« Tout à coup, ils s’arrêtent, regardent de tous les côtés avec une inquiétude farouche, l’œil en feu ; et, de même que les éléphants, avant de mourir, jettent dans le désert un dernier regard au ciel, élevant désespérément leur trompe, laissant leurs oreilles inertes, de même les chiens laissent leurs oreilles inertes, élèvent la tête, gonflent le cou terrible, et se mettent à aboyer, tour à tour, soit comme un enfant qui crie de faim, soit comme un chat blessé au ventre au-dessus d’un toit, soit comme une femme qui va enfanter, soit comme un moribond atteint de la peste à l’hôpital, soit comme une jeune fille qui chante un air sublime, contre les étoiles au nord, contre les étoiles à l’est, contre les étoiles au sud, contre les étoiles à l’ouest ; contre la lune ; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - Quand tu le replaceras dans sa position ordinaire, tu reparaîtras tel que la nature t’a formé, ô jeune magicien. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Lorsqu’un jeune homme voit, dans les bras de son ami, une femme qu’il idolâtrait, il se met alors à fumer un cigare ; il ne sort pas de la maison, et se noue d’une amitié indissoluble avec la douleur ; cet acte se comprend. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Toi, jeune homme, ne te désespère point ; car, tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Pauvre jeune homme ! ton visage était déjà assez maquillé par les rides précoces et la difformité de naissance, pour ne pas avoir besoin, en outre, de cette longue cicatrice sulfureuse ! (Je viens de supposer que la blessure est guérie, ce qui n’arrivera pas de sitôt.) » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Seul, un jeune homme, plongé dans la rêverie, au milieu de ces personnages de pierre, paraît ressentir de la pitié pour le malheur. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Faisant ma promenade quotidienne, chaque jour je passais dans une rue étroite ; chaque jour, une jeune fille svelte de dix ans me suivait, à distance, respectueusement, le long de cette rue, en me regardant avec des paupières sympathiques et curieuses. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Une fois, cette jeune fille me précéda dans la rue, et emboîta le pas devant moi. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Depuis ce jour, enfant à l’imagination inquiète et précoce, tu n’as plus revu, dans la rue étroite, le jeune homme mystérieux qui battait péniblement, de sa sandale lourde, le pavé des carrefours tortueux. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Moi, je ne veux pas croire à cette supposition, qui n’est qu’une hypothèse, et je préfère aimer, dans ce caractère romanesque, une âme qui se dévoile trop tôt... Ah ! vois-tu, jeune fille, je t’engage à ne plus reparaître devant mes yeux, si jamais je repasse dans la rue étroite. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Arrière... arrière, cette main ! ... Jeune fille, tu n’es pas un ange, et tu deviendras, en somme, comme les autres femmes. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Tu es encore trop jeune pour être le plus fort ; mais, dès aujourd’hui, tu peux employer la ruse, le plus bel instrument des hommes de génie. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« L’amour de la gloire excuse tout, et peut-être, plus tard, maître de tes semblables, leur feras-tu presque autant de bien que tu leur as fait du mal au commencement ! ...
Maldoror s’aperçoit que le sang bouillonne dans la tête de son jeune interlocuteur ; ses narines sont gonflées, et ses lèvres rejettent une légère écume blanche. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Un jour, donc, fatigué de talonner du pied le sentier abrupte du voyage terrestre, et de m’en aller, en chancelant comme un homme ivre, à travers les catacombes obscures de la vie, je soulevai avec lenteur mes yeux spleenétiques, cernés d’un grand cercle bleuâtre, vers la concavité du firmament, et j’osai pénétrer, moi, si jeune, les mystères du ciel ! Ne trouvant pas ce que je cherchais, je soulevai la paupière effarée plus haut, plus haut encore, jusqu’à ce que j’aperçusse un trône, formé d’excréments humains et d’or, sur lequel trônait, avec un orgueil idiot, le corps recouvert d’un linceul fait avec des draps non lavés d’hôpital, celui qui s’intitule lui-même le Créateur ! Il tenait à la main le tronc pourri d’un homme mort, et le portait, alternativement, des yeux au nez et du nez à la bouche ; une fois à la bouche, on devine ce qu’il en faisait. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Sur la tête d’un jeune mendiant des rues, observez, avec un microscope, un pou qui travaille ; vous m’en donnerez des nouvelles. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Ce nœud hideux devint, par le temps, de plus en plus immense, tout en acquérant la propriété liquide du mercure, et se ramifia en plusieurs branches, qui se nourrissent, actuellement, en se dévorant elles-mêmes (la naissance est plus grande que la mortalité), toutes les fois que je ne leur jette pas en pâture un bâtard qui vient de naître, et dont la mère désirait la mort, ou un bras que je vais couper à quelque jeune fille, pendant la nuit, grâce au chloroforme. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« C’était le matin ; le soleil se leva à l’horizon, dans toute sa magnificence, et voilà qu’à mes yeux se lève aussi un jeune homme, dont la présence engendrait des fleurs sur son passage. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« " On plaint le jeune homme qui s’est suicidé ; on l’admire ; mais, on ne l’imite pas. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« A-t-il encore dix-sept ans ? C’est mourir jeune ! La foule paralysée continue de jeter sur lui ses yeux immobiles... Il se fait nuit. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il soulève le jeune homme sans dégoût, et lui fait rejeter l’eau avec abondance. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Sauver la vie à quelqu’un, que c’est beau ! Et comme cette action rachète de fautes ! L’homme aux lèvres de bronze, occupé jusque-là à l’arracher de la mort, regarde le jeune homme avec plus d’attention, et ses traits ne lui paraissent pas inconnus. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Mario est plus jeune que moi ; l’humidité du temps et l’écume salée qui rejaillit jusqu’à nous amènent le contact du froid sur ses lèvres. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Le lendemain, elle s’échappait de nouveau, à travers les marguerites et les résédas ; parmi les rayons du soleil et le vol tournoyant des insectes éphémères ; ne connaissant que la coupe prismatique de la vie, pas encore le fiel ; heureuse d’être plus grande que la mésange ; se moquant de la fauvette, qui ne chante pas si bien que le rossignol ; tirant sournoisement la langue au vilain corbeau, qui la regardait paternellement ; et gracieuse comme un jeune chat. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Maldoror passait avec son bouledogue ; il voit une jeune fille qui dort à l’ombre d’un platane, et il la prit d’abord pour une rose. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Nu comme une pierre, il s’est jeté sur le corps de la jeune fille, et lui a levé la robe pour commettre un attentat à la pudeur... » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« L’esprit mécontent, il se rhabille avec précipitation, jette un regard de prudence sur la route poudreuse, où personne ne chemine, et ordonne au bouledogue d’étrangler avec le mouvement de ses mâchoires, la jeune fille ensanglantée. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« La jeune fille lui présente la croix d’or qui ornait son cou, afin qu’il l’épargne ; elle n’avait pas osé le présenter aux yeux farouches de celui qui, d’abord, avait eu la pensée de profiter de la faiblesse de son âge. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il s’approche de l’autel sacrificatoire, et voit la conduite de son bouledogue, livré à de bas penchants, et qui élevait sa tête au-dessus de la jeune fille, comme un naufragé élève la sienne, au-dessus des vagues en courroux. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Le bouledogue, en colère, s’enfuit dans la campagne, entraînant après lui, pendant un espace de route qui est toujours trop long, pour si court qu’il fût, le corps de la jeune fille suspendue, qui n’a été dégagé que grâce aux mouvements saccadés de la fuite ; mais, il craint d’attaquer son maître, qui ne le reverra plus. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Le sacrificateur s’aperçoit que la jeune fille, poulet vidé, est morte depuis longtemps ; il cesse la persévérance croissante de ses ravages, et laisse le cadavre redormir à l’ombre du platane. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Le crime y séjourne avec le vice ; un jour, ses amis attendirent en vain un jeune homme qui avait franchi la porte fatale." » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il appela, dans la cellule voisine, un jeune homme qui était venu dans cette maison pour passer quelques moments d’insouciance avec une de ces femmes, et lui enjoignit de venir se placer à un pas de ses yeux. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Ce que je sais, c’est qu’à peine le jeune homme fut à portée de sa main, que des lambeaux de chair tombèrent aux pieds du lit et vinrent se placer à mes côtés. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« En effet, le jeune homme ne devait pas survivre à ce supplice, exercé sur lui par une main divine, et ses agonies se terminèrent pendant les chants des nonnes..." » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il a dit que ce jeune homme, broyé dans l’engrenage de mes supplices raffinés, aurait peut-être pu devenir une intelligence de génie ; consoler les hommes, sur cette terre, par des chants admirables de poésie, de courage, contre les coups de l’infortune. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il a dit que la grande estime, qu’il avait pour un ennemi si noble, s’était envolée de son imagination, et qu’il préférait porter la main sur le sein d’une jeune fille, quoique cela soit un acte de méchanceté exécrable, que de cracher sur ma figure, recouverte de trois couches de sang et de sperme mêlés, afin de ne pas salir son crachat baveux. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Lorsqu’un jeune homme, qui aspire à la gloire, dans un cinquième étage, penché sur sa table de travail, à l’heure silencieuse de minuit, perçoit un bruissement qu’il ne sait à quoi attribuer, il tourne, de tous les côtés, sa tête, alourdie par la méditation et les manuscrits poudreux ; mais, rien, aucun indice surpris ne lui révèle la cause de ce qu’il entend si faiblement, quoique cependant il l’entende. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« De même qu’un jeune homme, qui aspire à la gloire, entend un bruissement qu’il ne sait à quoi attribuer, ainsi j’entends une voix mélodieuse qui prononce à mon oreille : "Maldoror ! " Mais, avant de mettre fin à sa méprise, il croyait entendre les ailes d’un moustique... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Si ta mère était trop vieille, choisis un autre sujet chirurgique, plus jeune et plus frais, sur lequel la rugine aura prise, et dont les os tarsiens, quand il marche, prennent aisément un point d’appui pour faire la bascule : ta sœur, par exemple. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Tu pourrais éveiller ma jeune épouse et mon fils en bas âge, couchés dans les caveaux de plomb qui longent les fondements de l’antique château. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Mais, si l’on s’approche davantage, de manière à ne pas amener sur soi-même l’attention de ce passant, on s’aperçoit, avec un agréable étonnement, qu’il est jeune ! De loin on l’aurait pris en effet pour un homme mûr. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« "Jeune homme, je m’intéresse à vous ; je veux faire votre bonheur. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Jeune homme, je te salue, et à bientôt. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« En effet, vous paraissez être plus âgé que moi puisque vous m’appelez jeune homme, et cependant je conserve des doutes sur votre âge véritable. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Une de mes sœurs, à son tour (c’était la plus jeune) présenta sa tête dans la pénombre formée par la raréfaction de lumière. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« L’interrupteur, en s’éloignant, aperçoit une jeune fille en haillons qui lui tend la main. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Je veux que ma poésie puisse être lue par une jeune fille de quatorze ans. » (Poésies I)
« Lisez, devant une jeune fille, Rolla ou les Nuits, les Fous de Cobb, sinon les portraits de Gwynplaine et de Dea, ou le Récit de Théramène d’Euripide, traduit en vers français par Racine le père. » (Poésies I)
Contextes de " jeunes "
« J’ai placé la grâce suave des cous de trois jeunes filles sous le couperet. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Et vous, jeunes adolescents ou plutôt jeunes filles, expliquez-moi comment et pourquoi (mais, tenez-vous à une convenable distance, car, moi non plus, je ne sais pas résister à mes passions) la vengeance a germé dans vos cœurs, pour avoir attaché au flanc de l’humanité une pareille couronne de blessures. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Et vous, jeunes adolescents ou plutôt jeunes filles, expliquez-moi comment et pourquoi (mais, tenez-vous à une convenable distance, car, moi non plus, je ne sais pas résister à mes passions) la vengeance a germé dans vos cœurs, pour avoir attaché au flanc de l’humanité une pareille couronne de blessures. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
Les meilleurs auteurs de romans et de drames dénatureraient à la longue la fameuse idée du bien, si les corps enseignants, conservatoires du juste, ne retenaient les générations jeunes et vieilles dans la voie de l’honnêteté et du travail. » (Poésies I)
« Les notions de la simple raison sont tellement obscurcies à l’heure qu’il est, que, la première chose que font les professeurs de quatrième, quand ils apprennent à faire des vers latins à leurs élèves, jeunes poètes dont la lèvre est humectée du lait maternel, c’est de leur dévoiler par la pratique le nom d’Alfred de Musset. » (Poésies I)
« Dès que l’aurore a paru, les jeunes filles vont cueillir des roses. » (Poésies II)