« Est-ce pour ce motif que vous vous montrez devant moi dans cette prosternation ? ou bien, est-ce parce que vous me voyez parcourir, phénomène nouveau, comme une comète effrayante, l’espace ensanglanté ? (Il me tombe une pluie de sang de mon vaste corps, pareil à un nuage noirâtre que pousse l’ouragan devant soi.) » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« On m’avait souvent parlé de ce phénomène ; mais, je n’avais jamais eu l’occasion de juger par moi-même de sa véracité, Femme, tu me parlais de malheur ; si malheur plus réel exista dans la longue spirale du temps, c’est le malheur de celui qui trouble maintenant le sommeil de ses semblables... » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« A la fin, ma poitrine oppressée, ne pouvant chasser avec assez de vitesse l’air qui donne la vie, les lèvres de ma bouche s’entr’ouvrirent, et je poussai un cri... un cri si déchirant... que je l’entendis ! Les entraves de mon oreille se délièrent d’une manière brusque, le tympan craqua sous le choc de cette masse d’air sonore repoussée loin de moi avec énergie, et il se passa un phénomène nouveau dans l’organe condamné par la nature. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Vous avez maintenant, claire et succincte, l’explication du phénomène. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Je t’avertis ; la première fois que tu me désigneras à la prudence de mes semblables, par l’augmentation de tes lueurs phosphorescentes, comme je n’aime pas ce phénomène d’optique, qui n’est mentionné, du reste, dans aucun livre de physique, je te prends par la peau de ta poitrine, en accrochant mes griffes aux escarres de ta nuque teigneuse, et je te jette dans la Seine. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Rien n’est indigne pour une intelligence grande et simple : le moindre phénomène de la nature, s’il y a mystère en lui, deviendra, pour le sage, inépuisable matière à réflexion. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Quand il voit, à l’horizon, cette chevelure noire, balancée par le vent, il n’encourage pas sa force d’inertie, et prend la fuite avec une vitesse incomparable ! Faut-il voir, dans ce phénomène psychologique, une intelligence supérieure à l’ordinaire instinct des mammifères ? Sans rien certifier et même sans rien prévoir, il me semble que l’animal a compris ce que c’est que le crime ! Comment ne le comprendrait-il pas, quand des êtres humains, eux-mêmes, ont rejeté, jusqu’à ce point indescriptible, l’empire de la raison, pour ne laisser subsister, à la place de cette reine détrônée, qu’une vengeance farouche !
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Je suis sale. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Aussitôt, elle chancela comme le tourbillon qu’engendre la marée autour d’un roc, ses jambes fléchirent, et, chose merveilleuse à voir, phénomène qui s’accomplit avec autant de véracité que je cause avec toi, elle tomba jusqu’au fond du lac : conséquence étrange, elle ne cueillit plus aucune nymphéacée. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Effectivement, si chacun se donne la peine ingénieuse d’interroger les diverses phases de son existence (sans en oublier une seule, car c’était peut-être celle-là qui était destinée à fournir la preuve de ce que j’avance), il ne se souviendra pas, sans un certain étonnement, qui serait comique en d’autres circonstances, que, tel jour, pour parler premièrement de choses objectives, il fut témoin de quelque phénomène qui semblait dépasser et dépassait positivement les notions connues fournies par l’observation et l’expérience, comme, par exemple, les pluies de crapauds, dont le magique spectacle dut ne pas être d’abord compris par les savants. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« En effet, cet amphibie (puisque amphibie il y a, sans qu’on puisse affirmer le contraire) n’était visible que pour moi seul, abstraction faite des poissons et des cétacés ; car, je m’aperçus que quelques paysans, qui s’étaient arrêtés à contempler mon visage, troublé par ce phénomène surnaturel, et qui cherchaient inutilement à s’expliquer pourquoi mes yeux étaient constamment fixés, avec une persévérance qui paraissait invincible, et qui ne l’était pas en réalité, sur un endroit de la mer où ils ne distinguaient, eux, qu’une quantité appréciable et limitée de bancs de poissons de toutes les espèces, distendaient l’ouverture de leur bouche grandiose, peut-être autant qu’une baleine. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Il existe plus d’un être humain qui a vu des têtes chauves : la vieillesse, la maladie, la douleur (les trois ensemble ou prises séparément) expliquent ce phénomène négatif d’une manière satisfaisante. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Celui-ci s’avance avec majesté, comme un vaisseau qui fend la pleine mer, et ne craint pas le phénomène de l’enfoncement ; car, au moment actuel, les tempêtes et les écueils ne se font pas remarquer par quelque chose de moins que leur explicable absence. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Mais, bientôt, la nouvelle du phénomène se répand dans les autres couches de la population, et un silence morne plane sur l’auguste capitale. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Les perturbations, les anxiétés, les dépravations, la mort, les exceptions dans l’ordre physique ou moral, l’esprit de négation, les abrutissements, les hallucinations servies par la volonté, les tourments, la destruction, les renversements, les larmes, les insatiabilités, les asservissements, les imaginations creusantes, les romans, ce qui est inattendu, ce qu’il ne faut pas faire, les singularités chimiques de vautour mystérieux qui guette la charogne de quelque illusion morte, les expériences précoces et avortées, les obscurités à carapace de punaise, la monomanie terrible de l’orgueil, l’inoculation des stupeurs profondes, les oraisons funèbres, les envies, les trahisons, les tyrannies, les impiétés, les irritations, les acrimonies, les incartades agressives, la démence, le splëen, les épouvantements raisonnés, les inquiétudes étranges, que le lecteur préférerait ne pas éprouver, les grimaces, les névroses, les filières sanglantes par lesquelles on fait passer la logique aux abois, les exagérations, l’absence de sincérité, les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires que les meurtres, les passions, le clan des romanciers de cours d’assises, les tragédies, les odes, les mélodrames, les extrêmes présentés à perpétuité, la raison impunément sifflée, les odeurs de poule mouillée, les affadissements, les grenouilles, les poulpes, les requins, le simoun des déserts, ce qui est somnambule, louche, nocturne, somnifère, noctambule, visqueux, phoque parlant, équivoque, poitrinaire, spasmodique, aphrodisiaque, anémique, borgne, hermaphrodite, bâtard, albinos, pédéraste, phénomène d’aquarium et femme à barbe, les heures soûles du découragement taciturne, les fantaisies, les âcretés, les monstres, les syllogismes démoralisateurs, les ordures, ce qui ne réfléchit pas comme l’enfant, la désolation, ce mancenillier intellectuel, les chancres parfumés, les cuisses aux camélias, la culpabilité d’un écrivain qui roule sur la pente du néant et se méprise lui-même avec des cris joyeux, les remords, les hypocrisies, les perspectives vagues qui vous broient dans leurs engrenages imperceptibles, les crachats sérieux sur les axiômes sacrés, la vermine et ses chatouillements insinuants, les préfaces insensées, comme celles de Cromwell, de Mlle de Maupin et de Dumas fils, les caducités, les impuissances, les blasphêmes, les asphyxies, les étouffements, les rages,-devant ces charniers immondes, que je rougis de nommer, il est temps de réagir enfin contre ce qui nous choque et nous courbe si souverainement. » (Poésies I)
« Le phénomène passe. » (Poésies II)
« Un phénomène bon étant donné, je chercherai sa cause. » (Poésies II)
Contextes de " phénomènes "
« Moi, je pars pour l’éternite, afin d’implorer ton pardon !
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S’il est quelquefois logique de s’en rapporter à l’apparence des phénomènes, ce premier chant finit ici. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Je n’étais pas encore habitué à me rendre un compte rigoureux des phénomènes de mon esprit, au moyen des méthodes que recommande la philosophie. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Et, quoique deux baobabs, au premier coup d’œil, ne ressemblent pas à deux épingles, ni même à deux tours, cependant, en employant habilement les ficelles de la prudence, on peut affirmer, sans crainte d’avoir tort (car, si cette affirmation était accompagnée d’une seule parcelle de crainte, ce ne serait plus une affirmation ; quoiqu’un même nom exprime ces deux phénomènes de l’âme qui présentent des caractères assez tranchés pour ne pas être confondus légèrement) qu’un baobab ne diffère pas tellement d’un pilier, que la comparaison soit défendue entre ces formes architecturales... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Sinon, élevant à la hauteur de son front un regard irrité de tout obstacle, je lui ferai comprendre qu’il n’est pas le seul maître de l’univers ; que plusieurs phénomènes qui relèvent directement d’une connaissance plus approfondie de la nature des choses, déposent en faveur de l’opinion contraire, et opposent un formel démenti à la viabilité de l’unité de la puissance. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Revenons à Confucius, au Boudha, à Socrate, à Jésus-Christ, moralistes qui couraient les villages en souffrant de faim ! Il faut compter désormais avec la raison, qui n’opère que sur les facultés qui président à la catégorie des phénomènes de la bonté pure. » (Poésies II)
« Les phénomènes de l’âme pacifient les sens, leur font des impressions que je ne garantis pas fâcheuses. » (Poésies II)