Anisson (famille)
Famille d’éditeurs et d’imprimeurs français, originaires du Dauphiné. Établis à Lyon puis à Paris, ils eurent de 1691 à 1794 la garde des types royaux et la direction de l’Imprimerie royale, qui devint plus tard l’Imprimerie nationale. Jean Anisson, libraire lyonnais, fut nommé par Louis XIV directeur de l’Imprimerie royale en 1687. Il dressa à sa prise de fonction un registre listant le matériel de l’Imprimerie à la suite duquel figure un état (fort précieux en l’absence de tout autre document du genre) de ce qui s’y trouvait vingt ans plus tôt, en 1670. C’est le même Jean Anisson qui entreprit de faire graver le romain du roi (ou types du roi) par Philippe Grandjean. Anisson s’allia au Rémois Godard pour faire réaliser à Liège, Luxembourg et Bruxelles des copies de la traduction de la Bible par M. de Sacy. Le libraire fit distribuer les trois mille exemplaires jusqu’en France sous le couvert d’un privilège général obtenu par l’archevêque de Reims. En 1707, Jean Anisson se démit de sa charge au profit de son neveu Claude Rigaud qui obtint le monopole de l’édition des ouvrages publiés par l’Académie des Sciences. Il se maintint en poste jusqu’en 1725. À cette date, lui succéda Louis-Laurent Anisson qui réunit dans le même local du Louvre les différents services de l’Imprimerie. C’est entre 1781 et 1783 que la paternité de la presse à un coup sera contestée par Louis-Laurent Anisson et François-Ambroise Didot. En 1733, Jacques Anisson-Duperron, son frère, le remplaça et c’est sous sa direction que l’Imprimerie atteignit le sommet de sa prospérité. Son fils et collaborateur, Etienne-Alexandre Anisson-Duperron, lui succéda à sa mort dès 1788 et dirigea l’Imprimerie jusqu’en 1794, date à laquelle, Seigneur de Ris, il périt sur l’échafaud à la suite de troubles survenus dans cette commune. Entre-temps, il s’était livré à des expériences sur la lisibilité comparée du Garamond et du Didot, ce qui fit de lui le premier chercheur en la matière. Les Anisson, directeurs de père en fils de l’établissement au long du XVIIIe siècle, se constituèrent une immense fortune.
Romain du roi, créé par Philippe Grandjean, premier graveur du Roi en 1695.

Presse à un coup d'Anisson
