« Moi, je suppose plutôt que l'homme ne
croit à sa beauté que par amour-propre ; mais, qu'il n'est
pas beau réellement et qu'il s'en doute ; car,
pourquoi regarde-t-il la figure de son semblable avec tant de
mépris ? » (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« - Il ne faut pas qu'un doute
inutile tourmente ta pensée : toutes ces tombes, qui sont
éparses dans un cimetière, comme les fleurs dans une prairie,
comparaison qui manque de vérité, sont dignes d'être mesurées
avec le compas serein du philosophe. » (Les Chants de
Maldoror - Chant I)
« Il ne se doute pas que sa vie a
été en péril pendant un quart d'heure. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Comment se procure-t-il les moyens
d'existence ? Des âmes compatissantes veillent de près sur lui,
sans qu'il se doute de cette surveillance, et ne
l'abandonnent pas : il est si bon ! il est si résigné ! »
(Les Chants de Maldoror - Chant II)
« [..] le doute, à cet égard,
n'aurait pas la faculté d'étendre ses racines ; car, je ne
le suppose pas, pour l'instant, entre les mains d'une puissance
surnaturelle, et périrait immanquablement, pas subitement
peut-être, faute d'une séve remplissant les conditions
simultanées de nutrition et d'absence de matières
vénéneuses. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Cet animal articulé n'était pas de
beaucoup plus grand qu'une vache ! Si l'on doute de ce que
je dis, que l'on vienne à moi, et je satisferai les plus
incrédules par le témoignage de bons témoins. » (Les
Chants de Maldoror - Chant V)
« Quand ton impénétrable volonté leur
ôta l'existence, ils n'ignoraient pas que ta puissance est
redoutable, et n'avaient aucun doute à cet égard ;
mais, ils ne s'attendaient point (et leurs adieux suprêmes me
confirmèrent leur croyance) que ta Providence se serait montrée
à ce point impitoyable ! » (Les Chants de Maldoror -
Chant V)
« je remplace la mélancolie par le
courage, le doute par la certitude, le désespoir par
l'espoir, la méchanceté par le bien, les plaintes par le
devoir, le scepticisme par la foi, les sophismes par la froideur
du calme et l'orgueil par la modestie. » (Poésies I)
« Oui, bonnes gens, c'est moi qui vous
ordonne de brûler, sur une pelle, rougie au feu, avec un peu de
sucre jaune, le canard du doute, aux lèvres de vermouth,
qui, répandant, dans une lutte mélancolique entre le bien et le
mal, des larmes qui ne viennent pas du cur, sans machine
pneumatique, fait, partout, le vide universel. » (Poésies
I)
« La mélancolie et la tristesse sont
déjà le commencement du doute ; le doute est
le commencement du désespoir ; le désespoir est le
commencement cruel des différents degrés de la
méchanceté. » (Poésies I)
« Les vérités immuables et nécessaires,
qui font la gloire des nations, et que le doute s'efforce
envain d'ébranler, ont commencé depuis les âges. » (Poésies
I)
« le doute a existé de tout temps
en minorité. » (Poésies I)
« Les antéchrists, les anges accusateurs,
les peines éternelles, les religions sont le produit du doute. »
(Poésies II)
« le doute est un hommage rendu à
l'espoir. » (Poésies II)
« je ne chante plus que l'espoir; mais,
pour cela, il faut d'abord attaquer le doute de ce siècle
(mélancolies, tristesses, douleurs, désespoirs, hennissements
lugubres, méchancetés artificielles, orgueils puérils,
malédictions cocasses etc., etc.). » (Lettre VI
(21/2/1870))
« je me disais que puisque la poésie du doute
(des volumes d'aujourd'hui il ne restera pas 150 pages) en arrive
ainsi à un tel point de désespoir morne, et de méchanceté
théorique, par conséquent, c'est qu'elle est radicalement
fausse ; par cette raison qu'on y discute les principes,
et qu'il ne faut pas les discuter : c'est plus
qu'injuste. » (Lettre VII (12/3/1870))
« En effet, vous paraissez être plus
âgé que moi puisque vous m'appelez jeune homme, et cependant je
conserve des doutes sur votre âge véritable. » (Les
Chants de Maldoror - Chant VI)
Expression « sans doute » :
« Sans doute, le corps est resté
plaqué sur la muraille, comme une poire mûre, et n'est pas
tombé à terre ; mais, les chiens savent accomplir des
bonds élevés, si l'on n'y prend garde. » (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Il cherche sans doute quelque
chose, tandis que le dragon, à la tête de tigre, pousse des
beuglements qui réveillent les forêts. » (Les Chants
de Maldoror - Chant III)
« la mousse recouvrait ce corps de logis,
qui, sans doute, avait été un couvent et servait, à
l'heure actuelle, avec le reste du bâtiment, comme demeure de
toutes ces femmes qui montraient chaque jour, à ceux qui
entraient, l'intérieur de leur vagin, en échange d'un peu
d'or. » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Sans doute, elle n'a pas
conscience de ce long voyage ; il n'en est pas ainsi de moi
: accoudé sur le chevet de mon lit, pendant que les dentelures
d'un horizon aride et morne s'élèvent en vigueur sur le fond de
mon âme, je m'absorbe dans les rêves de la compassion et je
rougis pour l'homme ! » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Sans doute, sa volonté, qui
s'est rangée sous le drapeau de la délivrance, livre des
combats acharnés contre la pourriture ! Mais toi, ô mon
maître, sous ton regard, les habitants des cités sont
subitement détruits, comme un tertre de fourmis qu'écrase le
talon de l'éléphant. » (Les Chants de Maldoror -
Chant IV)
« Sans doute, entre les deux termes
extrêmes de ta littérature, telle que tu l'entends, et de la
mienne, il en est une infinité d'intermédiaires et il serait
facile de multiplier les divisions ; mais, il n'y aurait
nulle utilité, et il y aurait le danger de donner quelque chose
d'étroit et de faux à une conception éminemment philosophique,
qui cesse d'être rationnelle, dès qu'elle n'est plus comprise
comme elle a été imaginée, c'est-à-dire avec ampleur. »
(Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Il vient sans doute d'en haut,
envoyé par celui qui craint tant de venir lui-même ! Nous
verrons, à uvre, s'il est aussi impérieux qu'il en a
l'air ; ce n'est pas un habitant de l'abricot
terrestre ; il trahit son origine séraphique par ses yeux
errants et indécis." » (Les Chants de Maldoror -
Chant VI)
Sur le scepticisme de Lautréamont, voir Pierssens 87.