propre

Contextes de " propre "

« Je regardai dans un miroir cette bouche meurtrie par ma propre volonté ! C’était une erreur ! Le sang qui coulait avec abondance des deux blessures empêchait d’ailleurs de distinguer si c’était là vraiment le rire des autres. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Réponds-moi, océan, veux-tu être mon frère ? Remue-toi avec impétuosité... plus... plus encore, si tu veux que je te compare à la vengeance de Dieu ; allonge tes griffes livides, en te frayant un chemin sur ton propre sein... c’est bien. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Pendant le jour, lorsque l’esprit est en repos, interroge ta conscience ; elle te dira, avec sûreté, que le Dieu qui a créé l’homme avec une parcelle de sa propre intelligence possède une bonté sans limites, et recevra, après la mort terrestre, ce chef-d’œuvre dans son sein. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Je ne suis qu’un simple habitant des roseaux, c’est vrai ; mais, grâce à ton propre contact, ne prenant que ce qu’il y avait de beau en toi, ma raison s’est agrandie, et je puis te parler. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Il incline ses genoux devant vous, et sa vénération rend hommage à votre visage divin, comme à la propre image du Tout-Puissant. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Non pas que la haine conduise le fil de mes raisonnements ; mais, j’ai peur, au contraire, de ta propre haine, qui, par un ordre capricieux, peut sortir de ton cœur et devenir immense, comme l’envergure du condor des Andes. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« C’est ainsi que le Créateur, conservant un sang-froid admirable, jusque dans les souffrances les plus atroces, sait retirer, de leur propre sein, des germes nuisibles aux habitants de la terre. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Je l’avertis de serrer davantage son manteau autour de lui, et lui me fait observer que mon cheval s’éloigne trop du sien : chacun prend autant d’intérêt à la vie de l’autre qu’a sa propre vie ; nous ne rions pas. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« A mon tour, je m’efforce de lui rappeler sa jeunesse dorée, qui ne demande qu’à s’avancer dans les palais des plaisirs, comme une reine ; mais, il remarque que mes paroles sortent difficilement de ma bouche amaigrie, et que les années de mon propre printemps ont passé, tristes et glaciales, comme un rêve implacable qui promène, sur les tables des banquets, et sur les lits de satin, où sommeille la pâle prêtresse d’amour, payée avec les miroitements de l’or, les voluptés amères du désenchantement, les rides pestilentielles de la vieillesse, les effarements de la solitude et les flambeaux de la douleur. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« Je nourrissais de mon propre lait celle qui était plus que ma vie, et que je voyais grandir rapidement, douée de toutes les qualités de l’âme et du corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« Les poules et les coqs, avec leur gosier rassasié, retournaient gratter l’herbe du préau ; la femme, devenue propre, se relevait, tremblante, couverte de blessures, comme lorsqu’on s’éveille après un cauchemar. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« O cheveu, tu le vois toi-même ; de tous les côtés, je suis assailli par le sentiment déchaîné de ma dépravation ! ) Il a dit que le Créateur, qui se vante d’être la Providence de tout ce qui existe, s’est conduit avec beaucoup de légèreté, pour ne pas dire plus, en offrant un pareil spectacle aux mondes étoilés ; car, il a affirmé clairement le dessein qu’il avait d’aller rapporter dans les planètes orbiculaires comment je maintiens, par mon propre exemple, la vertu et la bonté dans la vastitude de mes royaumes. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« Le Créateur continua, accusé reparaissant devant son propre tribunal : "Et les hommes, que penseront-ils de moi, dont ils avaient une opinion si élevée, quand ils apprendront les errements de ma conduite, la marche hésitante de ma sandale, dans les labyrinthes boueux de la matière, et la direction de ma route ténébreuse à travers les eaux stagnante et les humides joncs de la mare où, recouvert de brouillards, bleuit et mugit le crime, à la patte sombre ! ... » (Les Chants de Maldoror - Chant III)

« Tant l’homme inspire de l’horreur à son propre semblable ! Peut-être que, lorsque j’avance cela, je me trompe ; mais, peut-être qu’aussi je dis vrai. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Eh bien, soit ! que ma guerre contre l’homme s’éternise, puisque chacun reconnaît dans l’autre sa propre dégradation... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Que personne ne trouve possible, quand il passera dans cet endroit, de multiplier les tours par deux, afin que le produit soit quatre ! Quelques-uns soupçonnent que j’aime l’humanité comme si j’étais sa propre mère, et que je l’eusse portée, neuf mois, dans mes flancs parfumés ; c’est pourquoi, je ne repasse plus dans la vallée où s’élèvent les deux unités du multiplicande !  » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Discuter est le mot grammatical, et beaucoup de personnes trouveront qu’il ne faudrait pas contredire, sans un volumineux dossier de preuves, ce que je viens de coucher sur le papier ; mais, la chose diffère notablement, s’il est permis d’accorder à son propre instinct qu’il emploie une rare sagacité au service de sa circonspection, quand il formule des jugements qui paraîtraient autrement, soyez-en persuadé, d’une hardiesse qui longe les rivages de la fanfaronnade. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Je le portai dans la chaumière la plus voisine ; car, il venait de s’évanouir, et je ne quittai les laboureurs que lorsque je leur eus laissé ma bourse, pour donner des soins au blessé, et que je leur eusse fait promettre qu’ils prodigueraient au malheureux, comme à leur propre fils, les marques d’une sympathie persévérante. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Le fantôme se moque de moi : il m’aide à chercher son propre corps. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Ce n’est pas la première fois que le cauchemar de la perte momentanée de la mémoire établit sa demeure dans mon imagination, quand, par les inflexibles lois de l’optique, il m’arrive d’être placé devant la méconnaissance de ma propre image !  » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Si vous ne le croyez pas, venez me voir ; vous contrôlerez, par votre propre expérience, non pas la vraisemblance, mais, en outre, la vérité même de mon assertion. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Je ne crois pas que le lecteur ait lieu de se repentir, s’il prête à ma narration, moins le nuisible obstacle d’une crédulité stupide, que le suprême service d’une confiance profonde, qui discute légalement, avec une secrète sympathie, les mystères poétiques, trop peu nombreux, à son propre avis, que je me charge de lui révéler, quand, chaque fois, l’occasion s’en présente, comme elle s’est inopinément aujourd’hui présentée, intimement pénétrée des toniques senteurs des plantes aquatiques, que la bise fraîchissante transporte dans cette strophe, qui contient un monstre, qui s’est approprié les marques distinctives de la famille des palmipèdes. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Me servant de ma propre langue pour émettre ma pensée, je m’aperçois que mes lèvres remuent, et que c’est moi-même qui parle. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« Or, quelle source abondante d’erreurs et de méprises n’est pas toute vérité partiale ! Les bandes d’étourneaux ont une manière de voler qui leur est propre, et semble soumise à une tactique uniforme et régulière, telle que serait celle d’une troupe disciplinée, obéissant avec précision à la voix d’un seul chef. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Cependant, quelle imprudence n’y aurait-il pas à soutenir que mes lèvres ne s’élargiraient pas, s’il m’était donné de voir celui qui prétendrait que, quelque part, cet homme-là existe ? Ce qu’aucun ne souhaiterait pour sa propre existence, m’a été échu par un lot inégal. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Au moins, il est avéré que, pendant le jour, chacun peut opposer une résistance utile contre le Grand Objet Extérieur (qui ne sait pas son nom ?) ; car, alors, la volonté veille à sa propre défense avec un remarquable acharnement. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« - Disparais le plus tôt possible loin de moi, coupable à la face blême ! Le mirage fallacieux de l’épouvantement t’a montré ton propre spectre ! Dissipe tes injurieux soupçons, si tu ne veux pas que je t’accuse à mon tour, et que je ne porte contre toi une récrimination qui serait certainement approuvée par le jugement du serpentaire reptilivore. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Quel est-il, celui qui m’écoute, pour avoir une telle confiance dans l’abus de sa propre faiblesse ?

- Et qui es-tu, toi-même, substance audacieuse ? Non ! ... » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Plein d’admiration pour son adversaire, chacun lève sa propre visière : "Elsseneur ! ...", "Réginald ! ..." » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Mais, dans le cas qui nous préoccupe actuellement, Mervyn complique encore le danger par sa propre ignorance. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Mervyn, tranquillise-toi ; je donnerai des ordres à mes domestiques, afin de rencontrer la trace de celui que, désormais, je chercherai, pour le faire périr de ma propre main. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Il n’avait vu jusqu’à ce moment que sa propre écriture. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Puisque vous paraissez souhaiter que j’aie de la confiance en votre propre personne (vœu qui n’est pas déplacé, je me plais à le confesser), ayez la bonté, je vous prie, de témoigner, à mon égard, une confiance analogue, et de ne pas avoir la prétention de croire que je serais tellement éloigné de votre avis, qu’après demain matin, à l’heure indiquée, je ne serais pas exact au rendez-vous. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Aujourd’hui, sous l’impression des blessures que mon corps a reçues dans diverses circonstances, soit par la fatalité de ma naissance, soit par le fait de ma propre faute ; accablé par les conséquences de ma chute morale (quelques-unes ont été accomplies ; qui prévoira les autres ?) ; spectateur impassible des monstruosités acquises ou naturelles, qui décorent les aponévroses et l’intellect de celui qui parle, je jette un long regard de satisfaction sur la dualité qui me compose... » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Quand même je n’aurais aucun événement de vrai à vous faire entendre, j’inventerais des récits imaginaires pour les transvaser dans votre cerveau, Mais, le malade ne l’est pas devenu pour son propre plaisir ; et la sincérité de ses rapports s’allie à merveille avec la crédulité du lecteur. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Il console le fou avec une compassion feinte, et essuie ses larmes avec son propre mouchoir. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Le corsaire aux cheveux d’or, a reçu la réponse de Mervyn. Il suit dans cette page singulière la trace des troubles intellectuels de celui qui l’écrivit, abandonné aux faibles forces de sa propre suggestion. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Il prend le quai des Grands-Augustins et traverse le quai Conti ; au moment où il passe sur le quai Malaquais, il voit marcher sur le quai du Louvre, parallèlement à sa propre direction, un individu, porteur d’un sac sous le bras, et qui paraît l’examiner avec attention. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« C’est celle qui lui est propre. » (Poésies II)

Contextes de " propres "

« contre le voleur, qui s’enfuit au galop de son cheval après avoir commis un crime ; contre les serpents, remuant les bruyères, qui leur font trembler la peau, grincer les dents ; contre leurs propres aboiements, qui leur font peur à eux-mêmes ; contre les crapauds, qu’ils broient d’un seul coup de mâchoire (pourquoi se sont-ils éloignés du marais ?) ; » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, tu es si puissant, que les hommes l’ont appris à leurs propres dépens. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)

« Le peuple qui n’obéirait pas à ses propres instincts de rampement, et ferait mine de révolte, disparaîtrait tôt ou tard de la terre, comme la feuille d’automne, anéanti par la vengeance du dieu inexorable.  » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« O pou, à la prunelle recroquevillée, tant que les fleuves répandront la pente de leurs eaux dans les abîmes de la mer ; tant que les astres graviteront sur le sentier de leur orbite ; tant que le vide muet n’aura pas d’horizon ; tant que l’humanité déchirera ses propres flancs par des guerres funestes ; tant que la justice divine précipitera ses foudres vengeresses sur ce globe égoïste ; tant que l’homme méconnaîtra son créateur, et se narguera de lui, non sans raison, en y mêlant du mépris, ton règne sera assuré sur l’univers, et ta dynastie étendra ses anneaux de siècle en siècle. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Si elle s’était présentée avec la modestie et l’humilité propres à son rang, et dont elle n’aurait jamais dû se départir, je l’aurais écoutée. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

« Je viens de trouver, je n’ai pas la prétention de dire le contraire, les épithètes propres aux substantifs pilier et baobab : que l’on sache bien que ce n’est pas, sans une joie mêlée d’orgueil, que j’en fais la remarque à ceux qui, après avoir relevé leurs paupières, ont pris la très-louable résolution de parcourir ces pages, pendant que la bougie brûle, si c’est la nuit, pendant que le soleil éclaire, si c’est le jour. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« J’admirais (il était absolument impossible de ne pas faire comme moi) avec quelle exactitude énergique les lames de métal, au lieu de glisser à la surface, comme quand on se bat contre un nègre et qu’on fait des efforts inutiles, propres au cauchemar, pour l’empoigner aux cheveux, s’appliquaient, grâce au goudron, jusqu’à l’intérieur des chairs, marquées par des sillons aussi creux que l’empêchement des os pouvait raisonnablement le permettre. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« O mon frère, je t’ai pardonné, toi la cause première de tous mes maux ! Se peut-il qu’une rage aveugle ne puisse enfin dessiller ses propres yeux l J’ai fait beaucoup de réflexions, dans ma prison éternelle. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« En croiras-tu tes propres yeux ? Depuis le jour que je m’enfuis de la maison paternelle, je ne me plains pas autant que tu le penses d’habiter la mer et ses grottes de cristal. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)

« C’est à la voix de l’instinct que les étourneaux obéissent, et leur instinct les porte à se rapprocher toujours du centre du peloton, tandis que la rapidité de leur vol les emporte sans cesse au delà ; en sorte que cette multitude d’oiseaux, ainsi réunis par une tendance commune vers le même point aimanté, allant et venant sans cesse, circulant et se croisant en tous sens, forme une espèce de tourbillon fort agité, dont la masse entière, sans suivre de direction bien certaine, paraît avoir un mouvement général d’évolution sur elle-même, résultant des mouvements particuliers de circulation propres à chacune de ses parties, et dans lequel le centre, tendant perpétuellement à se développer, mais sans cesse pressé, repoussé par l’effort contraire des lignes environnantes qui pèsent sur lui, est constamment plus serré qu’aucune de ces lignes, lesquelles le sont elles-mêmes d’autant plus, qu’elles sont plus voisines du centre. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Oh ! si au lieu d’être un enfer, l’univers n’avait été qu’un céleste anus immense, regardez le geste que je fais du côté de mon bas-ventre : oui, j’aurais enfoncé ma verge, à travers son sphyncter sanglant, fracassant, par mes mouvements impétueux, les propres parois de son bassin ! Le malheur n’aurait pas alors soufflé, sur mes yeux aveuglés, des dunes entières de sable mouvant ; j’aurais découvert l’endroit souterrain où gît la vérité endormie, et les fleuves de mon sperme visqueux auraient trouvé de la sorte un océan où se précipiter ! Mais, pourquoi me surprends-je à regretter un état de choses imaginaire et qui ne recevra jamais le cachet de son accomplissement ultérieur ? Ne nous donnons pas la peine de construire de fugitives hypothèses. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)

« Quand le vent le balance, l’on raconte que les étudiants du quartier Latin, dans la crainte d’un pareil sort, font une courte prière : ce sont des bruits insignifiants auxquels on n’est point tenu de croire, et propres seulement à faire peur aux petits enfants. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)

« Quand j’ai commencé l’étude de l’homme, j’ai vu que ces sciences lui sont propres, que je sortais moins de ma condition en y pénétrant que les autres en les ignorant. » (Poésies II)