants,
avant de mourir, jettent dans le désert un dernier regard au
ciel, élevant désespérément leur trompe, laissant leurs
oreilles inertes, de même les chiens laissent leurs oreilles
inertes, élèvent la tête, gonflent le cou terrible, et se
mettent à aboyer, tour à tour, soit comme un enfant qui crie de
faim, soit comme un chat blessé au ventre au-dessus dun
toit, soit comme une femme qui va enfanter, soit comme un
moribond atteint de la peste à lhôpital, soit comme une
jeune fille qui chante un air sublime, contre les étoiles au
nord, contre les étoiles à lest, contre les étoiles au
sud, contre les étoiles à louest ; contre la lune
; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Oh ! quand tu tavances, la
crête haute et terrible, entouré de tes replis tortueux comme
dune cour, magnétiseur et farouche, roulant tes
ondes les unes sur les autres, avec la conscience de ce que tu
es, pendant que tu pousses, des profondeurs de ta poitrine, comme
accablé dun remords intense que je ne puis pas découvrir,
ce sourd mugissement perpétuel que les hommes redoutent tant,
même quand ils te contemplent, en sûreté, tremblants sur le
rivage, alors, je vois quil ne mappartient pas, le
droit insigne de me dire ton égal. » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« Après avoir dit cela, il se replace
dans son attitude farouche, et continue de regarder, avec
un tremblement nerveux, la chasse à lhomme, et les grandes
lèvres du vagin dombre, doù découlent, sans cesse,
comme un fleuve, dimmenses spermatozoïdes ténébreux qui
prennent leur essor dans léther lugubre, en cachant, avec
le vaste déploiement de leurs ailes de chauve-souris, la nature
entière, et les légions solitaires de poulpes, devenues mornes
à laspect de ces fulgurations sourdes et
inexprimables. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Quand il voit, à lhorizon, cette
chevelure noire, balancée par le vent, il nencourage pas
sa force dinertie, et prend la fuite avec une vitesse
incomparable ! Faut-il voir, dans ce phénomène
psychologique, une intelligence supérieure à lordinaire
instinct des mammifères ? Sans rien certifier et même sans
rien prévoir, il me semble que lanimal a compris ce que
cest que le crime ! Comment ne le comprendrait-il pas,
quand des êtres humains, eux-mêmes, ont rejeté, jusquà
ce point indescriptible, lempire de la raison, pour ne
laisser subsister, à la place de cette reine détrônée,
quune vengeance farouche ! » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Humiliation ! notre porte est
ouverte à la curiosité farouche du Céleste
Bandit. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« O misérable ! as-tu attendu
jusquà cette heure pour entendre les murmures et les
complots qui, sélevant simultanément de la surface des
sphères, viennent raser dune aile farouche les
rebords papillacés de ton destructible tympan ? Il
nest pas loin, le jour, où mon bras te renversera dans la
poussière, empoisonnée par ta respiration, et, arrachant de tes
entrailles une nuisible vie, laissera sur le chemin ton cadavre,
criblé de contorsions, pour apprendre au voyageur consterné,
que cette chair palpitante, qui frappe sa vue détonnement,
et cloue dans son palais sa langue muette, ne doit plus être
comparée, si lon garde son sang-froid, quau tronc
pourri dun chêne, qui tomba de vétusté ! Quelle
pensée de pitié me retient devant ta présence ?
Toi-même, recule plutôt devant moi, te dis-je, et va laver ton
incommensurable honte dans le sang dun enfant qui vient de
naître : voilà quelles sont tes habitudes. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
Contextes de " farouches "
« Les hommes, eux, mettent leur gloire à
timiter ; cest pourquoi la bonté sainte ne
reconnaît pas son tabernacle dans leurs yeux farouches :
tel père, tel fils. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« La jeune fille lui présente la croix
dor qui ornait son cou, afin quil
lépargne ; elle navait pas osé le présenter
aux yeux farouches de celui qui, dabord, avait eu la
pensée de profiter de la faiblesse de son âge. » (Les
Chants de Maldoror - Chant III)