Contextes de " oiseau "
« L’oiseau de passage se repose sur elles avec confiance, et
se laisse abandonner à leurs mouvements, pleins d’une grâce
fière, jusqu’à ce que les os de ses ailes aient recouvré
leur vigueur accoutumée pour continuer le pèlerinage aérien. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Ta grandeur morale, image de l’infini, est immense comme la réflexion
du philosophe, comme l’amour de la femme, comme la beauté divine
de l’oiseau, comme les méditations du poète. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Si tu désires l’oiseau qui ne se repose jamais, elles
te l’apporteront. »; (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« On me vit descendre, avec la lenteur de l’oiseau, porté
par un nuage invisible, et ramasser la tête, pour la forcer à être
témoin d’un triple crime, que je devais commettre le jour même,
pendant que la peau de ma poitrine était immobile et calme, comme le
couvercle d’une tombe ! »; (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« De telle manière que, quant à ce qui me concerne,
tournant machinalement les yeux du côté de l’envergure remarquable
de ces puissantes bouches, je me disais, en moi-même, qu’à
moins qu’on ne trouvât dans la totalité de l’univers un pélican,
grand comme une montagne ou du moins comme un promontoire (admirez, je
vous prie, la finesse de la restriction qui ne perd aucun pouce de terrain),
aucun bec d’oiseau de proie ou mâchoire d’animal sauvage ne
serait jamais capable de surpasser, ni même d’égaler, chacun
de ces cratères béants, mais trop lugubres. »; (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Si cet être vivant, à respiration pulmonaire et simple,
à corps garni de poils, avait été un oiseau entier
jusqu’à la plante des pieds, et non plus seulement jusqu’aux épaules,
il ne m’aurait pas alors été si difficile de le reconnaître
: chose très facile à faire, comme vous allez le voir vous-même. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Elles l’avaient enfermé dans une cage, au-dessus de la porte,
et les passants s’arrêtaient, chaque fois, pour écouter les
chants de l’oiseau, admirer sa grâce fugitive et étudier
ses formes savantes. »; (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Là, malgré les cris et les supplications de sa famille
(nous tenions beaucoup à cet oiseau, qui était, pour
nous, comme le génie de la maison) il écrasa de ses talons
ferrés la boîte d’osier, pendant qu’une varlope, tournoyant
autour de sa tête, tenait à distance les assistants. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Ma mère et moi, nous nous efforçâmes de retenir
la vie de l’oiseau, prête à s’échapper ; il
atteignait à sa fin, et le mouvement de ses ailes ne s’offrait plus
à la vue, que comme le miroir de la suprême convulsion d’agonie. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« De temps à autre, une de mes sœurs montrait sa tête
devant le bas de l’escalier pour se renseigner sur le sort du malheureux
oiseau, et la retirait avec tristesse. »; (Les Chants de
Maldoror - Chant VI)
« Elle vit ma mère pâlir, et l’oiseau, après
avoir, pendant un éclair, relevé le cou, par la dernière
manifestation de son système nerveux, retomber entre ses doigts,
inerte à jamais. »; (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« De telle manière qu’il resta ostensiblement dans l’intérieur
du lac ; mais, chacun se tint à l’écart, et aucun oiseau
ne s’approcha de son plumage honteux, pour lui tenir compagnie. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant VI)
Contextes de " oiseaux "
« Après avoir de sang-froid regardé plusieurs fois de
tous les côtés avec des yeux qui renferment l’expérience,
prudemment, la première (car, c’est elle qui a le privilége
de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en
intelligence), avec son cri vigilant de mélancolique sentinelle,
pour repousser l’ennemi commun, elle vire avec flexibilité la pointe
de la figure géométrique (c’est peut-être un triangle,
mais on ne voit pas le troisième côté que forment dans
l’espace ces curieux oiseaux de passage), soit à bâbord,
soit à tribord, comme un habile capitaine ; »; (Les Chants
de Maldoror - Chant I)
« Rien... si ce ne sont les campagnes qui dansent en tourbillons avec
les arbres et avec les longues files d’oiseaux qui traversent les
airs. »; (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Vieil océan, ta forme harmonieusement sphérique, qui
réjouit la face grave de la géométrie, ne me rappelle
que trop les petits yeux de l’homme, pareils à ceux du sanglier
pour la petitesse, et à ceux des oiseaux de nuit pour la
perfection circulaire du contour. Cependant, l’homme s’est cru beau dans
tous les siècles. »; (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Que ne t’apporteraient-elles pas ! Elles t’apporteraient même
le cerf-volant, grand comme une tour, qu’on a caché dans la lune,
et à la queue duquel sont suspendus, par des liens de soie, des
oiseaux de toute espèce. »; (Les Chants de Maldoror
- Chant I)
« Aux îles Fœroé, il assista à la recherche des
nids d’oiseaux de mer, dans les crevasses à pic, et s’étonna
que la corde de trois cents mètres, qui retient l’explorateur au
dessus du précipice, fût choisie d’une telle solidité. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Les oiseaux, éveillés, contemplent avec ravissement
cette figure mélancolique, à travers les branches des arbres,
et le rossignol ne veut pas faire entendre ses cavatines de cristal. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Que l’univers entier entonne, à chaque heure du temps, ton
cantique éternel ! Les oiseaux te bénissent, en prenant
leur essor dans la campagne. »; (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« Il me semblait qu’ils devaient m’entendre ! Il me semblait que ma
haine et mes paroles, franchissant la distance, anéantissaient les
lois physiques du son, et parvenaient, distinctes, à leurs oreilles,
assourdies par les mugissements de l’océan en courroux ! Il me semblait
qu’ils devaient penser à moi, et exhaler leur vengeance en impuissante
rage ! De temps à autre, je jetais les yeux vers les cités,
endormies sur la terre ferme ; et, voyant que personne ne se doutait qu’un
vaisseau allait sombrer, à quelques milles du rivage, avec une couronne
d’oiseaux de proie et un piédestal de géants aquatiques,
au ventre vide, je reprenais courage, et l’espérance me revenait
: j’étais donc sûr de leur perte ! Ils ne pouvaient échapper
! Par surcroît de précaution, j’avais été chercher
mon fusil à deux coups, afin que, si quelque naufragé était
tenté d’aborder les rochers à la nage, pour échapper
à une mort imminente, une balle sur l’épaule lui fracassât
le bras, et l’empêchât d’accomplir son dessein. »; (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Quand elle me parlait des tombes du cimetière, en me disant
qu’on respirait dans cette atmosphère les agréables parfums
des cyprès et des immortelles, je me gardai de la contredire ; mais,
je lui disais que c’était la ville des oiseaux, que, là,
ils chantaient depuis l’aurore jusqu’au crépuscule du soir, et que
les tombes étaient leurs nids, où ils couchaient la nuit
avec leur famille, en soulevant le marbre. »; (Les Chants de Maldoror
- Chant III)
« C’était une journée de printemps. Les oiseaux
répandaient leurs cantiques en gazouillements, et les humains, rendus
à leurs différents devoirs, se baignaient dans la sainteté
de la fatigue. »; (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« J’appelle grimace dans les oiseaux ce qui porte le même
nom dans l’humanité ! Le coq ne sort pas de sa nature, moins par
incapacité, que par orgueil. »; (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Toute une série d’oiseaux rapaces, amateurs de la
viande d’autrui et défenseurs de l’utilité de la poursuite,
beaux comme des squelettes qui effeuillent des panoccos de l’Arkansas,
voltigent autour de ton front, comme des serviteurs soumis et agréés. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Ne les sens-tu pas ? Regarde ces oiseaux de proie, qui attendent
que nous nous éloignions, pour commencer ce repas géant ;
il en vient un nuage perpétuel des quatre coins de l’horizon. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« C’est à la voix de l’instinct que les étourneaux obéissent,
et leur instinct les porte à se rapprocher toujours du centre du
peloton, tandis que la rapidité de leur vol les emporte sans cesse
au delà ; en sorte que cette multitude d’oiseaux, ainsi réunis
par une tendance commune vers le même point aimanté, allant
et venant sans cesse, circulant et se croisant en tous sens, forme une
espèce de tourbillon fort agité, dont la masse entière,
sans suivre de direction bien certaine, paraît avoir un mouvement
général d’évolution sur elle-même, résultant
des mouvements particuliers de circulation propres à chacune de
ses parties, et dans lequel le centre, tendant perpétuellement à
se développer, mais sans cesse pressé, repoussé par
l’effort contraire des lignes environnantes qui pèsent sur lui,
est constamment plus serré qu’aucune de ces lignes, lesquelles le
sont elles-mêmes d’autant plus, qu’elles sont plus voisines du centre. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant V)
« J’avais emboîté mon pas sur ses traces, et j’étais
encore à une grande distance du lieu de la scène ; car, de
même que les stercoraires, oiseaux inquiets comme s’ils étaient
toujours affamés, se plaisent dans les mers qui baignent les deux
pôles, et n’avancent qu’accidentellement dans les zônes tempérées,
ainsi je n’étais pas tranquille, et je portais mes jambes en avant
avec beaucoup de lenteur. »; (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Seulement, cette fois, je m’en dispense ; pour la clarté
de ma démonstration, j’aurais besoin qu’un de ces oiseaux
fût placée sur ma table de travail, quand même il ne
serait qu’empaillé. »; (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Je me connais à lire l’âge dans les lignes physiognomoniques
du front : il a seize ans et quatre mois ! Il est beau comme la rétractilité
des serres des oiseaux rapaces ; ou encore, comme l’incertitude
des mouvements musculaires dans les plaies des parties molles de la région
cervicale postérieure ; ou plutôt, comme ce piége à
rats perpétuel, toujours retendu par l’animal pris, qui peut prendre
seul des rongeurs indéfiniment, et fonctionner même caché
sous la paille ; et surtout, comme la rencontre fortuite sur une table
de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ! Mervyn,
ce fils de la blonde Angleterre, vient de prendre chez son professeur une
leçon d’escrime, et, enveloppé dans son tartan écossais,
il retourne chez ses parents. »; (Les Chants de Maldoror - Chant
VI)
« Il se dit que c’est une retraite sûre pour lui ; à
l’aide d’une métamorphose, sans abandonner sa charge, il se mêle
à la bande des autres oiseaux. »; (Les Chants de Maldoror
- Chant VI)
"Par la grâce et la liberté des mouvements, c’est l’oiseau qui symbolise dans les poèmes ducassiens l’activité facile et heureuse." (Lautréamont de Gaston Bachelard, cité dans Benchelah 87)
Les oiseaux dans les oeuvres de Lautréamont: