caractère (du grec kharaktêr, "signe gravé")
1. En imprimerie, parallélépipède de métal dont la face supérieure, ou "il", porte en saillie la lettre à lenvers et est lélément imprimant qui reçoit lencre. La face inférieure, qui sert à faire tenir debout le caractère, est appelée "pied" et est creusée dune gouttière. Sur la face verticale, un cran, situé à environ 7 mm du pied, permet au compositeur de reconnaître au toucher le sens du caractère. Les talus sont les espaces laissés au-dessus et au-dessous de lil, grâce auxquels les lettres ne se chevauchent pas verticalement. Quant aux approches, ce sont les talus laissés à droite et à gauche de lil pour éviter que les lettres ne se touchent. Quel que soit le caractère utilisé, la distance de lil au pied de la pièce est toujours la même : cest la "hauteur en papier", hauteur à laquelle se trouve le papier dimpression par rapport au pied du caractère. Elle diffère dans chaque pays : en France, elle est de 62 points, soit 23,56 mm. La chasse est la largeur du caractère sur la ligne dimpression, qui varie selon les signes : ainsi le R est-il plus large que le I. Le corps correspond à la hauteur du caractère perpendiculairement à la ligne dimpression : il est le même pour tous les signes dune même police. On désigne un caractère par sa force de corps exprimée en points. Le premier caractère typographique fut luvre de Gutenberg et de Fust, certainement créé sur le modèle de la textura, une gothique robuste et régulière, sans courbes, employée dans la Bible à 42 lignes. 2. Par extension, on appelle également caractères les signes imprimés sur la feuille, ainsi que les lettres ou signes dun dessin ou dun style particulier servant à la composition ou à limpression des textes (caractères gras, romain, italique…).