calligraphie (du grec kallos, "beauté" et graphein, "écrire")

Art de former les caractères de l’écriture avec esthétisme. La calligraphie a fixé, grâce à ses formes variées, des écritures qui perdurent encore aujourd’hui. Gutenberg s’en est inspiré pour créer les caractères de sa Bible à 42 lignes qui a marqué la naissance de l’imprimerie en Europe. La calligraphie latine doit son origine à l’alphabet latin, lui-même issu des alphabets phéniciens, grec et étrusque. C’est au Ier siècle qu’apparaît la rustica, peinte sur les murs, ainsi qu’une écriture dite cursive. Elle se transforme au cours des IIe et IIIe s. et donne l’onciale, large et arrondie, souvent composée sans espaces entre les mots. Elle culminera dans les textes ecclésiastiques au Ve s. et perdurera jusqu’au Xe s. Dès le Ve s., l’écriture est l’apanage du monde ecclésiastique. Au VIIIe siècle apparaît une nouvelle écriture, la caroline, élaborée dans les monastères afin de répondre aux besoins de la Renaissance carolingienne. Lisible, régulière elle se caractérise par un espace entre les mots. Au XIIe siècle, elle devient plus étroite, ses courbes se brisent : elle se transforme en gothique. Les écritures gothiques vont être intégrées à la vie laïque : le renouveau intellectuel, la création d’universités répandent l’art d’écrire hors des monastères. Parmi les écritures gothiques, on distingue : la textura, écriture des livres qui servira de modèle à Gutenberg pour les caractères de sa Bible à 42 lignes , la cursive gothique avec ses lettres ligaturées et ses abréviations, la rotunda née de la textura, et enfin la fraktur des chancelleries allemandes. A la fin du XIVe s. apparaît l’antiqua, issue des manuscrits carolingiens. Elle se propagera grâce aux livres. Une version cursive voit le jour, la cursive humanistique : l’écriture, plus rapide, impose une inclinaison et la ligature des lettres. Elle donnera la chancelière (propre à la chancellerie papale). Au XVIIe s., elle devient la bâtarde, arrondie. Au XVIIIe s., inspirée de la chancelière italienne, naît l’anglaise. Cette dernière aura une utilisation commerciale importante en Europe, grâce à sa bonne lisibilité et à sa rapidité d’exécution. Son succès n’est pas étranger à l’apparition de la plume métallique. Il faut ajouter que l’écriture enseignée actuellement à l'école s’inspire de l’anglaise. Retenons encore que la calligraphie s’est imposée en Europe mais également en Chine et en Perse où elle connut un développement artistique conséquent.

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