« Un jour, donc, fatigué de talonner du pied le sentier abrupte du voyage terrestre, et de m’en aller, en chancelant comme un homme ivre, à travers les catacombes obscures de la vie, je soulevai avec lenteur mes yeux spleenétiques, cernés d’un grand cercle bleuâtre, vers la concavité du firmament, et j’osai pénétrer, moi, si jeune, les mystères du ciel ! Ne trouvant pas ce que je cherchais, je soulevai la paupière effarée plus haut, plus haut encore, jusqu’à ce que j’aperçusse un trône, formé d’excréments humains et d’or, sur lequel trônait, avec un orgueil idiot, le corps recouvert d’un linceul fait avec des draps non lavés d’hôpital, celui qui s’intitule lui-même le Créateur ! Il tenait à la main le tronc pourri d’un homme mort, et le portait, alternativement, des yeux au nez et du nez à la bouche ; une fois à la bouche, on devine ce qu’il en faisait. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)
« Et quelle femme ! Les draps sont encore moites de leur contact attiédi et portent, dans leur désordre, l’empreinte d’une nuit passée dans l’amour..." » (Les Chants de Maldoror - Chant III)
« Mes draps sont constamment mouillés, comme s’ils avaient été passés dans l’eau, et, chaque jour, je les fais changer. » (Les Chants de Maldoror - Chant IV)
« Et remarquez, je vous prie, qu’en somme les draps ne sont que des linceuls. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)
« Des larmes coulent maintenant sur ses joues un peu décolorées, et tombent sur tes draps : le souvenir est quelquefois plus amer que la chose. » (Les Chants de Maldoror - Chant V)