grillon

Contextes de " grillon "

« Que t'avais-je fait pour me donner des oreilles si longues ? Il n'y a pas jusqu'au grillon qui ne me méprise." » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« N'avez-vous pas remarqué la gracilité d'un joli grillon, aux mouvements alertes, dans les égouts de Paris ? Il n'y a que celui-là : c'était Maldoror ! Magnétisant les florissantes capitales, avec un fluide pernicieux, il les amène dans un état léthargique où elle sont incapables de se surveiller comme il le faudrait. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

Contextes de " grillons "

« Quand une comète, pendant la nuit, apparaît subitement dans une région du ciel, après quatre vingts ans d'absence, elle montre aux habitants terrestres et aux grillons sa queue brillante et vaporeuse. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Les grillons et les crapauds suivent à quelques pas la fête mortuaire ; eux, aussi, n'ignorent pas que leur modeste présence aux funérailles de quiconque leur sera un jour comptée. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)


Dans Frantext, il y a huit occurrences de l' association « grillons et crapauds » dans la littérature :
 

« Nez de mouches et becs d' oiseaux,
Suivant mille métamorphoses,
Grenouilles, grillons et crapauds,
Ce sont bien là nos virtuoses. » (Nerval, Faust, 1828, II, p. 170)

« Grenouilles, grillons et crapauds,
Tenez-vous au moins en mesure. » (Ibid., p. 172)

« Nez de mouches et becs d' oiseaux,
Grenouilles, grillons et crapauds,
Ah ! » (Ibid., p. 175)


Et, après Lautréamont :
 

« La louange au beau temps était passée subitement des grillons aux crapauds. » (Giraudoux, Suzanne et le Pacifique, 1921, I, p. 19)

« Mais la plaine, à leurs pieds, se peuplait d' une vie mystérieuse : grillons, crapauds, coucous, dont les voix étaient parfois
dominées par le hululement d' une chouette ou d' un hibou. » (Arland, L'Ordre, 1929, I, p. 51)

« Les grillons le long des vieux remparts, les crapauds jalonnant les mares jusqu'au lac, les chiens protecteurs des jardins, les rapaces situant les grands arbres, la sirène périodique des bateaux, qui ancre solidement la ville au port... Tout cela me sera-t-il un jour rendu ? » (A. Memmi, Agar, 1955, XV, p. 171).

« L' expressif monde nocturne : grillons, chouettes,
crapauds ; [...] » (R. Char, Trois Coups sous les arbres, 1967, « Sur les hauteurs, I Nuit », p. 845)


C est donc surtout chez Nerval que l'on trouve cette association. Chez ces auteurs, c'est le chant de ces animaux qui est mis en valeur. De même, chez Lautréamont: « Ils s'entretiennent à voix basse dans leur pittoresque langage (ne soyez pas assez présomptueux, permettez-moi de vous donner ce conseil non intéressé, pour croire que vous seul possédez la précieuse faculté de traduire les sentiments de votre pensée) ». On voit qu il s'intéresse à leur chant, qu'il qualifie de « langage ».
 

http://aaee.esigetel.fr/Lionel.Antoine/lpgmp/lpgmp.html : Ce site est celui de la Ligue de protection du grillon dans le métro parisien, il peut servir à nous rappeler que l' association grillon et égouts de Lautréamont n' est pas une pure invention. De plus, chez Lautréamont, cette association permet d associer Maldoror aux ténèbres (des sous-terrains par exemple).