Denoël  

Éditeur de littérature et de sciences humaines. L’histoire de cette maison d’édition commence en 1928, date de l’inauguration par le Belge Robert Denoël de la librairie " Aux Trois Magots ". Robert Denoël envisage, au départ, de publier quelques livres avec les relations qu’il s’est faites dans les milieux littéraires et artistiques de Paris. Le premier volume, L’Âne d’or d’Apulée, illustré par Jean de Boschère, tiré à 154 exemplaires et financé par l’artiste, sort en juillet 1928. La publication du premier roman d’Eugène Dabit, L’Hôtel du Nord, est un succès : le livre se vend à 2000 exemplaires en moins d’un mois et Gaston Gallimard offre de racheter les droits du volume. Ce "coup" éditorial permet la création, le 10 avril 1930, des Éditions Denoël et Steele (du nom de son associé, Bernard Steele). Les succès s’accumulent pour la jeune maison, qui créé bientôt une collection pour la jeunesse et une autre consacrée à la psychanalyse. Entre 1931 et 1939, Denoël et Steele – qui devient Denoël en 1936 – découvre Hériat, Céline et Sarraute, lance Luc Dietrich, Charles Braibant, Louise Hervieu, Paul Vialard, René Barjavel, Gilbert Dupé, Dominique Rollin, etc. La maison vend environ 150 000 exemplaires de Voyage au bout de la nuit, 70 000 de Mort à crédit, et s’adjuge sept prix Renaudot, concurrençant sérieusement Gallimard sur le terrain de l’édition littéraire. Devant les événements politiques annonçant la seconde guerre mondiale, Robert Denoël semble ne pas vouloir prendre parti. Il publie des brochures de propagande communiste et cautionne en même temps la création d’un journal réactionnaire, L’Assaut. Pendant l’Occupation, Robert Denoël crée une nouvelle société – les Nouvelles Éditions Françaises – et publie des ouvrages qui lui sont plus ou moins imposés. Le premier titre de la collection " Les juifs en France " est Comment reconnaître le juif de George Montandon. Il publie aussi Les Beaux draps, un pamphlet de Céline, et Les Décombres de Lucien Rebatet qui deviendra l’une des plus grandes ventes de l’Occupation. À côté de cela, Robert Denoël publie Mille regrets, d’Elsa Triolet, qu’il héberge chez lui avec Aragon. Lors de l’épuration, les activités éditoriales de Denoël sous l'Occupation lui valent d'être mis à l’index. Robert Denoël est assassiné le 2 décembre 1945. Après plus de cinq ans de procédures, la maison Denoël est finalement rachetée par Gallimard en 1951 et en devient une filiale en 1953. Depuis, Denoël garde son image de marque de maison d’édition littéraire, menant une politique d’auteur ( Dominique Rollin, Rachid Boudjedra, Louis Calaferte, Leonardo Sciascia) et possédant de grandes collections (" Présence du futur ", " Présence du Fantastique ", " Médiations ", " Empreinte ", " Documents ", ainsi que des collections de romans historiques, de psychanalyse et des romans policiers), dont trois collections de poche. Denoël publie aussi des albums illustrés qui représentent une part non négligeable de sa production éditoriale.

Pour consulter le site des éditions Denoël, cliquez sur le logo:  Denoël

 

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