« Il avait oublié ce souvenir de sa jeunesse (lhabitude émousse la mémoire ! ) ; et après vingt ans dabsence, il revenait dans ce pays fatal. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Oh ! si tu savais comme jai souffert depuis ce moment ! Revenu au ciel, mes archanges mont entouré avec curiosité ; ils nont pas voulu me demander le motif de mon absence. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Poitrine divine, souillée, un jour, par lamer contact des têtons dune femme sans pudeur ! Ame royale, livrée, dans un moment doubli, au crabe de la débauche, au poulpe de la faiblesse de caractère, au requin de labjection individuelle, au boa de la morale absente, et au colimaçon monstrueux de lidiotisme ! Le cheveu et son maître sembrassèrent étroitement, comme deux amis qui se revoient après une longue absence. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Mais, si je considère la conduite de celui auquel la providence donna le trône sur cette terre, les trois ailerons de ma douleur font entendre un plus grand murmure ! Quand une comète, pendant la nuit, apparaît subitement dans une région du ciel, après quatre vingts ans dabsence, elle montre aux habitants terrestres et aux grillons sa queue brillante et vaporeuse. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« La peau du front était tellement tendue par le poids de la pendaison, que son visage, condamné par la circonstance à labsence de lexpression naturelle, ressemblait à la concrétion pierreuse dun stalagtite. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Et, cependant, malgré les bonnes résolutions prises davance, comment ne pas reconnaître la force de ces femmes, les muscles de leur bras ? Leur adresse, qui consistait à frapper sur les parties les plus sensibles, comme le visage et le bas-ventre, ne sera mentionnée par moi, que si jaspire à lambition de raconter la totale vérité ! A moins que, appliquant mes lèvres, lune contre lautre, surtout dans la direction horizontale (mais, chacun nignore pas que cest la manière la plus ordinaire dengendrer cette pression), je ne préfère garder un silence gonflé de larmes et de mystères, dont la manifestation pénible sera impuissante à cacher, non seulement aussi bien mais encore mieux que mes paroles (car, je ne crois pas me tromper, quoiquil ne faille pas certainement nier en principe, sous peine de manquer aux règles les plus élémentaires de lhabileté, les possibilités hypothétiques derreur) les résultats funestes occasionnés par la fureur qui met en uvre les métacarpes secs et les articulations robustes : quand même on ne se mettrait pas au point de vue de lobservateur impartial et du moraliste expérimenté (il est presque assez important que japprenne que je nadmets pas, au moins entièrement, cette restriction plus ou moins fallacieuse), le doute, à cet égard, naurait pas la faculté détendre ses racines ; car, je ne le suppose pas, pour linstant, entre les mains dune puissance surnaturelle, et périrait immanquablement, pas subitement peut-être, faute dune séve remplissant les conditions simultanées de nutrition et dabsence de matières vénéneuses. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Et que, tel autre jour, pour parler en deuxième et dernier lieu de choses subjectives, son âme présenta au regard investigateur de la psychologie, je ne vais pas jusquà dire une aberration de la raison (qui, cependant, nen serait pas moins curieuse ; au contraire, elle le serait davantage), mais, du moins, pour ne pas faire le difficile auprès de certaines personnes froides, qui ne me pardonneraient jamais les élucubrations flagrantes de mon exagération, un état inaccoutumé, assez souvent très-grave, qui marque que la limite accordée par le bon sens à limagination est quelquefois, malgré le pacte éphemère conclu entre ces deux puissances, malheureusement dépassée par la pression énergique de la volonté, mais, la plupart du temps aussi, par labsence de sa collaboration effective : donnons à lappui quelques exemples, dont il nest pas difficile dapprécier lopportunité ; si, toutefois, lon prend pour compagne une attentive modération. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Or, après une absence de treize mois, il arriva au foyer conjugal, au moment où sa femme, encore alitée, venait de lui donner un héritier, à la reconnaissance duquel il ne se reconnaissait aucun droit. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Celui-ci savance avec majesté, comme un vaisseau qui fend la pleine mer, et ne craint pas le phénomène de lenfoncement ; car, au moment actuel, les tempêtes et les écueils ne se font pas remarquer par quelque chose de moins que leur explicable absence. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« et je me trouve beau ! Beau comme le vice de conformation congénital des organes sexuels de lhomme, consistant dans la brièveté relative du canal de lurètre et la division ou labsence de sa paroi inférieure, de telle sorte que ce canal souvre à une distance variable du gland et au-dessous du pénis ; [...] » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Les perturbations, les anxiétés, les dépravations, la mort, les exceptions dans lordre physique ou moral, lesprit de négation, les abrutissements, les hallucinations servies par la volonté, les tourments, la destruction, les renversements, les larmes, les insatiabilités, les asservissements, les imaginations creusantes, les romans, ce qui est inattendu, ce quil ne faut pas faire, les singularités chimiques de vautour mystérieux qui guette la charogne de quelque illusion morte, les expériences précoces et avortées, les obscurités à carapace de punaise, la monomanie terrible de lorgueil, linoculation des stupeurs profondes, les oraisons funèbres, les envies, les trahisons, les tyrannies, les impiétés, les irritations, les acrimonies, les incartades agressives, la démence, le splëen, les épouvantements raisonnés, les inquiétudes étranges, que le lecteur préférerait ne pas éprouver, les grimaces, les névroses, les filières sanglantes par lesquelles on fait passer la logique aux abois, les exagérations, labsence de sincérité, les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires que les meurtres, les passions, le clan des romanciers de cours dassises, les tragédies, les odes, les mélodrames, les extrêmes présentés à perpétuité, la raison impunément sifflée, les odeurs de poule mouillée, les affadissements, les grenouilles, les poulpes, les requins, le simoun des déserts, ce qui est somnambule, louche, nocturne, somnifère, noctambule, visqueux, phoque parlant, équivoque, poitrinaire, spasmodique, aphrodisiaque, anémique, borgne, hermaphrodite, bâtard, albinos, pédéraste, phénomène daquarium et femme à barbe, les heures soûles du découragement taciturne, les fantaisies, les âcretés, les monstres, les syllogismes démoralisateurs, les ordures, ce qui ne réfléchit pas comme lenfant, la désolation, ce mancenillier intellectuel, les chancres parfumés, les cuisses aux camélias, la culpabilité dun écrivain qui roule sur la pente du néant et se méprise lui-même avec des cris joyeux, les remords, les hypocrisies, les perspectives vagues qui vous broient dans leurs engrenages imperceptibles, les crachats sérieux sur les axiômes sacrés, la vermine et ses chatouillements insinuants, les préfaces insensées, comme celles de Cromwell, de Mlle de Maupin et de Dumas fils, les caducités, les impuissances, les blasphêmes, les asphyxies, les étouffements, les rages,-devant ces charniers immondes, que je rougis de nommer, il est temps de réagir enfin contre ce qui nous choque et nous courbe si souverainement. » (Poésies I)
« O mes amis ! quest-ce donc que labsence de vertu ? » (Poésies II)