Inventeur et
lithographe tchèque (Prague, 1771, Munich, 1834).
Ne parvenant pas à faire publier
ses œuvres d'auteur dramatique, Alois Seneflder cherche un moyen de multiplier et d’imprimer les ouvrages
autrement que par la typographie. En 1796, il découvre par hasard
l’affinité qui peut exister entre pierre calcaire sèche et
corps gras. Ses recherches l’amènent à deux observations
capitales qui sont le fondement du procédé lithographique :
- Un dessin exécuté sur une pierre sèche calcaire avec
une substance grasse résiste à tout lavage à l’eau pure.
- Si le lavage est effectué avec une solution aqueuse de gomme arabique additionnée d’un peu d’acide nitrique,
les zones non encrées sont réfractaires à toute tentative
d’encrage, alors que les zones définies par le tracé du dessin
se révèlent "amoureuses" de l’encre d’imprimerie.
Par la
suite, il découvre notamment, en 1817, qu’un dessin exécuté
à l’endroit, à l’encre grasse, sur papier autographique spécialement
fabriqué, peut être décalqué par pression sur
une pierre lithographique (et donner naissance à une "image lithographique").
L’image obtenue peut ensuite être imprimée sur "papier à
report" et de nouveau reportée sur une autre pierre lithographique.
Il n’est plus nécessaire de dessiner à l’envers.
L’utilisation
très souple de la lithographie, facilitée par la création
d’un crayon gras spécial, explique son succès. La presse
lithographique est fondée sur les mécanismes de la presse
à bras. En 1816, la lithographie est introduite en France par Charles
de Lasteyrie et Gabriel Engelmann (pour la production de travaux de ville
et d’estampes artistiques). En 1818, Alois Senefelder s’installe à
Paris, rue Servandoni, et obtient un brevet officiel d’imprimeur lithographe.
La même année, il publie un Art de la lithographie, un ouvrage
très illustré qui connaît un grand succès, et
qui fait suite au Traité de lithographie publié en 1796.
De nombreux artistes, dont Daumier, Dupré et Gustave Doré
ont adopté cette invention pour faire connaître leurs œuvres.