« Il cacha son caractère tant qu'il put, pendant un grand nombre d'années ; mais, à la fin, à cause de cette concentration qui ne lui était pas naturelle, chaque jour le sang lui montait à la tête ; jusqu'à ce que, ne pouvant plus supporter une pareille vie, il se jeta résolûment dans la carrière du mal... atmosphère douce ! » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« J'ai vu les hommes, à la tête laide et aux yeux terribles enfoncés dans l'orbite obscur, surpasser la dureté du roc, la rigidité de l'acier fondu, la cruauté du requin, l'insolence de la jeunesse, la fureur insensée des criminels, les trahisons de l'hypocrite, les comédiens les plus extraordinaires, la puissance de caractère des prêtres, et les êtres les plus cachés au dehors, les plus froids des mondes et du ciel ; lasser les moralistes à découvrir leur cœur, et faire retomber sur eux la colère implacable d'en haut. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Nécessairement, nous avons dû nous rencontrer, dans cette similitude de caractère ; le choc qui en est résulté nous a été réciproquement fatal." » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - Où suis-je ? N'ai-je pas changé de caractère ? Je sens un souffle puissant de consolation effleurer mon front rasséréné, comme la brise du printemps ranime l'espérance des vieillards. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Pourquoi avoir ce caractère qui m'étonne ? De quel droit viens-tu sur cette terre, pour tourner en dérision ceux qui l'habitent, épave pourrie, ballottée par le scepticisme ? Si tu ne t'y plais pas, il faut retourner dans les sphères d'où tu viens. » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Moi, je ne veux pas croire à cette supposition, qui n'est qu'une hypothèse, et je préfère aimer, dans ce caractère romanesque, une âme qui se dévoile trop tôt... Ah ! vois-tu, jeune fille, je t'engage à ne plus reparaître devant mes yeux, si jamais je repasse dans la rue étroite. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Tout au moins il devrait rire et se promener avec quelque camarade, au lieu de rester seul ; mais, ce n'est pas son caractère. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Comment se procure-t-il les moyens d'existence ? Des âmes compatissantes veillent de près sur lui, sans qu'il se doute de cette surveillance, et ne l'abandonnent pas : il est si bon ! il est si résigné ! Volontiers il parle quelquefois avec ceux qui ont le caractère sensible, sans leur toucher la main, et se tient à distance, dans la crainte d'un danger imaginaire. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Quand tu reluis ainsi, en répandant tes clartés indécises, mais suffisantes, je n'ose pas me livrer aux suggestions de mon caractère, et je reste, sous le portique sacré, en regardant par le portail entr'ouvert, ceux qui échappent à ma vengeance, dans le sein du Seigneur. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Tu laisses trop percer ton caractère ; il faudrait le cacher avec plus d'adresse. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il fallait quelqu'un qui approuvât mon caractère ; il fallait quelqu'un qui eût les mêmes idées que moi. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Il se disait que son caractère était plein de bonté ; qu'il aimait à croire ses semblables bons aussi ; que pour cela il avait acquiescé au souhait de l'étranger distingué qui l'avait appelé auprès de lui ; mais que, jamais, au grand jamais, il ne se serait attendu à être torturé par un bourreau. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Poitrine divine, souillée, un jour, par l'amer contact des têtons d'une femme sans pudeur ! Ame royale, livrée, dans un moment d'oubli, au crabe de la débauche, au poulpe de la faiblesse de caractère, au requin de l'abjection individuelle, au boa de la morale absente, et au colimaçon monstrueux de l'idiotisme ! le cheveu et son maître s'embrassèrent étroitement, comme deux amis qui se revoient après une longue absence. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Je jetai, par dessus le parapet, le canif qui m'avait servi à graver les lettres ; et, faisant quelques rapides réflexions sur le caractère du Créateur en enfance, qui devait encore, hélas ! pendant bien de temps, faire souffrir l'humanité (l'éternité est longue), soit par les cruautés exercées, soit par le spectacle ignoble des chancres qu'occasionne un grand vice, je fermai les yeux, comme un homme ivre, à la pensée d'avoir un tel être pour ennemi, et je repris, avec tristesse, mon chemin, à travers les dédales des rues. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Je connais, je conçois une maladie plus terrible que les yeux gonflés par les longues méditations sur le caractère étrange de l'homme : mais, je la cherche encor... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Et encore, quand même une puissance supérieure nous ordonnerait, dans les termes le plus clairement précis, de rejeter, dans les abîmes du chaos, la comparaison judicieuse que chacun a certainement pu savourer avec impunité, même alors, et surtout alors, que l'on ne perde pas de vue cet axiome principal, les habitudes contractées par les ans, les livres, le contact de ses semblables, et le caractère inhérent à chacun, qui se développe dans une efflorescence rapide, imposeraient, à l'esprit humain, l'irréparable stigmate de la récidive, dans l'emploi criminel (criminel, en se plaçant momentanément et spontanément au point de vue de la puissance supérieure) d'une figure de rhétorique que plusieurs méprisent, mais que beaucoup encensent. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Ou, plutôt, je crois qu'un sentiment de répugnance à cette monstruosité forme une marque essentielle de mon caractère. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Quant à moi, je ne me laisserai pas décontenancer par les gloussements cocasses et les beuglements originaux de ceux qui trouvent toujours quelque chose à redire dans un caractère qui ne ressemble pas au leur, parce qu'il est une des innombrables modifications intellectuelles que Dieu, sans sortir d'un type primordial, créa pour gouverner les charpentes osseuses. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Ne généralisons pas des faits exceptionnels, je ne demande pas mieux : cependant mon caractère est dans l'ordre des choses possibles. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Lorsque tu passeras près de la tanière du tigre, il s'empressera de fuir, pour ne pas regarder, comme dans un miroir, son caractère exhaussé sur le socle de la perversité idéale. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Ayez la bonté de regarder ma bouche (pour le moment, je n'ai pas le temps d'employer une formule plus longue de politesse) ; elle vous frappe au premier abord par l'apparence de sa structure, sans mettre le serpent dans vos comparaisons ; c'est que j'en contracte le tissu jusqu'à la dernière réduction, afin de faire croire que je possède un caractère froid. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Ce rapport de calme majesté entre les deux termes de ma narquoise comparaison n'est déjà que trop commun, et d'un symbole assez compréhensible, pour que je m'étonne davantage de ce qui ne peut avoir, comme seule excuse, que ce même caractère de vulgarité qui fait appeler, sur tout objet ou spectacle qui en est atteint, un profond sentiment d'indifférence injuste. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Mais tu le fis souvent souffrir par les brusqueries de ton caractère. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Vain espoir ; le caractère ne se modifie pas d'un jour à l'autre, et ta volonté resta pareille à elle-même. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Maintenant, il connaît le caractère des habitants de l'hôtel, et agira en conséquence. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« le commodore, au visage boucané par l'écume de la mer, se penche à l'oreille de son épouse : "l'aîné a changé de caractère, depuis le jour de la crise ; il n'était déjà que trop porté aux idées absurdes ; aujourd'hui il rêvasse encore plus de coutume. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« C'était plus fort que lui ! Il n'y mettait pas de la mauvaise intention ! Il ne voulait certes pas s'attirer les reproches du crabe tourteau ! Que d'efforts ne fit-il pas pour chasser l'hilarité ! Que de fois ne serra-t-il point ses lèvres l'une contre l'autre, afin de ne pas avoir l'air d'offenser son interlocuteur épaté ! Malheureusement son caractère participait de la nature de l'humanité, et il riait ainsi que font les brebis ! Enfin il s'arrêta ! Il était temps ! Il avait failli s'étouffer ! le vent porta cette réponse à l'archange de l'écueil : "Lorsque ton maître ne m'enverra plus des escargots et des écrevisses pour régler ses affaires, et qu'il daignera parlementer personnellement avec moi, l'on trouvera, j'en suis sûr, le moyen de s'arranger, puisque je suis inférieur à celui qui t'envoya, comme tu l'as dit avec tant de justesse. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« elle change tout de suite de caractère. » (Poésies I)
« Nous aimons à contrôler le caractère. » (Poésies II)
Contextes de " caractères "
« A ce spectacle, moi, aussi, je voulus pénétrer dans cette maison ! J'allai descendre du pont, quand je vis, sur l'entablement d'un pilier, cette inscription, en caractères hébreux : "Vous, qui passez sur ce pont, n'y allez pas. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Et, quoique deux baobabs, au premier coup d'œil, ne ressemblent pas à deux épingles, ni même à deux tours, cependant, en employant habilement les ficelles de la prudence, on peut affirmer, sans crainte d'avoir tort (car, si cette affirmation était accompagnée d'une seule parcelle de crainte, ce ne serait plus une affirmation ; quoiqu'un même nom exprime ces deux phénomènes de l'âme qui présentent des caractères assez tranchés pour ne pas être confondus légèrement) qu'un baobab ne diffère pas tellement d'un pilier, que la comparaison soit défendue entre ces formes architecturales... » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Moi, je n'aime pas les femmes ! Ni même les hermaphrodites ! Il me faut des êtres qui me ressemblent, sur le front desquels la noblesse humaine soit marquée en caractères plus tranchés et ineffaçables ! Êtes-vous certain que celles qui portent de longs cheveux, soient de la même nature que la mienne ? je ne le crois pas, et je ne déserterai pas mon opinion. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Mais, s'il est convenable d'accepter l'amitié d'une personne âgée, il l'est aussi de lui faire comprendre que nos caractères ne sont pas les mêmes. » (Les Chants de Maldoror - Chant VI)
« Quelques caractères, excessivement intelligents, il n'y a pas lieu que vous l'infirmiez par des palinodies d'un goût douteux, se sont jetés, à tête perdue, dans les bras du mal. » (Poésies I)