Contextes de " souvenir "
« Ainsi, à ton premier aspect, un souffle
prolongé de tristesse, qu'on croirait être le murmure de ta
brise suave, passe, en laissant des ineffaçables traces, sur
l'âme profondément ébranlée, et tu rappelles au souvenir
de tes amants, sans qu'on s'en rende toujours compte, les rudes
commencements de l'homme, où il fait connaissance avec la
douleur, qui ne le quitte plus. » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« Je vous l'ai dit, depuis la vision qui
me fit connaître la vérité suprême, assez de cauchemars ont
sucé avidement ma gorge, pendant les nuits et les jours, pour
avoir encore le courage de renouveler, même par la pensée, les
souffrances que j'éprouvai dans cette heure infernale, qui me
poursuit sans relâche de son souvenir. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« J'ai gardé sa tête en souvenir
de ma victoire... Une tête à la main, dont je rongeais le
crâne, je me suis tenu sur un pied, comme le héron, au bord du
précipice creusé dans les flancs de la montagne. » (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Il me suffit que j'aie gardé votre souvenir ;
vous devez céder la place à d'autres substances, peut-être
moins belles, qu'enfantera le débordement orageux d'un amour qui
a résolu de ne pas apaiser sa soif auprès de la race
humaine. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il avait oublié ce souvenir de
sa jeunesse (l'habitude émousse la mémoire !) ; et après
vingt ans d'absence, il revenait dans ce pays fatal. » (Les
Chants de Maldoror - Chant III)
« Vous désirez savoir, n'est-ce pas,
comment il se trouve implanté verticalement dans mes reins ?
Moi-même, je ne me le rappelle pas très clairement ;
cependant, si je me décide à prendre pour un souvenir ce
qui n'est peut-être qu'un rêve, sachez que l'homme, quand il a
su que j'avais fait vu de vivre avec la maladie et
l'immobilité jusqu'à ce que j'eusse vaincu le Créateur,
marcha, derrière moi, sur la pointe des pieds, mais, non pas si
doucement, que je ne l'entendisse. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Et même, si le hasard te permettait,
par un miracle absurde, mais non pas, quelquefois, raisonnable,
de retrouver cette peau précieuse qu'a gardée la religieuse
vigilance de ton ennemi, comme le souvenir enivrant de sa
victoire, il est presque extrêmement possible que, quand même
on n'aurait étudié la loi des probabilités que sous le rapport
des mathématiques (or, on sait que l'analogie transporte
facilement l'application de cette loi dans les autres domaines de
l'intelligence), ta crainte légitime, mais, un peu exagérée,
d'un refroidissement partiel ou total, ne refuserait pas
l'occasion importante, et même unique, qui se présenterait
d'une manière si opportune, quoique brusque, de préserver les
diverses parties de ta cervelle du contact de l'atmosphère,
surtout pendant l'hiver, par une coiffure qui, à bon droit,
t'appartient, puisqu'elle est naturelle, et qu'il te serait
permis, en outre (il serait incompréhensible que tu le niasses),
de garder constamment sur la tête, sans courir les risques,
toujours désagréables, d'enfreindre les règles les plus
simples d'une convenance élémentaire. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Chaque nuit, plongeant l'envergure de
mes ailes dans ma mémoire agonisante, j'évoquais le souvenir
de Falmer... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Il me semble que cette injure ne doit
pas (ne doit pas !) disparaître du souvenir si
facilement. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Des larmes coulent maintenant sur ses
joues un peu décolorées, et tombent sur tes draps : le souvenir
est quelquefois plus amer que la chose. » (Les Chants de
Maldoror - Chant V)
« Vous verrez quelque lignes plus loin, à
l'aide de mon silence glacial, qu'il n'arriva pas à temps, pour
leur raconter ce que lui avait rapporté un chiffonnier, caché
derrière l'échafaudage voisin d'une maison en construction, le
jour où le pont du Carrousel, encore empreint de l'humide rosée
de la nuit, aperçut avec horreur l'horizon de sa pensée
s'élargir confusément en cercles concentriques, à l'apparition
matinale du rhythmique pétrissage d'un sac icosaèdre, contre
son parapet calcaire ! Avant qu'il stimule leur compassion, par
le souvenir de cet épisode, ils feront bien de détruire
en eux la semence de l'espoir... » (Les Chants de
Maldoror - Chant VI)
« le souvenir des premiers
s'éteindra. » (Poésies II)
« J'ai nommé le souvenir. »
(Poésies II)
« elle peuvent être le souvenir,
la prophétie. » (Poésies II)
Contextes de " souvenirs "
« Il n'y a pas longtemps que j'ai revu la
mer et foulé le pont des vaisseaux, et mes souvenirs sont
vivaces comme si je l'avais quittée la veille. » (Les
Chants de Maldoror - Chant I)
« Pour clore ce petit incident, qui s'est
lui-même dépouillé de sa gangue par une légèreté aussi
irremédiablement déplorable que fatalement pleine d'intérêt
(ce que chacun n'aura pas manqué de vérifier, à la condition
qu'il ait ausculté ses souvenirs les plus récents), il
est bon, si l'on possède des facultés en équilibre parfait, ou
mieux, si la balance de l'idiotisme ne l'emporte pas de beaucoup
sur le plateau dans lequel reposent les nobles et magnifiques
attributs de la raison, c'est-à-dire, afin d'être plus clair
(car, jusqu'ici je n'ai été que concis, ce que même plusieurs
n'admettront pas, à cause de mes longueurs, qui ne sont
qu'imaginaires, puisqu'elle remplissent leur but, de traquer,
avec le scalpel de l'analyse, les fugitives apparitions de la
vérité, jusqu'en leurs derniers retranchements), si
l'intelligence prédomine suffisamment sur les défauts sous le
poids desquels l'ont étouffée en partie l'habitude, la nature
et l'éducation, il est bon répété-je pour la deuxième et la
dernière fois, car, à force de répéter, on finirait, le plus
souvent ce n'est pas faux, par ne plus s'entendre, de revenir la
queue basse, (si, même, il est vrai que j'aie une queue) au
sujet dramatique cimenté dans cette strophe. » (Les
Chants de Maldoror - Chant IV)
« Ne me rappelais-je donc pas que, moi,
aussi, j'avais été scalpé, quoique ce ne fût que pendant cinq
ans (le nombre exact du temps m'avait failli) que j'avais
enfermé un être humain dans une prison, pour être témoin du
spectacle de ses souffrances, parce qu'il m'avait refusé, à
juste titre, une amitié qui ne s'accorde pas à des êtres comme
moi ? Puisque je fais semblant d'ignorer que mon regard peut
donner la mort, même aux planètes qui tournent dans l'espace,
il n'aura pas tort, celui qui prétendra que je ne possède pas
la faculté des souvenirs. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Combien de fois, depuis cette nuit
passée à la belle étoile, sur une falaise, ne me suis-je pas
mêlé à des troupeaux de pourceaux, pour reprendre, comme un
droit, ma métamorphose détruite ! Il est temps de quitter ces souvenirs
glorieux, qui ne laissent, après leur suite, que la pâle voie
lactée des regrets éternels. » (Les Chants de Maldoror
- Chant IV)
« Je le vis incliner son front, comme pour
invoquer, par un ordre solennel, la meute errante des souvenirs. »
(Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Moi, j'ai toujours éprouvé un caprice
infâme pour la pâle jeunesse des colléges, et les enfants
étiolés des manufactures ! Mes paroles ne sont pas les
réminiscences d'un rêve, et j'aurai trop de souvenirs à
débrouiller, si l'obligation m'était imposée de faire passer
devant vos yeux les événements qui pourraient affermir de leur
témoignage la véracité de ma douloureuse affirmation. »
(Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Oh ! qui démêlera mes souvenirs
confus ! je lui donne pour récompense ce qui reste de mon sang :
en comptant la dernière goutte inclusivement, il y en a pour
remplir au moins la moitié d'une coupe d'orgie." » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)