Cramoisy, Sébastien

Libraire-imprimeur français (Paris, 1585 – id., 1669). Fils de Pierre Cramoisy et d’Élisabeth Nivelle. Reçu libraire-imprimeur en 1606, il reprend les Trois Cigognes, la très célèbre librairie de son grand-père, Sébastien Nivelle. Homme de confiance des Jésuites, il publie des manuels à l’intention des écoliers des Collèges de la Compagnie de Jésus et détient également le privilège de la publication des ouvrages de dévotion (bréviaires, missels). Il obtient encore, en 1630, le monopole de l’édition des œuvres des principaux Pères de l’Église, ainsi que celui des Gallicans, des Cisterciens, des Prémontrés, de l’ordre de Cluny et de l’archevêché de Paris. Cette littérature de vente rapide et sûre représente une source de profit considérable. Sébastien Cramoisy connaît aussi les faveurs du pouvoir. En 1629, il obtient le privilège d’imprimer tous les actes de la Cour des monnaies. Le 18 mars 1639, grâce à la bienveillance du chancelier Séguier, il a l’honneur de compter parmi les cinq libraires autorisés à imprimer les actes royaux et, en 1656, il est choisi par le conseil d’État pour contrôler le dépôt des publications de la bibliothèque du roi. Richelieu, qui dès 1614 l’avait nommé libraire personnel, le charge de l’exécution de l’Imprimerie nationale dont il devient le directeur technique en 1640. Son titre est officiel en 1643, après la disgrâce de Sublet de Noyer. Il introduit alors plusieurs membres de sa famille, ses frères Gabriel et Claude, nommés sous-directeur et directeur des travaux, et son neveu, Edme Martin, chargé de la surveillance des impressions. Sont publiés un Nouveau Testament grec, une Bible latine en huit volumes, des éditions monumentales de Virgile, Horace, Térence, ainsi que des satires de Juvénal et Perce, accompagnés de textes de saint Ignace de Loyola, saint Bernard, saint François de Sales et Richelieu lui-même. "Le roi de la rue Saint Jacques" – comme on le surnommait – sera syndic de la communauté des imprimeurs, libraires et relieurs parisiens en 1628 et 1643. Il devient juge consul en 1636 et 1652 et accède au rang d’échevin de la ville en 1639. En 1658, cependant, il évite la faillite en sacrifiant la réputation de son frère Gabriel engagé dans des spéculations trop aventureuses. Sébastien Cramoisy meurt en 1669, laissant un fonds de 400 000 livres et une immense fortune. Son petit-fils, Sébastien Marbre-Cramoisy, lui succèdera à la direction de l’Imprimerie royale mais, en dépit d’efforts méritoires, sa veuve devra liquider l’entreprise deux ans après sa mort, en 1687.

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