Contextes de " o "
« O être humain ! te voilà, maintenant,
nu comme un ver, en présence de mon glaive de diamant !
Abandonne ta méthode ; il n’est plus temps de faire
l’orgueilleux : j’élance vers toi ma prière, dans l’attitude de
la prosternation. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O voyageur égaré, par ton esprit
d’aventure qui t’a fait quitter ton père et ta mère, dès
l’âge le plus tendre ; par les souffrances que la soif t’a
causées, dans le désert ; par ta patrie que tu cherches
peut-être, après avoir longtemps erré, proscrit, dans des
contrées étrangères ; par ton coursier, ton fidèle ami, qui a
supporté, avec toi, l’exil et l’intempérie des climats que te
faisait parcourir ton humeur vagabonde ; par la dignité que
donnent à l’homme les voyages sur les terres lointaines et les
mers inexplorées, au milieu des glaçons polaires, ou sous
l’influence d’un soleil torride, ne touche pas avec ta main,
comme avec un frémissement de la brise, ces boucles de cheveux,
répandues sur le sol, et qui se mêlent à l’herbe verte. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« O lecteur, ce dernier détail ne te
fait-il pas venir l’eau à la bouche ? N’en mange pas qui veut
d’une pareille cervelle, si bonne, toute fraîche, et qui vient
d’être pêchée il n’y a qu’un quart d’heure dans le lac aux poissons. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O vous, qui que vous soyez, quand vous
serez à côté de moi, que les cordes de votre glotte ne
laissent échapper aucune intonation ; que votre larynx immobile
n’aille pas s’efforcer de surpasser le rossignol ; et vous-même
n’essayez nullement de me faire connaître votre âme à l’aide
du langage. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O pou, à la prunelle recroquevillée,
tant que les fleuves répandront la pente de leurs eaux dans les
abîmes de la mer ; tant que les astres graviteront sur le
sentier de leur orbite ; tant que le vide muet n’aura pas
d’horizon ; tant que l’humanité déchirera ses propres flancs
par des guerres funestes ; tant que la justice divine
précipitera ses foudres vengeresses sur ce globe égoïste ;
tant que l’homme méconnaîtra son créateur, et se narguera de
lui, non sans raison, en y mêlant du mépris, ton règne sera
assuré sur l’univers, et ta dynastie étendra ses anneaux de
siècle en siècle. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O fils de la saleté ! dis à ta mère
que, si elle délaisse la couche de l’homme, marchant à travers
des routes solitaires, seule et sans appui, elle verra son
existence compromise. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O mathématiques sévères, je ne vous
ai pas oubliées, depuis que vos savantes leçons, plus douces
que le miel, filtrèrent dans mon cur, comme une onde
rafraîchissante. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O mathématiques saintes,
puissiez-vous, par votre commerce perpétuel, consoler le reste
de mes jours de la méchanceté de l’homme et de l’injustice du
Grand-Tout ! » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« "O lampe au bec d’argent, mes yeux
t’aperçoivent dans les airs, compagne de la voûte des
cathédrales, et cherchent la raison de cette suspension. On dit
que tes lueurs éclairent, pendant la nuit, la tourbe de ceux qui
viennent adorer le Tout-Puissant et que tu montres aux repentis
le chemin qui mène à l’autel. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« O lampe poétique ! toi qui serais mon
amie si tu pouvais me comprendre, quand mes pieds foulent le
basalte des églises, dans les heures nocturnes, pourquoi te
mets-tu à briller d’une manière qui, je l’avoue, me parait
extraordinaire ? Tes reflets se colorent, alors, des nuances
blanches de la lumière électrique ; l’il ne peut pas te
fixer ; et tu éclaires d’une flamme nouvelle et puissante les
moindres détails du chenil du Créateur, comme si tu étais en
proie à une sainte colère. » (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« O Créateur de l’univers, je ne
manquerai pas, ce matin, de t’offrir l’encens de ma prière
enfantine. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O ciel ! comment peut-on vivre, après
avoir éprouvé tant de voluptés ! Il venait de m’être donné
d’être témoin des agonies de mort de plusieurs de mes
semblables. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« O toi, Holzer, qui te croyais si
raisonnable et si fort, n’as-tu pas vu, par ton exemple même,
comme il est difficile, dans un accès de désespoir, de
conserver le sang-froid dont tu te vantes. J’espère que tu ne me
causeras plus un pareil chagrin, et moi, de mon côté, je t’ai
promis de ne jamais attenter à ma vie. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« O humains, vous êtes les enfants
terribles ; mais, je vous en supplie, épargnons cette grande
existence, qui n’a pas encore fini de cuver la liqueur immonde,
et, n’ayant pas conservé assez de force pour se tenir droite,
est retombée, lourdement, sur cette roche, où elle s’est
assise, comme un voyageur. » (Les Chants de Maldoror - Chant
III)
« O cheveu, tu le vois toi-même ; de
tous les côtés, je suis assailli par le sentiment déchaîné
de ma dépravation ! ) Il a dit que le Créateur, qui se vante
d’être la Providence de tout ce qui existe, s’est conduit avec
beaucoup de légèreté, pour ne pas dire plus, en offrant un
pareil spectacle aux mondes étoilés ; car, il a affirmé
clairement le dessein qu’il avait d’aller rapporter dans les
planètes orbiculaires comment je maintiens, par mon propre
exemple, la vertu et la bonté dans la vastitude de mes
royaumes. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« O père infortuné, prépare, pour
accompagner les pas de ta vieillesse, l’échafaud ineffaçable
qui tranchera la tête d’un criminel précoce, et la douleur qui
te montrera le chemin qui conduit à la tombe. » (Les Chants
de Maldoror - Chant IV)
« Debout sur le roc, je me servis de mes mains,
comme d’un porte-voix, et je m’écriai, pendant que les crabes et
les écrevisses s’enfuyaient vers l’obscurité des plus secrètes
crevasses : "O toi, dont la natation l’emporte sur le
vol des longues ailes de la frégate, si tu comprends encore la
signification des grands éclats de voix que, comme fidèle
interprétation de sa pensée intime, lance avec force
l’humanité, daigne t’arrêter, un instant, dans ta marche
rapide, et, raconte-moi sommairement les phases de ta véridique
histoire. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« O mon frère, je t’ai pardonné, toi la
cause première de tous mes maux ! Se peut-il qu’une rage aveugle
ne puisse enfin dessiller ses propres yeux l J’ai fait beaucoup
de réflexions, dans ma prison éternelle. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Que voulait-il faire de cette grosse boule
noire ? O lecteur, toi qui te vantes sans cesse de ta
perspicacité (et non à tort), serais-tu capable de me le dire ?
Mais, je ne veux pas soumettre à une rude épreuve ta passion
connue pour les énigmes. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« O misérable ! as-tu attendu jusqu’à
cette heure pour entendre les murmures et les complots qui,
s’élevant simultanément de la surface des sphères, viennent
raser d’une aile farouche les rebords papillacés de ton
destructible tympan ? Il n’est pas loin, le jour, où mon bras te
renversera dans la poussière, empoisonnée par ta respiration,
et, arrachant de tes entrailles une nuisible vie, laissera sur le
chemin ton cadavre, criblé de contorsions, pour apprendre au
voyageur consterné, que cette chair palpitante, qui frappe sa
vue d’étonnement, et cloue dans son palais sa langue muette, ne
doit plus être comparée, si l’on garde son sang-froid, qu’au
tronc pourri d’un chêne, qui tomba de vétusté ! Quelle pensée
de pitié me retient devant ta présence ? Toi-même, recule
plutôt devant moi, te dis-je, et va laver ton incommensurable
honte dans le sang d’un enfant qui vient de naître : voilà
quelles sont tes habitudes. » (Les Chants de Maldoror - Chant
V)
« O pédérastes incompréhensibles, ce
n’est pas moi qui lancerai des injures à votre grande
dégradation ; ce n’est pas moi qui viendrai jeter le mépris sur
votre anus infundibuliforme. » (Les Chants de Maldoror - Chant
V)
« Je me suis aperçu que je n’avais qu’un
il au milieu du front ! O miroirs d’argent,
incrustés dans les panneaux des vestibules, combien de services
ne m’avez-vous pas rendus par votre pouvoir réflecteur ! Depuis
le jour où un chat angora me rongea, pendant une heure, la bosse
pariétale, comme un trépan qui perfore le crâne, en
s’élançant brusquement sur mon dos, parce que j’avais fait
bouillir ses petits dans une cuve remplie d’alcool, je n’ai pas
cessé de lancer contre moi-même la flèche des tourments. » (Les
Chants de Maldoror - Chant VI)
« L’archange, qui ne s’attendait pas à cette
bonne volonté, sortit des profondeurs de la crevasse sa tête
d’un cran, et répondit : "O Maldoror, est-il enfin
arrivé le jour où tes abominables instincts verront s’éteindre
le flambeau d’injustifiable orgueil qui les conduit à
l’éternelle damnation ! Ce sera donc moi, qui, le premier,
raconterai ce louable changement aux phalanges des chérubins,
heureux de retrouver un des leurs. » (Les Chants de Maldoror -
Chant VI)
« O Nuits d’Young ! vous
m’avez causé beaucoup de migraines !
On ne rêve que lorsque l’on dort. » (Poésies I)
« Qui croit-on tromper ici, je le demande avec
une lenteur qui s’interpose ? O dadas de bagne ! Bulles de
savon ! Pantins en baudruche ! Ficelles usées ! Qu’ils
s’approchent, les Konrad, les Manfred, les Lara, les marins qui
ressemblent au Corsaire, les Méphistophélès, les Werther, les
Don Juan, les Faust, les Iago, les Rodin, les Caligula, les
Caïn, les Iridion, les mégères à l’instar de Colomba, les
Ahrimane, les manitous manichéens, barbouillés de cervelle, qui
cuvent le sang de leurs victimes dans les pagodes sacrées de
l’Hindoustan, le serpent, le crapaud et le crocodile, divinités,
considérées comme anormales, de l’antique Égypte, les sorciers
et les puissances démoniaques du moyen âge, les Prométhée,
les Titans de la mythologie foudroyés par Jupiter, les Dieux
Méchants vomis par l’imagination primitive des peuples barbares,
- toute la série bruyante des diables en carton. » (Poésies
I)
« O hurleurs maniaques que vous êtes !
Ne reniez pas l’immortalité de l’âme, la sagesse de Dieu, la grandeur de la vie, l’ordre qui se manifeste dans l’univers, la beauté corporelle, l’amour de la famille, le mariage, les institutions sociales. » (Poésies I)
« O mes amis ! qu’est-ce donc que
l’absence de vertu ?
Tant que mes amis ne mourront pas, je ne parlerai pas de la mort. » (Poésies II)
Contextes de " ô "
« Je t’assure, elles réjouiront les deux trous
informes de ton museau hideux, ô monstre, si toutefois tu
t’appliques auparavant à respirer trois mille fois de suite la
conscience maudite de l’Éternel ! » (Les Chants de Maldoror -
Chant I)
« Adieu, toi qui m’as aimée ! " Moi, à
elle : "Adieu ! Encore une fois : adieu ! Je t’aimerai
toujours ! ... Dès aujourd’hui, j’abandonne la vertu." C’est
pourquoi, ô peuples, quand vous entendrez le vent d’hiver
gémir sur la mer et près de ses bords, ou au dessus des grandes
villes, qui, depuis longtemps, ont pris le deuil pour moi, ou à
travers les froides régions polaires, dites : » (Les Chants
de Maldoror - Chant I)
« Vieil océan, ô grand célibataire,
quand tu parcours la solitude solennelle de tes royaumes
flegmatiques, tu t’enorgueillis à juste titre de ta magnificence
native, et des éloges vrais que je m’empresse de te donner. » (Les
Chants de Maldoror - Chant I)
« Je te remercie, ô rhinolophe, de
m’avoir réveillé avec le mouvement de tes ailes, toi, dont le
nez est surmonté d’une crête en forme de fer à cheval : je
m’aperçois, en effet, que ce n’était malheureusement qu’une
maladie passagère, et je me sens avec dégoût renaître à la
vie. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - Parle, ô mon Édouard ; réponds que
tu n’imiteras jamais cet homme. » (Les Chants de Maldoror -
Chant I)
« - Quand tu le replaceras dans sa position
ordinaire, tu reparaîtras tel que la nature t’a formé, ô
jeune magicien. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Si, par hasard, nous marchons sur le même
sentier, sa vue perçante me voit arriver de loin : il prend un
chemin de traverse, afin d’éviter le triple dard de platine que
la nature me donna comme une langue ! Tu me feras plaisir, ô
Créateur, de me laisser épancher mes sentiments. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« N’importe, je suis déjà content de la
quantité de mal qu’il te fait, ô race humaine ;
seulement, je voudrais qu’il t’en fît davantage. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« La terre ne lui montre que des illusions et
des fantasmagories morales ; mais vous, ô mathématiques
concises, par l’enchaînement rigoureux de vos propositions
tenaces et la constance de vos lois de fer, vous faites luire,
aux yeux éblouis, un reflet puissant de cette vérité suprême
dont on remarque l’empreinte dans l’ordre de l’univers. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Depuis ce temps, ô déesses rivales,
je ne vous ai pas abandonnées. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Comme quand deux chantres, dans une
cathédrale, entonnent alternativement les versets d’un psaume,
la deuxième répondit : "Tu ne veux donc pas mourir, ô
mon gracieux fils ? Dis-moi donc comment tu as fait (sûrement
c’est par quelque maléfice) pour épouvanter les vautours ? En
effet, ta carcasse est devenue si maigre ! Le zéphyr la balance
comme une lanterne." » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Sans doute, sa volonté, qui s’est rangée
sous le drapeau de la délivrance, livre des combats acharnés
contre la pourriture ! Mais toi, ô mon maître, sous ton
regard, les habitants des cités sont subitement détruits, comme
un tertre de fourmis qu’écrase le talon de l’éléphant. » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Abîme-toi sous terre, ô anonyme
stigmate, et ne reparais plus devant mon indignation hagarde. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
« Exhaler les souffrances d’une splendeur non
équilibrée, c’est prouver, ô moribonds des maremmes
perverses ! moins de résistance et de courage, encore. » (Poésies
I)
« C’est au nom de ces mêmes vertus que Frank a
méconnues, que nous voulons bien le supporter, ô
saltimbanques des malaises incurables. » (Poésies I)