justice

Contextes de " justice "

« Qui l'aurait dit ! lorsqu'il embrassait un petit enfant, au visage rose, il aurait voulu lui enlever ses joues avec un rasoir, et il l'aurait fait très-souvent, si Justice, avec son long cortége de châtiments, ne l'en eût chaque fois empêché. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

Cet emploi du mot avec une majuscule et sans article, tendant à personnifier la notion, est conforme à la tradition épique.

« Ce n'est pas ta faute, si la justice éternelle t'a créée." elle, à moi : "Un jour, les hommes me rendront justice ; je ne t'en dis pas davantage. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Ce n'est pas ta faute, si la justice éternelle t'a créée." elle, à moi : "Un jour, les hommes me rendront justice ; je ne t'en dis pas davantage. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Ce que tu as de mieux à faire, c'est de ne pas penser à Dieu, et de te faire justice toi-même, puisqu'on te la refuse. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« La justice qu'apportent les lois ne vaut rien ; c'est la jurisprudence de l'offensé qui compte. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Chacun doit se faire justice lui-même, sinon il n'est qu'un imbécile. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« O pou, à la prunelle recroquevillée, tant que les fleuves répandront la pente de leurs eaux dans les abîmes de la mer ; tant que les astres graviteront sur le sentier de leur orbite ; tant que le vide muet n'aura pas d'horizon ; tant que l'humanité déchirera ses propres flancs par des guerres funestes ; tant que la justice divine précipitera ses foudres vengeresses sur ce globe égoïste ; tant que l'homme méconnaîtra son créateur, et se narguera de lui, non sans raison, en y mêlant du mépris, ton règne sera assuré sur l'univers, et ta dynastie étendra ses anneaux de siècle en siècle. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Et, quand je me retire après avoir blasphémé, tu redeviens inaperçue, modeste et pâle, sûre d'avoir accompli un acte de justice. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Dès que je la vis : "Je vois que la bonté et la justice ont fait résidence dans ton cœur : nous ne pourrions pas vivre ensemble. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Quelle volupté ressentir à la mort de cet être humain, quand il y en avait plus d'une centaine, qui allaient s'offrir à moi, en spectacle, dans leur lutte dernière contre les flots, une fois le navire submergé ? A cette mort, je n'avais même pas l'attrait du danger ; car, la justice humaine, bercée par l'ouragan de cette nuit affreuse, sommeillait dans les maisons, à quelques pas de moi. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Quelquefois, dans une nuit d'orage, pendant que des légions de poulpes ailés, ressemblant de loin à des corbeaux, planent au-dessus des nuages, en se dirigeant d'une rame raide vers les cités des humains, avec la mission de les avertir de changer de conduite, le caillou, à l'œil sombre, voit deux êtres passer à la lueur de l'éclair, l'un derrière l'autre ; et, essuyant une furtive larme de compassion, qui coule de sa paupière glacée, il s'écrie : "Certes, il le mérite ; et ce n'est que justice." » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Cependant, s'il m'avait ramassé, je n'aurais pas trouvé étonnant cet acte de simple justice. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« "Alors, celui qui aurait dû penser davantage à sa dignité et à sa justice, se releva, péniblement, sur son coude fatigué. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« Il a dit qu'il se croyait, à juste titre, supérieur à moi, non par le vice, mais par la vertu et la pudeur ; non par le crime, mais par la justice. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« Que puisque je me vantais d'être juste, moi, qui l'avais condamné au peines éternelles pour une révolte légère qui n'avait pas eu de suites graves, je devais donc faire justice sévère sur moi-même, et juger impartialement ma conscience, chargée d'iniquités... » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« Celui qui portera la main sur un de ses semblables, en lui faisant au sein une blessure mortelle, avec le fer homicide, qu'il n'espère point les effets de ma miséricorde, et qu'il redoute les balances de la justice. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« qualité la plus belle qui doive exister dans un être imparfait ! Moi, je veux montrer mes qualités ; mais, je ne suis pas assez hypocrite pour cacher mes vices ! Le rire, le mal, l'orgueil, la folie, paraîtront, tour à tour, entre la sensibilité et l'amour de la justice, et serviront d'exemple à la stupéfaction humaine : chacun s'y reconnaîtra, non pas tel qu'il devrait être, mais tel qu'il est. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Maintenant que j'ai repassé dans ma mémoire les diverses phases de cet aplatissement épouvantable contre le ventre du granit, pendant lequel la marée, sans que je m'en aperçusse, passa, deux fois, sur ce mélange irréductible de matière morte et de chair vivante, il n'est peut-être pas sans utilité de proclamer que cette dégradation n'était probablement qu'une punition, réalisée sur moi par la justice divine. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Tandis que moi, qui suis un homme, en présence d'un drame non moins grand, je ne sais si je conservai assez d'empire sur moi-même, pour que les muscles de ma figure restassent immobiles ! Dès que le scarabée fut arrivé au bas du tertre, l'homme leva son bras vers l'ouest (précisément, dans cette direction, un vautour des agneaux et un grand-duc de Virginie avaient engagé un combat dans les airs), essuya sur son bec une longue larme qui présentait un système de coloration diamantée, et dit au scarabée : "Malheureuse boule ! ne l'as-tu pas fait rouler assez longtemps ? Ta vengeance n'est pas encore assouvie ; et, déjà, cette femme, dont tu avais attaché, avec des colliers de perles, les jambes et les bras, de manière à réaliser un polyèdre amorphe, afin de la traîner, avec tes tarses, à travers les vallées et les chemins, sur les ronces et les pierres (laisse-moi m'approcher pour voir si c'est encore elle ! ), a vu ses os se creuser de blessures, ses membres se polir par la loi mécanique du frottement rotatoire, se confondre dans l'unité de la coagulation, et son corps présenter, au lieu des linéaments primordiaux et des courbes naturelles, l'apparence monotone d'un seul tout homogène qui ne ressemble que trop, par la confusion de ses divers éléments broyés, à la masse d'une sphère ! Il y a longtemps qu'elle est morte ; laisse ces dépouilles à la terre, et prends garde d'augmenter, dans d'irréparables proportions, la rage qui te consume : ce n'est plus de la justice ; car, l'égoïsme, caché dans les téguments de ton front, soulève lentement, comme un fantôme, la draperie qui le recouvre." » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Une secrète et noble justice, vers les bras tendus de laquelle je me lance par instinct, m'ordonne de traquer sans trève cet ignoble châtiment. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« La justice humaine ne m'a pas encore surpris en flagrant délit, malgré l'incontestable habileté de ses agents. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Le temps est venu d'arrêter la main de la justice. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« C'est que Dieu, dans sa justice, ne permit point que son astuce pût tromper même une bande de cygnes. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« C'est pourquoi je ferai tous mes efforts pour y parvenir ! Si la mort arrête la maigreur fantastique des deux bras longs de mes épaules, employés à l'écrasement lugubre de mon gypse littéraire, je veux au moins que le lecteur en deuil puisse se dire : "Il faut lui rendre justice. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Il n'est plus sévère pour l'objet de ses vœux, se rendant justice à lui-même : l'expansion est acceptée. » (Poésies II)

« L'amour de la justice n'est, en la plupart des hommes, que le courage de souffrir l'injustice. » (Poésies II)

« L'orgueil des derniers se déclare incompétent à rendre justice à des cervelles plus tendres. » (Poésies II)

« Quand on fait dépendre leur justice d'autre chose, il est aisé de la rendre douteuse. » (Poésies II)

« Nous sommes susceptibles d'amitié, de justice, de compassion, de raison. » (Poésies II)

Voir le tableau de Prud'hon, La Justice et la Vengeance divine poursuivant le crime (1808)