Contextes de " poulpe "
« Ô poulpe, au regard de soie ! toi, dont l'âme
est inséparable de la mienne ; toi, le plus beau des habitants du
globe terrestre, et qui commandes à un sérail de quatre cents
ventouses ; toi, en qui siégent noblement, comme dans leur résidence
naturelle, par un commun accord, d'un lien indestructible, la douce vertu
communicative et les grâces divines, pourquoi n'es-tu pas avec moi,
ton ventre de mercure contre ma poitrine d'aluminium, assis tous les deux
sur quelque rocher du rivage, pour contempler ce spectacle que j'adore
! »; (Les Chants de Maldoror - Chant I)
« Oh ! quand vous entendez l'avalanche de neige tomber du haut de
la froide montagne ; la lionne se plaindre, au désert aride, de
la disparition de ses petits ; la tempête accomplir sa destinée
; le condamné mugir, dans la prison, la veille de la guillotine
; et le poulpe féroce raconter, aux vagues de la mer, ses
victoires sur les nageurs et les naufragés, dites-le, ces voix majestueuses
ne sont-elle pas plus belles que le ricanement de l'homme ! »; (Les
Chants de Maldoror - Chant II)
« Quel ne fut pas son étonnement, quand il vit Maldoror, changé
en poulpe, avancer contre son corps ses huit pattes monstrueuses,
dont chacune, lanière solide, aurait pu embrasser facilement la
circonférence d'une planète. »; (Les Chants de Maldoror
- Chant II)
« Poitrine divine, souillée, un jour, par l'amer contact des
têtons d'une femme sans pudeur ! Ame royale, livrée, dans
un moment d'oubli, au crabe de la débauche, au poulpe de
la faiblesse de caractère, au requin de l'abjection individuelle,
au boa de la morale absente, et au colimaçon monstrueux de l'idiotisme
! le cheveu et son maître s'embrassèrent étroitement,
comme deux amis qui se revoient après une longue absence. »;
(Les Chants de Maldoror - Chant III)
Contextes de " poulpes "
« Quelquefois, dans une nuit d'orage, pendant que des légions
de poulpes ailés, ressemblant de loin à des corbeaux,
planent au-dessus des nuages, en se dirigeant d'une rame raide vers les
cités des humains, avec la mission de les avertir de changer de
conduite, le caillou, à l'œil sombre, voit deux êtres passer
à la lueur de l'éclair, l'un derrière l'autre ; et,
essuyant une furtive larme de compassion, qui coule de sa paupière
glacée, il s'écrie : "Certes, il le mérite ;
et ce n'est que justice." »; (Les Chants de Maldoror - Chant
II)
« Après avoir dit cela, il se replace dans son attitude farouche,
et continue de regarder, avec un tremblement nerveux, la chasse à
l'homme, et les grandes lèvres du vagin d'ombre, d'où découlent,
sans cesse, comme un fleuve, d'immenses spermatozoïdes ténébreux
qui prennent leur essor dans l'éther lugubre, en cachant, avec le
vaste déploiement de leurs ailes de chauve-souris, la nature entière,
et les légions solitaires de poulpes, devenues mornes à
l'aspect de ces fulgurations sourdes et inexprimables. »; (Les Chants
de Maldoror - Chant II)
« Les perturbations, les anxiétés, les dépravations,
la mort, les exceptions dans l'ordre physique ou moral, l'esprit de négation,
les abrutissements, les hallucinations servies par la volonté, les
tourments, la destruction, les renversements, les larmes, les insatiabilités,
les asservissements, les imaginations creusantes, les romans, ce qui est
inattendu, ce qu'il ne faut pas faire, les singularités chimiques
de vautour mystérieux qui guette la charogne de quelque illusion
morte, les expériences précoces et avortées, les obscurités
à carapace de punaise, la monomanie terrible de l'orgueil, l'inoculation
des stupeurs profondes, les oraisons funèbres, les envies, les trahisons,
les tyrannies, les impiétés, les irritations, les acrimonies,
les incartades agressives, la démence, le splëen, les épouvantements
raisonnés, les inquiétudes étranges, que le lecteur
préférerait ne pas éprouver, les grimaces, les névroses,
les filières sanglantes par lesquelles on fait passer la logique
aux abois, les exagérations, l'absence de sincérité,
les scies, les platitudes, le sombre, le lugubre, les enfantements pires
que les meurtres, les passions, le clan des romanciers de cours d'assises,
les tragédies, les odes, les mélodrames, les extrêmes
présentés à perpétuité, la raison impunément
sifflée, les odeurs de poule mouillée, les affadissements,
les grenouilles, les poulpes, les requins, le simoun des déserts,
ce qui est somnambule, louche, nocturne, somnifère, noctambule,
visqueux, phoque parlant, équivoque, poitrinaire, spasmodique, aphrodisiaque,
anémique, borgne, hermaphrodite, bâtard, albinos, pédéraste,
phénomène d'aquarium et femme à barbe, les heures
soûles du découragement taciturne, les fantaisies, les âcretés,
les monstres, les syllogismes démoralisateurs, les ordures, ce qui
ne réfléchit pas comme l'enfant, la désolation, ce
mancenillier intellectuel, les chancres parfumés, les cuisses aux
camélias, la culpabilité d'un écrivain qui roule sur
la pente du néant et se méprise lui-même avec des cris
joyeux, les remords, les hypocrisies, les perspectives vagues qui vous
broient dans leurs engrenages imperceptibles, les crachats sérieux
sur les axiômes sacrés, la vermine et ses chatouillements
insinuants, les préfaces insensées, comme celles de Cromwell,
de Mlle de Maupin et de Dumas fils, les caducités, les impuissances,
les blasphêmes, les asphyxies, les étouffements, les rages,-devant
ces charniers immondes, que je rougis de nommer, il est temps de réagir
enfin contre ce qui nous choque et nous courbe si souverainement. »;
(Poésies I)
Les Travailleurs de la mer de Victor Hugo (1866) avaient récemment popularisé la pieuvre comme animal redoutable.