Contextes de " il "
« Tout à coup, ils s'arrêtent, regardent
de tous les côtés avec une inquiétude farouche, l'il
en feu ; et, de même que les éléphants, avant de mourir,
jettent dans le désert un dernier regard au ciel, élevant
désespérément leur trompe, laissant leurs oreilles inertes, de
même les chiens laissent leurs oreilles inertes, élèvent la
tête, gonflent le cou terrible, et se mettent à aboyer, tour à
tour, soit comme un enfant qui crie de faim, soit comme un chat
blessé au ventre au-dessus d'un toit, soit comme une femme qui
va enfanter, soit comme un moribond atteint de la peste à
l'hôpital, soit comme une jeune fille qui chante un air sublime,
contre les étoiles au nord, contre les étoiles à l'est, contre
les étoiles au sud, contre les étoiles à l'ouest ; contre
la lune ; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« contre les chouettes, dont le vol
oblique leur rase le museau, emportant un rat ou une grenouille
dans le bec, nourriture vivante, douce pour les petits ;
contre les lièvres, qui disparaissent en un clin d'il
; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« On ne peut pas t'embrasser d'un coup d'il. »
(Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Sur la terre, la vipère, l'il
gros du crapaud, le tigre, l'éléphant ; dans la mer, la
baleine, le requin, le marteau, l'informe raie, la dent du phoque
polaire, se demanderont quelle est cette dérogation à la loi de
la nature. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Si tu désires la voiture de neige, qui
transporte au soleil en un clin d'il, elle
te l'apporteront. » (Les Chants de Maldoror -
Chant I)
« Je frapperai ta carcasse creuse ;
mais, si fort, que je me charge d'en faire sortir les parcelles
restantes d'intelligence que tu n'as pas voulu donner à l'homme,
parce que tu aurais été jaloux de le faire égal à toi, et que
tu avais effrontément cachées dans tes boyaux, rusé bandit,
comme si tu ne savais pas qu'un jour où l'autre je les aurais
découvertes de mon il toujours ouvert,
les aurais enlevées, et les aurais partagées avec mes
semblables. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Donc, Lohengrin, fais ce que tu voudras,
agis comme il te plaira, enferme-moi toute la vie dans une prison
obscure, avec des scorpions pour compagnons de ma captivité, ou
arrache-moi un il jusquà ce
quil tombe à terre, je ne te ferai jamais le moindre
reproche ; je suis à toi, je tappartiens, je ne vis
plus pour moi. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Sont assis, à l'impériale, des hommes
qui ont l'il immobile, comme celui d'un
poisson mort. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Un de ces hommes, à l'il
froid, donne un coup de coude à son voisin, et paraît lui
exprimer son mécontentement de ces gémissements, au timbre
argentin, qui parviennent jusqu'à son oreille. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Il serait dévoré en un clin d'il,
malgré sa taille. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Depuis ce temps, que de projets
énergiques, que de sympathies, que je croyais avoir gravées sur
les pages de mon cur, comme sur du marbre, nont-elles
pas effacé lentement, de ma raison désabusée, leurs lignes
configuratives, comme laube naissante efface les ombres de
la nuit ! Depuis ce temps, jai vu la mort, dans
lintention, visible à lil nu,
de peupler les tombeaux, ravager les champs de bataille,
engraissés par le sang humain et faire pousser des fleurs
matinales par-dessus les funèbres ossements. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« O lampe poétique ! toi qui serais
mon amie si tu pouvais me comprendre, quand mes pieds foulent le
basalte des églises, dans les heures nocturnes, pourquoi te
mets-tu à briller dune manière qui, je lavoue, me
parait extraordinaire ? Tes reflets se colorent, alors, des
nuances blanches de la lumière électrique ; lil
ne peut pas te fixer ; et tu éclaires dune flamme
nouvelle et puissante les moindres détails du chenil du
Créateur, comme si tu étais en proie à une sainte
colère. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il est vrai que, lorsque tu descends en
toi-même, pour scruter ta conduite souveraine, si le fantôme
d'une injustice passée, commise envers cette malheureuse
humanité, qui t'a toujours obéi, comme ton ami le plus fidèle,
dresse, devant toi, les vertèbres immobiles d'une épine dorsale
vengeresse, ton il hagard laisse tomber la
larme épouvantée du remords tardif, et qu'alors, les cheveux
hérissés, tu crois, toi-même, prendre, sincèrement, la
résolution de suspendre, à jamais, aux broussailles du néant,
les jeux inconcevables de ton imagination de tigre, qui serait
burlesque, si elle n'était pas lamentable ; mais, je sais
aussi que la constance n'a pas fixé, dans tes os, comme une
moelle tenace, le harpon de sa demeure éternelle, et que tu
retombes assez souvent, toi et tes pensées, recouvertes de la
lèpre noire de l'erreur, dans le lac funèbre des sombres
malédictions. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Mais, bientôt, il apparaissait de
nouveau, les cheveux ruisselants ; et, fixant lil
sur le rivage, il semblait défier la mort. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Il y a des heures dans la vie où
lhomme, à la chevelure pouilleuse, jette, lil
fixe, des regards fauves sur les membranes vertes de
lespace ; car, il lui semble entendre, devant lui, les
ironiques huées dun fantôme. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« Quelquefois, dans une nuit d'orage,
pendant que des légions de poulpes ailés, ressemblant de loin
à des corbeaux, planent au-dessus des nuages, en se dirigeant
d'une rame raide vers les cités des humains, avec la mission de
les avertir de changer de conduite, le caillou, à l'il
sombre, voit deux êtres passer à la lueur de l'éclair, l'un
derrière l'autre ; et, essuyant une furtive larme de
compassion, qui coule de sa paupière glacée, il s'écrie :
"Certes, il le mérite ; et ce n'est que
justice." » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Je me tiendrai toujours sur mes gardes,
en ayant lil sur lui. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Ils meurent, dès leur naissance, comme
ces étincelles dont l'il a de la peine à
suivre l'effacement rapide, sur du papier brûlé. » (Les
Chants de Maldoror - Chant III)
« Alors, chagrinés de leur tentative
infructueuse, au milieu des étoiles qui compatissaient à leur
douleur et sous lil de Dieu,
sembrassaient, en pleurant, lange de la terre et
lange de la mer ! ... » (Les Chants de Maldoror -
Chant III)
« Il s'efforce de me sourire ; mais,
j'aperçois que son visage porte le poids des terribles
impressions qu'y a gravées la réflexion, constamment penchée
sur les sphynx qui déroutent, avec un il
oblique, les grandes angoisses de l'intelligence des
mortels. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Nos chevaux galopaient le long du
rivage, comme s'ils fuyaient l'il
humain... » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Nos chevaux galopaient le long du
rivage, comme s'ils fuyaient l'il
humain... » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Nos chevaux galopaient le long du
rivage, comme s'ils fuyaient l'il
humain. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il lui donne un coup de pied et lui fend
un il. » (Les Chants de Maldoror
- Chant III)
« Ah ! l'aigle t'arrache un il
avec son bec, et, toi, tu ne lui avais arraché que la
peau ; il fallait faire attention à cela. » (Les
Chants de Maldoror - Chant III)
« Le dragon ne sy fie pas ; il
croit quà chaque instant laigle va lattaquer
par le côté où il manque dil... »
(Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Si tu ne m'avais fait l'il
si gros, et que je t'eusse aperçu dans l'état où je te vois,
j'aurais chastement caché la beauté de tes membres sous une
pluie de renoncules, de myosotis et de camélias, afin que nul ne
te vît." » (Les Chants de Maldoror -
Chant III)
« Et je me demandais qui pouvait être son
maître ! Et mon il se recollait à
la grille avec plus dénergie ! ... » (Les Chants
de Maldoror - Chant III)
« Et je me demandais qui pouvait être son
maître ! Et mon il se recollait à
la grille avec plus dénergie ! ... » (Les Chants
de Maldoror - Chant III)
« Et je me demandais qui pouvait être son
maître ! Et mon il se recollait à
la grille avec plus dénergie ! ... » (Les Chants
de Maldoror - Chant III)
« Et je me demandais qui pouvait être son
maître ! Et mon il se recollait à
la grille avec plus dénergie ! ... » (Les Chants
de Maldoror - Chant III)
« Et, quoique deux baobabs, au premier
coup d'il, ne ressemblent pas à deux
épingles, ni même à deux tours, cependant, en employant
habilement les ficelles de la prudence, on peut affirmer, sans
crainte d'avoir tort (car, si cette affirmation était
accompagnée d'une seule parcelle de crainte, ce ne serait plus
une affirmation ; quoiqu'un même nom exprime ces deux
phénomènes de l'âme qui présentent des caractères assez
tranchés pour ne pas être confondus légèrement) qu'un baobab
ne diffère pas tellement d'un pilier, que la comparaison soit
défendue entre ces formes architecturales... » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Je me dirigeai vers celui qui m'appelait
au secours, avec un il glacial (car, la
perte de son sang était si grande, que la faiblesse l'empêchait
de parler, et que mon opinion était, quoique je ne fusse pas
médecin, que l'hémorrhagie s'était déclarée au visage et au
bas-ventre), et je coupai ses cheveux avec une paire de ciseaux,
après avoir dégagé ses bras. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Chaque nuit, je force mon il
livide à fixer les étoiles, à travers les carreaux de ma
fenêtre. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Ne fixez pas mon il
qui ne se ferme jamais. » (Les Chants de Maldoror -
Chant V)
« Écoute-moi : sais-tu que ton il
est loin de boire un rayon céleste ? Noublie pas que
si ta présomptueuse cervelle ma cru capable de
toffrir quelques paroles de consolation, ce ne peut être
que par le motif dune ignorance totalement dépourvue de
connaissances physiognomoniques. » (Les Chants de
Maldoror - Chant V)
« Un sanglier frôla nos habits à toute
course, et une larme tomba de son il,
quand il me vit avec toi : je ne m'expliquais pas sa
conduite. »; (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« je me suis aperçu que je n'avais qu'un il
au milieu du front ! O miroirs d'argent, incrustés dans les
panneaux des vestibules, combien de services ne m'avez-vous pas
rendus par votre pouvoir réflecteur ! » (Les Chants de
Maldoror - Chant VI)
« Eh bien, la marée est venue ; elle
l'a bercé de ses chants, et l'a mollement déposé sur la plage
: le crabe n'est-il pas content ? Que lui faut-il de plus ? Et
Maldoror, penché sur le sable des grèves, reçoit dans ses bras
deux amis, inséparablement réunis par les hasards de la lame :
le cadavre du crabe tourteau et le bâton homicide ! "je
n'ai pas encore perdu mon adresse, s'écrie-t-il ; elle ne
demande qu'à s'exercer ; mon bras conserve sa force et mon il
sa justesse." » (Les Chants de Maldoror -
Chant VI)
Contextes de " yeux "
« Écoute bien ce que je te dis : dirige
tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux dun
fils qui se détourne respectueusement de la contemplation
auguste de la face maternelle ; » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« Après avoir de sang-froid regardé
plusieurs fois de tous les côtés avec des yeux qui renferment
l'expérience, prudemment, la première (car, c'est elle qui a le
privilége de montrer les plumes de sa queue aux autres grues
inférieures en intelligence), avec son cri vigilant de
mélancolique sentinelle, pour repousser l'ennemi commun, elle
vire avec flexibilité la pointe de la figure géométrique
(c'est peut-être un triangle, mais on ne voit pas le troisième
côté que forment dans l'espace ces curieux oiseaux de passage),
soit à bâbord, soit à tribord, comme un habile capitaine
; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« J'ai vu les hommes, à la tête laide et
aux yeux terribles enfoncés dans l'orbite obscur, surpasser la
dureté du roc, la rigidité de l'acier fondu, la cruauté du
requin, l'insolence de la jeunesse, la fureur insensée des
criminels, les trahisons de l'hypocrite, les comédiens les plus
extraordinaires, la puissance de caractère des prêtres, et les
êtres les plus cachés au dehors, les plus froids des mondes et
du ciel ; lasser les moralistes à découvrir leur
cur, et faire retomber sur eux la colère implacable d'en
haut. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Je les ai vus tous à la fois, tantôt,
le poing le plus robuste dirigé vers le ciel, comme celui d'un
enfant déjà pervers contre sa mère, probablement excités par
quelque esprit de l'enfer, les yeux chargés d'un remords cuisant
en même temps que haineux, dans un silence glacial, n'oser
émettre les méditations vastes et ingrates que recélait leur
sein, tant elle étaient pleines d'injustice et d'horreur, et
attrister de compassion le Dieu de miséricorde ; tantôt,
à chaque moment du jour, depuis le commencement de l'enfance
jusqu'à la fin de la vieillesse, en répandant des anathèmes
incroyables, qui n'avaient pas le sens commun, contre tout ce qui
respire, contre eux-mêmes et contre la Providence, prostituer
les femmes et les enfants, et déshonorer ainsi les parties du
corps consacrées à la pudeur. » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« Oh ! comme il est doux d'arracher
brutalement de son lit un enfant qui n'a rien encore sur la
lèvre supérieure, et, avec les yeux très-ouverts, de faire
semblant de passer suavement la main sur son front, en inclinant
en arrière ses beaux cheveux ! » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« En outre, ne te souviens-tu pas d'avoir
un jour, dans tes réflexions lugubres, porté la main, creusée
au fond, sur ta figure maladive mouillée par ce qui tombait des
yeux ; laquelle main ensuite se dirigeait fatalement vers la
bouche, qui puisait à longs traits, dans cette coupe, tremblante
comme les dents de l'élève qui regarde obliquement celui qui
est né pour l'oppresser, les larmes ? » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« Bande-lui les yeux, pendant que tu
déchireras ses chairs palpitantes ; et, après avoir
entendu de longues heures ses cris sublimes, semblables aux
râles perçants que poussent dans une bataille les gosiers des
blessés agonisants, alors, t'ayant écarté comme une avalanche,
tu te précipiteras de la chambre voisine, et tu feras semblant
d'arriver à son secours. » (Les Chants de Maldoror -
Chant I)
« Tu lui délieras les mains, aux nerfs et
aux veines gonflées, tu rendras la vue à ses yeux égarés, en
te remettant à lécher ses larmes et son sang. » (Les
Chants de Maldoror - Chant I)
« Ô adolescent, aux cheveux blonds, aux
yeux si doux, feras-tu maintenant ce que je te conseille
? » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Celle-ci s'appelle Prostitution."
Les larmes dans les yeux, la rage dans le cur, je sentis
naître en moi une force inconnue. »; (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« contre les arbres, dont les feuilles,
mollement bercées, sont autant de mystères quils ne
comprennent pas, quils veulent découvrir avec leurs yeux
fixes, intelligents ; » (Les Chants de Maldoror -
Chant I)
« Et, quand je rôde autour des
habitations des hommes, pendant les nuits orageuses, les yeux
ardents, les cheveux flagellés par le vent des tempêtes, isolé
comme une pierre au milieu du chemin, je couvre ma face flétrie,
avec un morceau de velours, noir comme la suie qui remplit
l'intérieur des cheminées : » (Les Chants de Maldoror
- Chant I)
« il ne faut pas que les yeux soient
témoins de la laideur que l'Être suprême, avec un sourire de
haine puissante, a mise sur moi. » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« Comme un condamné qui essaie ses
muscles, en réfléchissant sur leur sort, et qui va bientôt
monter à léchafaud, debout, sur mon lit de paille, les
yeux fermés, je tourne lentement mon col de droite à gauche, de
gauche à droite, pendant des heures entières ; je ne tombe
pas raide mort. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Vieil océan, ta forme harmonieusement
sphérique, qui réjouit la face grave de la géométrie, ne me
rappelle que trop les petits yeux de l'homme, pareils à ceux du
sanglier pour la petitesse, et à ceux des oiseaux de nuit pour
la perfection circulaire du contour. Cependant, l'homme s'est cru
beau dans tous les siècles. » (Les Chants de Maldoror -
Chant I)
« Tu ne laisses pas facilement deviner aux
yeux avides des sciences naturelles les mille secrets de ton
intime organisation : tu es modeste. » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« Il y avait en bas des points
noirs ; jai fermé les yeux : ils ont
disparu." » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Mes yeux se mouillent de larmes
abondantes, et je n'ai pas la force de poursuivre ; car, je
sens que le moment [est]venu de revenir parmi les hommes, à
l'aspect brutal ; mais... courage ! » (Les Chants
de Maldoror - Chant I)
« Je veux mourir, bercé par la vague de
la mer tempêtueuse, ou debout sur la montagne... les yeux en
haut, non : je sais que mon anéantissement sera complet. »
(Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Oui, disparaissons peu à peu de leurs
yeux, témoin, une fois de plus, des conséquences des passions,
complétement satisfait... » (Les Chants de Maldoror -
Chant I)
« Il s'était dit, devant le tableau qui
s'offrit à ses yeux, qu'il ne supporterait pas cette
injustice. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Il voyait là, quoi qu'on dise, un
exemple frappant de la bonté humaine, et il ne pouvait en croire
ses yeux. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Quand un élève interne, dans un
lycée, est gouverné, pendant des années, qui sont des
siècles, du matin jusqu'au soir et du soir jusqu'au lendemain,
par un paria de la civilisation, qui a constamment les yeux sur
lui, il sent les flots tumultueux d'une haine vivace, monter,
comme une épaisse fumée, à son cerveau, qui lui paraît près
d'éclater. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Depuis le moment où on l'a jeté dans
la prison, jusqu'à celui, qui s'approche, où il en sortira, une
fièvre intense lui jaunit la face, rapproche ses sourcils, et
lui creuse les yeux. » (Les Chants de Maldoror -
Chant I)
« Par conséquent, ne tétonne pas
des visions fantastiques que tes yeux semblent
apercevoir. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« En fixant ses yeux monstrueux, mon corps
tremble ; c'est la première fois, depuis que j'ai sucé les
sèches mamelles de ce qu'on appelle une mère. » (Les
Chants de Maldoror - Chant I)
« Je t'abhorre autant que je le
peux ; et je préfère voir un serpent, entrelacé autour de
mon cou depuis le commencement des siècles, que non pas tes
yeux... » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Ne te fie pas à lui, quand il tourne
les reins ; car, il te regarde ; ne te fie pas à lui,
quand il ferme les yeux ; car, il te regarde encore. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Lon voit des fenêtres
souvrir sur le boulevard, et une figure effarée, une
lumière à la main, après avoir jeté les yeux sur la
chaussée, refermer le volet avec impétuosité, pour ne plus
reparaître... Il senfuit ! ... Il senfuit ! ...
Mais, une masse informe le poursuit avec acharnement, sur ses
traces, au milieu de la poussière. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« elle avait les yeux gonflés et
rouges. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Moi, je ne veux pas croire à cette
supposition, qui n'est qu'une hypothèse, et je préfère aimer,
dans ce caractère romanesque, une âme qui se dévoile trop
tôt... Ah ! vois-tu, jeune fille, je t'engage à ne plus
reparaître devant mes yeux, si jamais je repasse dans la rue
étroite. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Je pourrais, en prenant ta tête entre
mes mains, d'un air caressant et doux, enfoncer mes doigts avides
dans les lobes de ton cerveau innocent, pour en extraire, le
sourire aux lèvres, une graisse efficace qui lave mes yeux,
endoloris par l'insomnie éternelle de la vie. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Cet enfant, qui est assis sur un banc du
jardin des Tuileries, comme il est gentil ! Ses yeux hardis
dardent quelque objet invisible, au loin, dans
lespace. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Si tu détestais un de tes camarades,
est-ce que tu ne serais pas malheureux de songer quà
chaque instant tu aies sa pensée devant tes yeux ?
« Si on lui demande pourquoi il a pris la
solitude pour compagne, ses yeux se lèvent vers le ciel, et
retiennent avec peine une larme de reproche contre la
Providence ; mais, il ne répond pas à cette question
imprudente, qui répand, dans la neige de ses paupières, la
rougeur de la rose matinale. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Si l'entretien se prolonge, il devient
inquiet, tourne les yeux vers les quatre points de l'horizon,
comme pour chercher à fuir la présence d'un ennemi invisible
qui s'approche, fait de la main un adieu brusque, s'éloigne sur
les ailes de sa pudeur en éveil, et disparaît dans la
forêt. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Que ta poitrine se soulève, en
poursuivant l'espoir chimérique du bonheur, je te le
permets ; mais, n'ouvre pas tes yeux. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Ah ! n'ouvre pas tes yeux ! Je veux te
quitter ainsi, pour ne pas être témoin de ton réveil. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Dors... dors toujours ; mais,
n'ouvre pas tes yeux. Ah ! n'ouvre pas tes yeux ! » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Quand une femme, à la voix de soprano,
émet ses notes vibrantes et mélodieuses, à l'audition de cette
harmonie humaine, mes yeux se remplissent d'une flamme latente et
lancent des étincelles douloureuses, tandis que dans mes
oreilles semble retentir le tocsin de la canonnade. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« On ne sapprochait de lui
quavec vénération, parce quon remarquait dans ses
yeux le regard dun ange. » (Les Chants de Maldoror
- Chant II)
« Un jour, donc, fatigué de talonner du
pied le sentier abrupte du voyage terrestre, et de m'en aller, en
chancelant comme un homme ivre, à travers les catacombes
obscures de la vie, je soulevai avec lenteur mes yeux
spleenétiques, cernés d'un grand cercle bleuâtre, vers la
concavité du firmament, et j'osai pénétrer, moi, si jeune, les
mystères du ciel ! » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Il tenait à la main le tronc pourri
d'un homme mort, et le portait, alternativement, des yeux au nez
et du nez à la bouche ; une fois à la bouche, on devine ce
qu'il en faisait. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Soyez certains que, si leur mâchoire
était conforme à la mesure de leurs vux infinis, la
cervelle, la rétine des yeux, la colonne vertébrale, tout votre
corps y passerait. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Saleté, reine des empires, conserve aux
yeux de ma haine le spectacle de laccroissement insensible
des muscles de ta progéniture affamée. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Avec ses yeux impuissants, il tâche de
percer lobscurité de la nuit ; car, son cerveau de
chien ne comprend pas cela. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« la terre ne lui montre que des illusions
et des fantasmagories morales ; mais vous, ô mathématiques
concises, par l'enchaînement rigoureux de vos propositions
tenaces et la constance de vos lois de fer, vous faites luire,
aux yeux éblouis, un reflet puissant de cette vérité suprême
dont on remarque l'empreinte dans l'ordre de l'univers. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Depuis ce temps, jai vu plusieurs
générations humaines élever, le matin, ses ailes et ses yeux,
vers lespace, avec la joie inexpériente de la chrysalide
qui salue sa dernière métamorphose, et mourir, le soir, avant
le coucher du soleil, la tête courbée, comme des fleurs fanées
que balance le sifflement plaintif du vent. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« "O lampe au bec d'argent, mes yeux
t'aperçoivent dans les airs, compagne de la voûte des
cathédrales, et cherchent la raison de cette suspension. On dit
que tes lueurs éclairent, pendant la nuit, la tourbe de ceux qui
viennent adorer le Tout-Puissant et que tu montres aux repentis
le chemin qui mène à l'autel. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« Après avoir parlé ainsi, Maldoror ne
sort pas du temple, et reste les yeux fixés sur la lampe du
saint lieu... Il croit voir une espèce de provocation, dans
lattitude de cette lampe, qui lirrite au plus haut
degré, par sa présence inopportune. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« Il reconnaît la forme de la
lampe ; il reconnaît la forme de l'ange ; mais, il ne
peut pas les scinder dans son esprit ; en effet, dans la
réalité, elle sont collées l'une dans l'autre, et ne forment
qu'un corps indépendant et libre ; mais, lui croit que
quelque nuage a voilé ses yeux, et lui a fait perdre un peu de
l'excellence de sa vue. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Le jour, ma pensée se fatigue dans des
méditations bizarres, pendant que mes yeux errent au hasard dans
lespace ; et, la nuit, je ne peux pas dormir. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Comme je la dédaigne, elle rend ma
figure pâle et fait luire mes yeux avec la flamme aigre de la
fièvre. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Les hommes, eux, mettent leur gloire à
timiter ; cest pourquoi la bonté sainte ne
reconnaît pas son tabernacle dans leurs yeux farouches : tel
père, tel fils. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Je ne désire pas te montrer la haine
que je te porte et que je couve avec amour, comme une fille
chérie ; car, il vaut mieux la cacher à tes yeux et
prendre seulement, devant toi, l'aspect d'un censeur sévère,
chargé de contrôler tes actes impurs. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« C'était le matin ; le soleil se
leva à l'horizon, dans toute sa magnificence, et voilà qu'à
mes yeux se lève aussi un jeune homme, dont la présence
engendrait des fleurs sur son passage. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« Alors, avec une démarche modeste, et
les yeux baissés, elle foula lherbe du gazon, en se
dirigeant de mon côté. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Non que je te sois jamais infidèle :
celle qui se livre à moi avec tant d'abandon et de confiance,
avec autant de confiance et d'abandon, je me livre à elle ;
mais, mets-te le dans la tête, pour ne jamais l'oublier : les
loups et les agneaux ne se regardent pas avec des yeux
doux." » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« De temps à autre, je jetais les yeux
vers les cités, endormies sur la terre ferme ; et, voyant
que personne ne se doutait qu'un vaisseau allait sombrer, à
quelques milles du rivage, avec une couronne d'oiseaux de proie
et un piédestal de géants aquatiques, au ventre vide, je
reprenais courage, et l'espérance me revenait : j'étais donc
sûr de leur perte ! » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Alors, je ne connaissais plus de borne
à ma fureur ; il me prenait des accès de cruauté, et je
devenais terrible pour celui qui s'approchait de mes yeux
hagards, si toutefois il appartenait à ma race. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Leurs yeux féroces éclairent
suffisamment la scène du carnage... Mais, quel est encore ce
tumulte des eaux, là-bas, à lhorizon ? On dirait une
trombe qui sapproche. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Il a les yeux fixés sur cette
courageuse femelle de requin, aux dents si fortes. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Ils se regardèrent entre les yeux
pendant quelques minutes ; et chacun sétonna de
trouver tant de férocité dans les regards de
lautre. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« A-t-il encore dix-sept ans ? C'est
mourir jeune ! la foule paralysée continue de jeter sur lui ses
yeux immobiles... Il se fait nuit. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« En attendant, le noyé ouvre des yeux
ternes, et, par un sourire blafard, remercie son
bienfaiteur ; mais, il est faible encore, et ne peut faire
aucun mouvement. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« l'excavation s'évapore, goutte
d'éther ; la lumière apparaît, avec son cortége de
rayons, comme un vol de courlis qui s'abat sur les
lavandes ; et l'homme se retrouve en face de lui-même, les
yeux ouverts et blêmes. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Des yeux vengeurs, que la science
ignorante appelle météores, répandent une flamme
livide, passent en roulant sur eux-mêmes, et articulent des
paroles de mystère... quil comprend ! Alors, son
chevet est broyé par les secousses de son corps, accablé sous
le poids de linsomnie, et il entend la sinistre respiration
des rumeurs vagues de la nuit. » (Les Chants de Maldoror
- Chant II)
« Ces cris, devenus rampants, et doués
d'anneaux innombrables, avec une tête petite et aplatie, des
yeux perfides, ont juré d'être en arrêt devant l'innocence
humaine ; et, quand celle-ci se promène dans les
enchevêtrements des maquis, ou au revers des talus ou sur les
sables des dunes, elle ne tarde pas à changer d'idée. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Mais nos yeux exprimaient tout. »
(Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Voyant ses manuvres inutiles, il
détourne les yeux, mord son frein terrestre avec la bave de la
rage, et regarde l'horizon, qui s'enfuit à notre
approche. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Voyant mes manuvres inutiles, je
ne m'étonne pas de ne pas pouvoir le rendre heureux ; le
Tout-Puissant m'apparaît revêtu de ses instruments de torture,
dans toute l'auréole resplendissante de son horreur ; je
détourne les yeux et regarde l'horizon qui s'enfuit à notre
approche... » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Je ne vois pas des larmes sur ton
visage, beau comme la fleur du cactus, et tes paupières sont
sèches, comme le lit du torrent ; mais, je distingue, au
fond de tes yeux, une cuve, pleine de sang, où bout ton
innocence, mordue au cou par un scorpion de la grande
espèce. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Je ne vois pas des larmes sur ton
visage, beau comme la fleur du cactus, et tes paupières sont
sèches, comme le lit du torrent ; mais, je distingue, au
fond de tes yeux, une cuve, pleine de sang, où bout ton
innocence, mordue au cou par un scorpion de la grande
espèce. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Ferme tes yeux ; car, sinon, ton
visage, calciné comme la lave du volcan, tombera en cendres sur
le creux de ma main." » (Les Chants de Maldoror -
Chant III)
« Je t'assure qu'il n'y a pas de feu dans
mes yeux, quoique j'y ressente la même impression que si mon
crâne était plongé dans un casque de charbons ardents. »
(Les Chants de Maldoror - Chant III)
« La jeune fille lui présente la croix
dor qui ornait son cou, afin quil
lépargne ; elle navait pas osé le présenter
aux yeux farouches de celui qui, dabord, avait eu la
pensée de profiter de la faiblesse de son âge. » (Les
Chants de Maldoror - Chant III)
« Tremdall, debout sur la vallée, a mis
une main devant ses yeux, pour concentrer les rayons solaires, et
rendre sa vue plus perçante, tandis que l'autre palpe le sein de
l'espace, avec le bras horizontal et immobile. » (Les
Chants de Maldoror - Chant III)
« Penché en avant, statue de l'amitié,
il regarde avec des yeux, mystérieux comme la mer, grimper, sur
la pente de la côte, les guêtres du voyageur, aidé de son
bâton ferré. » (Les Chants de Maldoror -
Chant III)
« Il appela, dans la cellule voisine, un
jeune homme qui était venu dans cette maison pour passer
quelques moments d'insouciance avec une de ces femmes, et lui
enjoignit de venir se placer à un pas de ses yeux. » (Les
Chants de Maldoror - Chant III)
« Oh ! comme les poules et les coqs
séloignaient avec respect, malgré leur faim, de cette
longue traînée de sang, sur la terre imbibée ! " Et je me
demandais qui pouvait être son maître ! Et mes yeux se
recollaient à la grille avec plus dénergie ! ... »
(Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Et je me demandais qui pouvait être son
maître ! Et mes yeux se recollaient à la grille avec plus
dénergie ! ... » (Les Chants de Maldoror -
Chant III)
« Et je me demandais qui pouvait être son
maître ! Et mes yeux se recollaient à la grille avec plus
dénergie ! ... » (Les Chants de Maldoror -
Chant III)
« Les phares de la côte le poursuivront,
jusquaux limites du septentrion, de leurs reflets
sarcastiques, et les feux follets des maremmes, simples vapeurs
en combustion, dans leurs danses fantastiques, feront frissonner
les poils de ses pores, et verdir liris de ses
yeux. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Je jetai, par dessus le parapet, le
canif qui mavait servi à graver les lettres ; et,
faisant quelques rapides réflexions sur le caractère du
Créateur en enfance, qui devait encore, hélas ! pendant
bien de temps, faire souffrir lhumanité (léternité
est longue), soit par les cruautés exercées, soit par le
spectacle ignoble des chancres quoccasionne un grand vice,
je fermai les yeux, comme un homme ivre, à la pensée
davoir un tel être pour ennemi, et je repris, avec
tristesse, mon chemin, à travers les dédales des rues. »
(Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Je connais, je conçois une maladie plus
terrible que les yeux gonflés par les longues méditations sur
le caractère étrange de l'homme : mais, je la cherche
encor... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« le besoin de pleurer s'empara de moi si
fortement, que mes yeux laissèrent tomber une larme. »; (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« le calme du front a disparu pour faire
place à deux énormes yeux de poissons qui (n'est-ce pas
déplorable ?)... qui... qui se mettent à briller comme des
phares ! Souvent, il m'arrivera d'énoncer, avec solennité, les
propositions les plus bouffonnes... je ne trouve pas que cela
devienne un motif péremptoirement suffisant pour élargir la
bouche ! Je ne puis m'empêcher de rire, me
répondrez-vous ; j'accepte cette explication absurde, mais,
alors, que ce soit un rire mélancolique. » (Les Chants
de Maldoror - Chant IV)
« Si vous ne pouvez pleurer par les yeux,
pleurez par la bouche. » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Leurs yeux brillaient d'une flamme si
noire et si forte, que je ne crus pas d'abord que ces deux femmes
appartinssent à mon espèce. » (Les Chants de Maldoror
- Chant IV)
« elle riaient avec un aplomb tellement
égoïste, et leurs traits inspiraient tant de répugnance, que
je ne doutai pas un seul instant que je n'eusse devant les yeux
les deux spécimens les plus hideux de la race humaine. » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Ils ne savaient pas que le mal qu'a fait
l'homme ne peut plus se défaire ! J'ai pardonné à la
profondeur de leur ignorance native, et je les ai salués des
paupières de mes yeux. » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Mais, quand il apprendra qu'il n'est pas
observé, jette les yeux sur lui, et tu le verras cracher sa bave
sur la vertu ; il t'a trompé, celui qui est descendu de la
race humaine, mais, il ne te trompera plus : tu sauras désormais
ce qu'il deviendra. » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Qui que tu sois, défends-toi ;
car, je vais diriger vers toi la fronde dune terrible
accusation : ces yeux ne tappartiennent pas... » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Je ne jetterai pas à tes pieds le
masque de la vertu, pour paraître à tes yeux tel que je
suis ; car, je ne lai jamais porté (si, toutefois,
cest là une excuse) ; et, dès les premiers instants,
si tu remarques mes traits avec attention, tu me reconnaîtras
comme ton disciple respectueux dans la perversité, mais, non
pas, comme ton rival redoutable. »; (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Écoute, à moins que tu ne sois la
faible condensation d'un brouillard (tu caches ton corps quelque
part, et je ne puis le rencontrer) : un matin, que je vis une
petite fille qui se penchait sur un lac, pour cueillir un lotus
rose, elle affermit ses pas, avec une expérience précoce ;
elle se penchait vers les eaux, quand ses yeux rencontrèrent mon
regard (il est vrai que, de mon côté, ce n'était pas sans
préméditation). » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Cherchons ce corps introuvable, que
cependant mes yeux aperçoivent : il mérite, de ma part, les
marques les plus nombreuses d'une admiration sincère. » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Tout est expliqué, les grands comme les
plus petits détails ; ceux-ci sont indifférents à
remettre devant lesprit, comme, par exemple,
larrachement des yeux à la femme blonde : cela nest
presque rien ! ... » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Celui qui, pendant un jour, a poursuivi
lautruche à travers le désert, sans pouvoir
latteindre, na pas eu le temps de prendre de la
nourriture et de fermer les yeux. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Mais, qui connaît ses besoins intimes
ou la cause de ses joies pestilentielles ? la métamorphose ne
parut jamais à mes yeux que comme le haut et magnanime
retentissement d'un bonheur parfait, que j'attendais depuis
longtemps. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« En effet, cet amphibie (puisque amphibie
il y a, sans qu'on puisse affirmer le contraire) n'était visible
que pour moi seul, abstraction faite des poissons et des
cétacés ; car, je m'aperçus que quelques paysans, qui
s'étaient arrêtés à contempler mon visage, troublé par ce
phénomène surnaturel, et qui cherchaient inutilement à
s'expliquer pourquoi mes yeux étaient constamment fixés, avec
une persévérance qui paraissait invincible, et qui ne l'était
pas en réalité, sur un endroit de la mer où ils ne
distinguaient, eux, qu'une quantité appréciable et limitée de
bancs de poissons de toutes les espèces, distendaient
l'ouverture de leur bouche grandiose, peut-être autant qu'une
baleine. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« De telle manière que, quant à ce qui
me concerne, tournant machinalement les yeux du côté de
l'envergure remarquable de ces puissantes bouches, je me disais,
en moi-même, qu'à moins qu'on ne trouvât dans la totalité de
l'univers un pélican, grand comme une montagne ou du moins comme
un promontoire (admirez, je vous prie, la finesse de la
restriction qui ne perd aucun pouce de terrain), aucun bec
d'oiseau de proie ou mâchoire d'animal sauvage ne serait jamais
capable de surpasser, ni même d'égaler, chacun de ces cratères
béants, mais trop lugubres. » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« O mon frère, je t'ai pardonné, toi la
cause première de tous mes maux ! se peut-il qu'une rage aveugle
ne puisse enfin dessiller ses propres yeux l J'ai fait beaucoup
de réflexions, dans ma prison éternelle. » (Les Chants
de Maldoror - Chant IV)
« En croiras-tu tes propres yeux ?
Depuis le jour que je menfuis de la maison paternelle, je
ne me plains pas autant que tu le penses dhabiter la mer et
ses grottes de cristal. » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Et, quoiqu'au bout de quelques secondes,
il eût complètement disparu à mes yeux, avec une longue vue,
je pus encore le distinguer, aux dernières limites de
l'horizon. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Il nageait, d'une main, et, de l'autre,
essuyait ses yeux, qu'avait injectés de sang la contrainte
terrible de s'être approché de la terre ferme. » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« irréparablement ? Ce choc
la-t-il tué ? Je crains de savoir ce dont mes yeux
fermés ne furent pas témoins. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Cependant, je ne rêve pas ;
quimporte que je sois étendu sur mon lit de satin ?
Je fais avec sang-froid la perspicace remarque que jai les
yeux ouverts, quoiquil soit lheure des dominos roses
et des bals masqués. » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Et moi, qui n'étais pas certain de ne
pas rêver, devinant, par ce que j'avais entendu, la nature des
relations hostiles qui unissaient, au-dessus de moi, dans un
combat sanglant, le vautour des agneaux et le grand-duc de
Virginie, je rejetai, comme un capuchon, ma tête en arrière,
afin de donner, au jeu de mes poumons, l'aisance et
l'élasticité susceptibles, et je leur criai, en dirigeant mes
yeux vers le haut : "Vous autres, cessez votre
discorde. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Mes yeux chercheront la marque des
cicatrices ; mes dix doigts concentreront la totalité de
leur attention à palper soigneusement la chair de cet
excentrique ; je vérifierai que les éclaboussures de la
cervelle ont rejailli sur le satin de mon front. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
« Quoique l'insomnie entraîne, vers les
profondeurs de la fosse, ces muscles qui déjà répandent une
odeur de cyprés, jamais la blanche catacombe de mon intelligence
n'ouvrira ses sanctuaires aux yeux du Créateur. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
« Impénétrable comme les géants, moi,
jai vécu sans cesse avec lenvergure des yeux
béante. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Une poix visqueuse épaissit le
cristallin des yeux. » (Les Chants de Maldoror -
Chant V)
« Pendant un temps, bien entendu,
suffisant, dirige la lueur de tes yeux vers ce que j'ai le droit,
comme un autre, d'appeler mon visage ! Ne vois-tu pas comme il
pleure ? Tu t'es trompé, basilic. » (Les Chants de
Maldoror - Chant V)
« je ne me trompe pas ; et, malgré
les métamorphoses multiples auxquelles tu as recours, toujours
ta tête de serpent reluira devant mes yeux comme un phare
déternelle injustice, et de cruelle domination ! Il a
voulu prendre les rênes du commandement, mais il ne sait pas
régner ! Il a voulu devenir un objet dhorreur pour
tous les êtres de la création, et il a réussi. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
« Si tes yeux sont enfin dessillés, juge
toi-même quelles ont été les conséquences de ta
conduite. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Le malheur naurait pas alors
soufflé, sur mes yeux aveuglés, des dunes entières de sable
mouvant ; jaurais découvert lendroit souterrain
où gît la vérité endormie, et les fleuves de mon sperme
visqueux auraient trouvé de la sorte un océan où se
précipiter ! » (Les Chants de Maldoror -
Chant V)
« Moi, j'ai toujours éprouvé un caprice
infâme pour la pâle jeunesse des colléges, et les enfants
étiolés des manufactures ! Mes paroles ne sont pas les
réminiscences d'un rêve, et j'aurai trop de souvenirs à
débrouiller, si l'obligation m'était imposée de faire passer
devant vos yeux les événements qui pourraient affermir de leur
témoignage la véracité de ma douloureuse affirmation. »
(Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Lon ne peut sapercevoir
daucun mouvement dans ses ailes : vous ouvririez les yeux
comme la porte dun four, que ce serait dautant
inutile. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Il s'approchait de plus en plus ;
sa figure de platine commençait à devenir perceptible, quoique
le bas en fût entièrement enveloppé d'un manteau que le
lecteur s'est gardé d'ôter de sa mémoire et qui ne laissait
apercevoir que les yeux. » (Les Chants de Maldoror -
Chant V)
« le bruit du galop s'accroissait de plus
en plus ; et, comme le cavalier, étreignant la ligne
d'horizon, paraissait en vue, dans le champ d'optique
qu'embrassait le portail du cimetière, rapide comme un cyclone
giratoire, le prêtre des religions plus gravement reprit :
"Vous ne semblez pas vous douter que celui-ci, que la
maladie força de ne connaître que les premières phases de la
vie, et que la fosse vient de recevoir dans son sein, est
l'indubitable vivant ; mais, sachez, au moins, que
celui-là, dont vous apercevez la silhouette équivoque emportée
par un cheval nerveux, et sur lequel je vous conseille de fixer
le plus tôt possible les yeux, car il n'est plus qu'un point, et
va bientôt disparaître dans la bruyère, quoiqu'il ait beaucoup
vécu, est le seul véritable mort." » (Les Chants
de Maldoror - Chant V)
« Il a résolu de ne pas fermer les yeux,
afin dattendre son ennemi de pied ferme. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
« Ne roule pas dans leur orbite ces yeux
furibonds. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« je baissais les yeux, parce que je vis
dans les tiens une flamme surnaturelle. » (Les Chants de
Maldoror - Chant V)
« Ma résistance était presque nulle, et
je fermai les yeux : les trépignements d'un troupeau de
bufs s'entendirent à quelque distance, apportés par le
vent. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Il cherche des yeux la carafe de cristal
afin d'humecter son palais desséché. » (Les Chants de
Maldoror - Chant V)
« Il avait une faculté spéciale pour
prendre des formes méconnaissables aux yeux exercés. » (Les
Chants de Maldoror - Chant VI)
« Les magasins de la rue Vivienne étalent
leurs richesses aux yeux émerveillés. Éclairés par de
nombreux becs de gaz, les coffrets d'acajou et les montres en or
répandent à travers les vitrines des gerbes de lumière
éblouissante. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Femme, ôte-toi de là, et va
taccroupir dans un coin ; tes yeux
mattendrissent, et tu ferais mieux de refermer le conduit
de tes glandes lacrymales. » (Les Chants de Maldoror -
Chant VI)
« - "Trois étoiles au lieu d'une
signature, s'écrie Mervyn ; et une tâche de sang au bas de
la page !" Des larmes abondantes coulent sur les curieuses
phrases que ses yeux ont dévorées, et qui ouvrent à son esprit
le champ illimité des horizons incertains et nouveaux. » (Les
Chants de Maldoror - Chant VI)
« Ses professeurs ont observé que ce
jour-là il na pas ressemblé à lui-même ; ses yeux
se sont assombris démesurément, et le voile de la réflexion
excessive sest abaissé sur la région
péri-orbitaire. » (Les Chants de Maldoror -
Chant VI)
« Il se retire, les yeux baissés avec une
fixité froide, et sans rien ajouter. » (Les Chants de
Maldoror - Chant VI)
« la mère appuie ses mains sur son front,
et le père relève les yeux vers le ciel. » (Les Chants
de Maldoror - Chant VI)
« A parler avec franchise, que ne
ferais-je pas pour vous, dont l'inexplicable attachement a su
promptement se révéler à mes yeux éblouis, surtout étonnés
d'une telle preuve de bonté, à laquelle je me suis assuré que
je ne me serais pas attendu. » (Les Chants de Maldoror -
Chant VI)
« Ses yeux reviennent sur eux-mêmes,
après l'achèvement de l'investigation, et il aperçoit, au
milieu du jardin, un homme qui fait de la gymnastique titubante
avec un banc sur lequel il s'efforce de s'affermir, en
accomplissant des miracles de force et d'adresse. » (Les
Chants de Maldoror - Chant VI)
« Il vient sans doute d'en haut, envoyé
par celui qui craint tant de venir lui-même ! Nous verrons, à
uvre, s'il est aussi impérieux qu'il en a l'air ; ce
n'est pas un habitant de l'abricot terrestre ; il trahit son
origine séraphique par ses yeux errants et
indécis." » (Les Chants de Maldoror -
Chant VI)
« Pour construire mécaniquement la
cervelle dun conte somnifère, il ne suffit pas de
disséquer des bêtises et abrutir puissamment à doses
renouvelées lintelligence du lecteur, de manière à
rendre ses facultés paralytiques pour le reste de sa vie, par la
loi infaillible de la fatigue ; il faut, en outre, avec du
bon fluide magnétique, le mettre ingénieusement dans
limpossibilité somnambulique de se mouvoir, en le forçant
à obscurcir ses yeux contre son naturel par la fixité des
vôtres. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Depuis les pleurnicheries odieuses et
spéciales, brevetées sans garantie d'un point de repère, des
Jean-Jacques Rousseau, des Châteaubriand et des nourrices en
pantalon aux poupons Obermann, à travers les autres poètes qui
se sont vautrés dans le limon impur, jusqu'au songe de
Jean-Paul, le suicide de Dolorès de Veintemilla, le Corbeau
d'Allan, la Comédie Infernale du Polonais, les yeux sanguinaires
de Zorilla, et l'immortel cancer, Une Charogne, que peignit
autrefois, avec amour, l'amant morbide de la Vénus hottentote,
les douleurs invraisemblables que ce siècle s'est créées à
lui-même, dans leur voulu monotone et dégoûtant, l'ont rendu
poitrinaire. » (Poésies I)
« Allez, et passez-moi le mot ! l'on
devient méchant, je le répète, et les yeux prennent la teinte
des condamnés à mort. » (Poésies I)
« Ne faites pas comme ces explorateurs
sans pudeur, magnifiques, à leurs yeux, de mélancolie, qui
trouvent des choses inconnues dans leur esprit et dans leur corps
! » (Poésies I)
« Elle tressaille, fronce les sourcils,
lève et abaisse les mains, sans but déterminé, comme un homme
qui se noie ; les yeux jetteront des lueurs
verdâtres. » (Poésies I)
« Cela me fit ouvrir les yeux. » (Lettre
VII (12/3/1870))