« la grue la plus vieille et qui forme à elle seule l'avant-garde,
voyant cela, branle la tête comme une personne raisonnable,
conséquemment son bec aussi qu'elle fait claquer, et n'est pas contente
(moi, non plus, je ne le serais pas à sa place), tandis que son
vieux cou, dégarni de plumes et contemporain de trois générations
de grues, se remue en ondulations irritées qui présagent
l'orage qui s'approche de plus en plus. » (Les Chants de Maldoror
- Chant I)
« Il cacha son caractère tant qu'il put, pendant un grand
nombre d'années ; mais, à la fin, à cause de cette
concentration qui ne lui était pas naturelle, chaque jour le sang
lui montait à la tête ; jusqu'à ce que, ne pouvant
plus supporter une pareille vie, il se jeta résolûment dans
la carrière du mal... atmosphère douce ! » (Les
Chants de Maldoror - Chant I)
« le génie ne peut-il pas s'allier avec la cruauté
dans les résolutions secrètes de la Providence ? ou, parce
qu'on est cruel, ne peut-on pas avoir du génie ? On en verra la
preuve dans mes paroles ; il ne tient qu'à vous de m'écouter,
si vous le voulez bien... Pardon, il me semblait que mes cheveux s'étaient
dressés sur ma tête ; mais, ce n'est rien, car, avec
ma main, je suis parvenu facilement à les remettre dans leur première
position. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« J'ai vu les hommes, à la tête laide et aux
yeux terribles enfoncés dans l'orbite obscur, surpasser la dureté
du roc, la rigidité de l'acier fondu, la cruauté du requin,
l'insolence de la jeunesse, la fureur insensée des criminels, les
trahisons de l'hypocrite, les comédiens les plus extraordinaires,
la puissance de caractère des prêtres, et les êtres
les plus cachés au dehors, les plus froids des mondes et du ciel
; lasser les moralistes à découvrir leur cœur, et faire retomber
sur eux la colère implacable d'en haut. » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« Sa tête s'enfonça sous le sol d'une grandeur
d'homme ; la pierre rebondit jusqu'à la hauteur de six églises.
» (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Tout à coup, ils s'arrêtent, regardent de tous les
côtés avec une inquiétude farouche, l'œil en feu ;
et, de même que les éléphants, avant de mourir, jettent
dans le désert un dernier regard au ciel, élevant désespérément
leur trompe, laissant leurs oreilles inertes, de même les chiens
laissent leurs oreilles inertes, élèvent la tête,
gonflent le cou terrible, et se mettent à aboyer, tour à
tour, soit comme un enfant qui crie de faim, soit comme un chat blessé
au ventre au-dessus d'un toit, soit comme une femme qui va enfanter, soit
comme un moribond atteint de la peste à l'hôpital, soit comme
une jeune fille qui chante un air sublime, contre les étoiles au
nord, contre les étoiles à l'est, contre les étoiles
au sud, contre les étoiles à l'ouest ; contre la lune ; »
(Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Nul n'a encore vu les rides vertes de mon front ; ni les os en
saillie de ma figure maigre, pareils aux arêtes de quelque grand
poisson, ou aux rochers couvrant les rivages de la mer, ou aux abruptes
montagnes alpestres, que je parcourus souvent, quand j'avais sur ma tête
des cheveux d'une autre couleur. » (Les Chants de Maldoror - Chant
I)
« Cela me trouble le sang et le cerveau... Qui donc, sur la tête,
me donne des coups de barre de fer, comme un marteau frappant l'enclume
? » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Alors, les hommes relèveront peu à peu la tête,
en reprenant courage, pour voir celui qui parle ainsi, allongeant le cou
comme l'escargot. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - Mère, je respire à peine ; j'ai mal à la
tête. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - N'est-ce pas, fossoyeur, que tu voudras causer avec moi ? Un
cachalot s'élève peu à peu du fond de la mer, et montre
sa tête au-dessus des eaux, pour voir le navire qui passe
dans ces parages solitaires. » (Les Chants de Maldoror - Chant
I)
« Qu'il n'arrive pas le jour où, Lohengrin et moi, nous passerons
dans la rue, l'un à côté de l'autre, sans nous regarder,
en nous frôlant le coude, comme deux passants pressés ! Oh
! qu'on me laisse fuir à jamais loin de cette supposition ! l'Éternel
a créé le monde tel qu'il est : il montrerait beaucoup de
sagesse si, pendant le temps strictement nécessaire pour briser
d'un coup de marteau la tête d'une femme, il oubliait sa majesté
sidérale, afin de nous révéler les mystères
au milieu desquels notre existence étouffe, comme un poisson au
fond d'une barque. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« l'autre baisse la tête d'une manière imperceptible,
en forme d'acquiescement, et se replonge ensuite dans l'immobilité
de son égoïsme, comme une tortue dans sa carapace. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« le coude appuyé sur ses genoux et la tête entre
ses mains, il se demande, stupéfait, si c'est là vraiment
ce qu'on appelle la charité humaine. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Les cris cessent subitement ; car, l'enfant a touché du
pied contre un pavé en saillie, et s'est fait une blessure à
la tête, en tombant. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« D'abondants cheveux noirs, séparés en deux sur la
tête, tombaient en tresses indépendantes sur des épaules
marmoréennes. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il pourrait t'en coûter cher ! Déjà le sang
et la haine me montent vers la tête, à flots bouillants.
» (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Je pourrais, en prenant ta tête entre mes mains, d'un
air caressant et doux, enfoncer mes doigts avides dans les lobes de ton
cerveau innocent, pour en extraire, le sourire aux lèvres, une graisse
efficace qui lave mes yeux, endoloris par l'insomnie éternelle de
la vie. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« l'amour de la gloire excuse tout, et peut-être, plus tard,
maître de tes semblables, leur feras-tu presque autant de bien que
tu leur as fait du mal au commencement !...
Maldoror s'aperçoit que le sang bouillonne dans la tête de son jeune interlocuteur ; ses narines sont gonflées, et ses lèvres rejettent une légère écume blanche. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il lui dévorait d'abord la tête, les jambes
et les bras, et en dernier lieu le tronc, jusqu'à ce qu'il ne restât
plus rien ; car, il croquait les os. » (Les Chants de Maldoror
- Chant II)
« On lui donne la tête pour trône, et lui, accroche
ses griffes à la racine des cheveux, avec dignité. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Vous ne savez pas, vous autres, pourquoi ils ne dévorent
pas les os de votre tête, et qu'ils se contentent d'extraire,
avec leur pompe, la quintessence de votre sang. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Sur la tête d'un jeune mendiant des rues, observez,
avec un microscope, un pou qui travaille ; vous m'en donnerez des nouvelles.
» (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Alors, cet esprit supérieur, attristé, auquel la
familiarité noble de vos conseils fait sentir davantage la petitesse
de l'humanité et son incomparable folie, plonge sa tête,
blanchie, sur une main décharnée et reste absorbé
dans des méditations surnaturelles. » (Les Chants de Maldoror
- Chant II)
« Depuis ce temps, j'ai vu plusieurs générations humaines
élever, le matin, ses ailes et ses yeux, vers l'espace, avec la
joie inexpériente de la chrysalide qui salue sa dernière
métamorphose, et mourir, le soir, avant le coucher du soleil, la
tête courbée, comme des fleurs fanées que balance
le sifflement plaintif du vent. » (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« Chaque matin, je ressens un poids dans la tête. »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Non que je te sois jamais infidèle : celle qui se livre
à moi avec tant d'abandon et de confiance, avec autant de confiance
et d'abandon, je me livre à elle ; mais, mets-te le dans la tête,
pour ne jamais l'oublier : les loups et les agneaux ne se regardent pas
avec des yeux doux." » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Au moment le plus furieux de la tempête, je vis, surnageant
sur les eaux, avec des efforts désespérés, une tête
énergique, aux cheveux hérissés. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Quel courage ! Quel esprit indomptable ! Comme la fixité
de sa tête semblait narguer le destin, tout en fendant avec
vigueur l'onde, dont les sillons s'ouvraient difficilement devant lui !...
Je l'avais décidé d'avance. » (Les Chants de Maldoror
- Chant II)
« Voilà ma résolution ; rien ne le changerait... Un
son sec s'entendit, et la tête aussitôt s'enfonça,
pour ne plus reparaître. » (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« Il chancelle et courbe la tête : ce qu'il a entendu,
c'est la voix de la conscience. » (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« Il enfonce la tête jusqu'aux épaules dans les
complications terreuses d'un trou ; mais, la conscience volatilise cette
ruse d'autruche. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Ces cris, devenus rampants, et doués d'anneaux innombrables,
avec une tête petite et aplatie, des yeux perfides, ont juré
d'être en arrêt devant l'innocence humaine ; et, quand celle-ci
se promène dans les enchevêtrements des maquis, ou au revers
des talus ou sur les sables des dunes, elle ne tarde pas à changer
d'idée. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« J'étendis l'autre main, et lui arrachai la tête.
» (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« J'ai gardé sa tête en souvenir de ma victoire...
Une tête à la main, dont je rongeais le crâne,
je me suis tenu sur un pied, comme le héron, au bord du précipice
creusé dans les flancs de la montagne. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« J'ai gardé sa tête en souvenir de ma victoire...
Une tête à la main, dont je rongeais le crâne,
je me suis tenu sur un pied, comme le héron, au bord du précipice
creusé dans les flancs de la montagne. » (Les Chants de
Maldoror - Chant II)
« On m'a vu descendre dans la vallée, pendant que la peau
de ma poitrine était immobile et calme, comme le couvercle d'une
tombe ! Une tête à la main, dont je rongeais le crâne,
j'ai nagé dans les gouffres les plus dangereux, longé les
écueils mortels, et plongé plus bas que les courants, pour
assister, comme un étranger, aux combats des monstres marins ; je
me suis écarté du rivage, jusqu'à le perdre de ma
vue perçante ; et, les crampes hideuses, avec leur magnétisme
paralysant, rôdaient autour de mes membres, qui fendaient les vagues
avec des mouvements robustes, sans oser approcher. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« On m'a vu revenir, sain et sauf, dans la plage, pendant que la
peau de ma poitrine était immobile et calme, comme le couvercle
d'une tombe ! Une tête à la main, dont je rongeais
le crâne, j'ai franchi les marches ascendantes d'une tour élevée.
» (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Les hommes entendirent le choc douloureux et retentissant qui résulta
de la rencontre du sol avec la tête de la conscience, que
j'avais abandonnée dans ma chute. » (Les Chants de Maldoror
- Chant II)
« On me vit descendre, avec la lenteur de l'oiseau, porté
par un nuage invisible, et ramasser la tête, pour la forcer
à être témoin d'un triple crime, que je devais commettre
le jour même, pendant que la peau de ma poitrine était immobile
et calme, comme le couvercle d'une tombe ! Une tête à
la main, dont je rongeais le crâne, je me suis dirigé vers
l'endroit où s'élèvent les poteaux qui soutiennent
la guillotine. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« On me vit descendre, avec la lenteur de l'oiseau, porté
par un nuage invisible, et ramasser la tête, pour la forcer
à être témoin d'un triple crime, que je devais commettre
le jour même, pendant que la peau de ma poitrine était immobile
et calme, comme le couvercle d'une tombe ! Une tête à
la main, dont je rongeais le crâne, je me suis dirigé vers
l'endroit où s'élèvent les poteaux qui soutiennent
la guillotine. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« le peuple stupéfait me laissa passer, pour m'écarter
de la place funèbre ; il m'a vu ouvrir avec mes coudes ses flots
ondulatoires, et me remuer, plein de vie, avançant devant moi, la
tête droite, pendant que la peau de ma poitrine était
immobile et calme, comme le couvercle d'une tombe ! J'avais dit que je
voulais défendre l'homme, cette fois ; mais, je crains que mon apologie
ne soit pas l'expression de la vérité ; et, par conséquent,
je préfère me taire. » (Les Chants de Maldoror -
Chant II)
« Je relevai la tête, comme la proue d'un vaisseau soulevée
par une vague énorme, et je lui dis : "Est-ce que tu pleures ? Je
te le demande, roi des neiges et des brouillards. » (Les Chants
de Maldoror - Chant III)
« Il s'approche de l'autel sacrificatoire, et voit la conduite de
son bouledogue, livré à de bas penchants, et qui élevait
sa tête au-dessus de la jeune fille, comme un naufragé
élève la sienne, au-dessus des vagues en courroux. »
(Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il cherche sans doute quelque chose, tandis que le dragon, à
la tête de tigre, pousse des beuglements qui réveillent
les forêts. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« le Créateur lui a exprimé sa reconnaissance par un
mouvement de tête. » (Les Chants de Maldoror - Chant
III)
« Oh ! vous ne saurez jamais comme de tenir constamment les rênes
de l'univers devient une chose difficile ! le sang monte quelquefois à
la tête, quand on s'applique à tirer du néant
une dernière comète, avec une nouvelle race d'esprits. »
(Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Quelquefois, la grille d'un guichet s'élevait sur elle-même
en grinçant, comme par l'impulsion ascendante d'une main qui violentait
la nature du fer : un homme présentait sa tête à
l'ouverture dégagée à moitié, avançait
ses épaules, sur lesquelles tombait le plâtre écaillé,
faisait suivre, dans cette extraction laborieuse, son corps couvert. de
toiles d'araignées. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« le flambeau de la vie s'étant éteint en moi, je me
détachai, de sa tête illustre, comme une branche morte
; je tombai à terre, sans courage, sans force, sans vitalité
; mais, avec une profonde pitié pour celui auquel j'appartenais
; mais, avec une éternelle douleur pour son égarement volontaire
!..." » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il était littéralement écorché des
pieds jusqu'à la tête ; il traînait, à
travers les dalles de la chambre, sa peau retournée. » (Les
Chants de Maldoror - Chant III)
« Les autres cheveux sont restés sur sa tête
; et, moi, je gis, dans cette chambre lugubre, sur le parquet couvert de
sang caillé, de lambeaux de viande sèche ; cette chambre
est devenue damnée, depuis qu'il s'y est introduit ; personne n'y
entre ; cependant, j'y suis enfermé. » (Les Chants de Maldoror
- Chant III)
« la plupart des écrivains qui ont traité ce sujet
à fond ont calculé, avec beaucoup de vraisemblance, qu'il
est préférable, dans plusieurs cas, de leur couper la tête.
» (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Il s'écriait : "Qui me dénouera les bras ? qui me
dénouera les cheveux ? Je me disloque dans des mouvements qui ne
font que séparer davantage de ma tête la racine des
cheveux ; la soif et la faim ne sont pas les causes principales qui m'empêchent
de dormir. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Je me recachai derrière le buisson, et je me tins tout coi,
comme l'acantophorus serraticornis, qui ne montre que la tête
en dehors de son nid. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« elle n'avaient pas daigné lever la tête, pour
savoir si la mortadelle était encore à la même place.
» (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Tel que tu me vois, je puis encore faire des excursions jusqu'aux
murailles du ciel, à la tête d'une légion d'assassins,
et revenir prendre cette posture, pour méditer, de nouveau, sur
les nobles projets de la vengeance. » (Les Chants de Maldoror
- Chant IV)
« O père infortuné, prépare, pour accompagner
les pas de ta vieillesse, l'échafaud ineffaçable qui tranchera
la tête d'un criminel précoce, et la douleur qui te
montrera le chemin qui conduit à la tombe. » (Les Chants
de Maldoror - Chant IV)
« Non pas qu'elle ne puisse repousser, puisque les physiologistes
ont découvert que même les cerveaux enlevés reparaissent
à la longue, chez les animaux ; mais, ma pensée, s'arrêtant
à une simple constatation, qui n'est pas dépourvue, d'après
le peu que j'en aperçois, d'une volupté énorme, ne
va pas, même dans ses conséquences les plus hardies, jusqu'aux
frontières d'un vœu pour ta guérison, et reste, au contraire,
fondée, par la mise en œuvre de sa neutralité plus que suspect,
à regarder (ou du moins à souhaiter), comme le présage
de malheurs plus grands, ce qui ne peut être pour toi qu'une privation
momentanée de la peau qui recouvre le dessus de ta tête.
» (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Et même, si le hasard te permettait, par un miracle absurde,
mais non pas, quelquefois, raisonnable, de retrouver cette peau précieuse
qu'a gardée la religieuse vigilance de ton ennemi, comme le souvenir
enivrant de sa victoire, il est presque extrêmement possible que,
quand même on n'aurait étudié la loi des probabilités
que sous le rapport des mathématiques (or, on sait que l'analogie
transporte facilement l'application de cette loi dans les autres domaines
de l'intelligence), ta crainte légitime, mais, un peu exagérée,
d'un refroidissement partiel ou total, ne refuserait pas l'occasion importante,
et même unique, qui se présenterait d'une manière si
opportune, quoique brusque, de préserver les diverses parties de
ta cervelle du contact de l'atmosphère, surtout pendant l'hiver,
par une coiffure qui, à bon droit, t'appartient, puisqu'elle est
naturelle, et qu'il te serait permis, en outre (il serait incompréhensible
que tu le niasses), de garder constamment sur la tête, sans
courir les risques, toujours désagréables, d'enfreindre les
règles les plus simples d'une convenance élémentaire.
» (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Il n'était pas nécessaire que je me tourmentasse
la tête, pour fabriquer d'avance les mélancoliques
pillules de la pitié ; car, je ne savais pas que cet homme, dont
les bras frappaient alternativement l'onde amère, tandis que ses
jambes, avec une force pareille à celle que possèdent les
défenses en spirale du narval, engendraient le recul des couches
aquatiques, ne s'était pas plus volontairement approprié
ces extraordinaires formes, qu'elle ne lui avaient été imposées
comme supplice. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Éloignez, éloignez donc cette tête sans
chevelure, polie comme la carapace de la tortue. » (Les Chants
de Maldoror - Chant IV)
« Éloignez, éloignez donc cette tête chauve,
polie comme la carapace de la tortue... » (Les Chants de Maldoror
- Chant IV)
« Lorsqu'un jeune homme, qui aspire à la gloire, dans un cinquième
étage, penché sur sa table de travail, à l'heure silencieuse
de minuit, perçoit un bruissement qu'il ne sait à quoi attribuer,
il tourne, de tous les côtés, sa tête, alourdie
par la méditation et les manuscrits poudreux ; mais, rien, aucun
indice surpris ne lui révèle la cause de ce qu'il entend
si faiblement, quoique cependant il l'entende. » (Les Chants de
Maldoror - Chant IV)
« Sois persuadé que l'habitude est nécessaire en tout
; et, puisque la répulsion instinctive, qui s'était déclarée
dès les premières pages, a notablement diminué de
profondeur, en raison inverse de l'application à la lecture, comme
un furoncle qu'on incise, il faut espérer, quoique ta tête
soit encore malade, que ta guérison ne tardera certainement pas
à rentrer dans sa dernière période. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
« je ne distinguais pas clairement sa tête ; mais, déjà,
je devinais qu'elle n'était pas d'une forme ordinaire, sans, néanmoins,
préciser la proportion exacte de ses contours. » (Les Chants
de Maldoror - Chant V)
« Avec quelle satisfaction de n'être pas tout à fait
ignorant sur les secrets de son double organisme, et quelle avidité
d'en savoir davantage, je le contemplais dans sa métamorphose durable
! Quoiqu'il ne possédât pas un visage humain, il me paraissait
beau comme les deux longs filaments tentaculiformes d'un insecte ; ou plutôt,
comme une inhumation précipitée ; ou encore, comme la loi
de la reconstitution des organes mutilés ; et surtout, comme un
liquide éminemment putrescible ! Mais, ne prêtant aucune attention
à ce qui se passait aux alentours, l'étranger regardait toujours
devant lui, avec sa tête de pélican ! Un autre jour,
je reprendrai la fin de cette histoire. » (Les Chants de Maldoror
- Chant V)
« Quand il se futéloigné, le pélican s'écria
: "Cette femme, par son pouvoir magique, m'a donné une tête
de palmipède, et a changé mon frère en scarabée
: peut-être qu'elle mérite même de pires traitements
que ceux que je viens d'énumérer." » (Les Chants
de Maldoror - Chant V)
« Et moi, qui n'étais pas certain de ne pas rêver, devinant,
par ce que j'avais entendu, la nature des relations hostiles qui unissaient,
au-dessus de moi, dans un combat sanglant, le vautour des agneaux et le
grand-duc de Virginie, je rejetai, comme un capuchon, ma tête
en arrière, afin de donner, au jeu de mes poumons, l'aisance et
l'élasticité susceptibles, et je leur criai, en dirigeant
mes yeux vers le haut : "Vous autres, cessez votre discorde. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
« Qu'il redresse la tête, avec la volupté du
sourire, celui qui, volontairement, offrirait sa poitrine aux balles de
la mort. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Oh ! quelle force, en phrases exprimable, fatalement t'entraîna
vers ta perte ? Il est presque impossible que je m'habitue à ce
raisonnement que tu ne comprennes pas que, plaquant sur le gazon rougi,
d'un coup de mon talon, les courbes fuyantes de ta tête triangulaire,
je pourrais pétrir un innommable mastic avec l'herbe de la savane
et la chair de l'écrasé. » (Les Chants de Maldoror
- Chant V)
« je ne me trompe pas ; et, malgré les métamorphoses
multiples auxquelles tu as recours, toujours ta tête de serpent
reluira devant mes yeux comme un phare d'éternelle injustice, et
de cruelle domination ! Il a voulu prendre les rênes du commandement,
mais il ne sait pas régner ! Il a voulu devenir un objet d'horreur
pour tous les êtres de la création, et il a réussi.
» (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Regarde comme leur bras est levé dans l'attitude de la défense
provocatrice, la tête fièrement renversée en
arrière. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« "Chaque nuit, à l'heure où le sommeil est parvenu
à son plus grand degré d'intensité, une vieille araignée
de la grande espèce sort lentement sa tête d'un trou
placé sur le sol, à l'une des intersections des angles de
la chambre. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Regardez cette vieille araignée de la grande espèce,
qui sort lentement sa tête d'un trou placé sur le sol,
à l'une des intersections des angles de la chambre. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
« Plongeurs éminents, vous glissâtes dans la masse aqueuse,
les bras étendus entre la tête, et se réunissant
aux mains. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Voudrais-tu relever la tête ? J'embrasserai tes genoux,
s'il le faut. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Un foulard d'Inde y est trempé, et l'on entoure la tête
de Mervyn avec les méandres orbiculaires de la soie. » (Les
Chants de Maldoror - Chant VI)
« Arrière, malfaiteur, à la tête échevelée.
» (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« A ce nom électrisant de voyages, Mervyn a relevé
la tête, et s'est efforcé de mettre un terme à
ses méditations hors de propos. » (Les Chants de Maldoror
- Chant VI)
« Il s'est relevé, et, appliquant sa tête contre
le banc, il a dirigé ses jambes vers le haut. » (Les Chants
de Maldoror - Chant VI)
« Que la mort des trois Marguerite retombe sur sa tête,
et que le bec du canari lui ronge éternellement l'axe du bulbe oculaire
! Il avait contracté l'habitude de s'enivrer ; dans ces moments-là,
quand il revenait à la maison, après avoir couru les comptoirs
des cabarets, sa fureur devenait presque incommensurable, et il frappait
indistinctement les objets qui se présentaient à sa vue.
» (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Là, malgré les cris et les supplications de sa famille
(nous tenions beaucoup à cet oiseau, qui était, pour nous,
comme le génie de la maison) il écrasa de ses talons ferrés
la boîte d'osier, pendant qu'une varlope, tournoyant autour de sa
tête, tenait à distance les assistants. » (Les
Chants de Maldoror - Chant VI)
« De temps à autre, une de mes sœurs montrait sa tête
devant le bas de l'escalier pour se renseigner sur le sort du malheureux
oiseau, et la retirait avec tristesse. » (Les Chants de Maldoror
- Chant VI)
« Une de mes sœurs, à son tour (c'était la plus jeune)
présenta sa tête dans la pénombre formée
par la raréfaction de lumière. » (Les Chants de
Maldoror - Chant VI)
« Cette femme s'abaissa et plaça sa tête à
l'entrée. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« elle ramena sa tête, couverte de brins de paille,
de la tombe prématurée, et me dit : "Les trois Marguerite
sont mortes." » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« le bandit le force à accepter sa bourse, et, prenant le
vase de nuit au-dessous du lit, il le met sur la tête d'Aghone.
» (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« l'archange, qui ne s'attendait pas à cette bonne volonté,
sortit des profondeurs de la crevasse sa tête d'un cran, et
répondit : "O Maldoror, est-il enfin arrivé le jour où
tes abominables instincts verront s'éteindre le flambeau d'injustifiable
orgueil qui les conduit à l'éternelle damnation ! Ce sera
donc moi, qui, le premier, raconterai ce louable changement aux phalanges
des chérubins, heureux de retrouver un des leurs. » (Les
Chants de Maldoror - Chant VI)
« Son bâton est lancé avec force ; après maints
ricochets sur les vagues, il va frapper à la tête l'archange
bienfaiteur. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Voici ce qu'il fit : il déplia le sac qu'il portait, dégagea
l'ouverture, et, saisissant l'adolescent par la tête, il fit
passer le corps entier dans l'enveloppe de toile. » (Les Chants
de Maldoror - Chant VI)
« le forçat inclina sa tête en signe de satisfaction.
» (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Pour rompre votre paresse, mettez en usage les ressources d'une
bonne volonté, marchez à côté de moi et ne perdez
pas de vue ce fou, la tête surmontée d'un vase de nuit,
qui pousse, devant lui, la main armée d'un bâton, celui que
vous auriez de la peine à reconnaître, si je ne prenais soin
de vous avertir, et de rappeler à votre oreille le mot qui se prononce
Mervyn. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Placée hors de la normale, ses oscillations balancent Mervyn,
dont la tête regarde le bas. » (Les Chants de Maldoror
- Chant VI)
« Quelques caractères, excessivement intelligents, il n'y
a pas lieu que vous l'infirmiez par des palinodies d'un goût douteux,
se sont jetés, à tête perdue, dans les bras
du mal. » (Poésies I)
« A quoi bon regarder le mal ? N'est-il pas en minorité ?
Pourquoi pencher la tête d'un lycéen sur des questions
qui, faute de n'avoir pas été comprises, ont fait perdre
la leur à des hommes tels que Pascal et Byron ?
Un élève m'a raconté que son professeur de seconde avait donné à sa classe, jour par jour, ces deux charognes à traduire en vers hébreux. » (Poésies I)
« Vous avez mis en vigueur le déplorable système de
méfiance prescrit par la bizarrerie de mon père ; mais vous
avez deviné que mon mal de tête ne m'empêche
pas de considérer avec attention la difficile situation où
vous a placé jusqu'ici une feuille de papier à lettre venue
de l'Amérique du Sud, dont le principal défaut était
le manque de clarté; car je ne mets pas en ligne de compte la malsonnance
de certaines observations mélancoliques qu'on pardonne aisément
à un vieillard, et qui m'ont paru, à la première lecture,
avoir eu l'air de vous imposer, à l'avenir peut-être, la nécessité
de sortir de votre rôle strict de banquier, vis-à-vis d'un
monsieur qui vient habiter la capitale... » (Lettre III (22/5/1869))
Contextes de " têtes "
« Ses pieds plongeaient dans une vaste mare de sang en ébullition,
à la surface duquel s'élevaient tout à coup, comme
des ténias à travers le contenu d'un pot de chambre, deux
ou trois têtes prudentes, et qui s'abaissaient aussitôt,
avec la rapidité de la flèche : un coup de pied, bien appliqué
sur l'os du nez, était la récompense connue de la révolte
au règlement, occasionnée par le besoin de respirer un autre
milieu ; car, enfin, ces hommes n'étaient pas des poissons ! Amphibies
tout au plus, ils nageaient entre deux eaux dans ce liquide immonde !...
jusqu'à ce que, n'ayant plus rien dans la main, le Créateur,
avec les deux premières griffes du pied, saisît un autre plongeur
par le cou, comme dans une tenaille, et le soulevât en l'air, en
dehors de la vase rougeâtre, sauce exquise ! Pour celui-là,
il faisait comme pour l'autre. » (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« Exécuteur des hautes-œuvres, je lâchai le cordon avec
l'expérience apparente d'une vie entière ; et, le fer triangulaire,
s'abattant obliquement, trancha trois têtes qui me regardaient
avec douceur. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« la bise, qui nous frappait en plein visage, s'engouffrait dans
nos manteaux, et faisait voltiger en arrière les cheveux de nos
têtes jumelles. » (Les Chants de Maldoror - Chant
III)
« Comment veux-tu que les chairs de mon innocence bouillent dans
la cuve, puisque je n'entends que des cris très faibles et confus,
qui, pour moi, ne sont que les gémissements du vent qui passe au-dessus
de nos têtes. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Il existe plus d'un être humain qui a vu des têtes
chauves : la vieillesse, la maladie, la douleur (les trois ensemble ou
prises séparément) expliquent ce phénomène
négatif d'une manière satisfaisante. » (Les Chants
de Maldoror - Chant IV)
« Leurs têtes crétinisantes, d'où une
tuile a été enlevée, créent des fantômes
gigantesques, qui descendent au lieu de monter. » (Poésies
I)
« Grâce à qui ? aux Grandes-Têtes-Molles
de notre époque. » (Poésies I)
« Ce sont les Grandes-Têtes-Molles de notre époque.
» (Lettre VII (12/3/1870))